PARIS G. MASSON, ÉDITEUR
LIBRAIRE DE L’ACADÉMIE DE MÉDECINE 17, Place de l'École-de-Médecine
MMA E NE
ou L MONO M
ET LAMOIMIGNE AOL
VV CUUIANTIE
ACIMS ON UMOlEAULIAIN NI) ŒRME [ie 1P2 DU NS EN 11 LA {l (] Î (l LA FLE Î A { HW: ç ‘ LRARTEE { AU l TE i j - ile) Î ' Li L pu MNT Von C1 » (l L + F * 1 3 ( 1
Le règne animal, qui depuis la plus haute antiquité attira l’attention des naturalistes et donna successivement naissance à des travaux remarquables sur les habitants de notre monde visible, contient toute une classe d'animaux inconnus jusqu’à ces derniers temps, invisibles à nos yeux et que le progrès des sciences a pu seul faire sortir des ténèbres profondes où ils étaient plongés depuis la naissance du monde : nous voulons parler des Infusoires ou Microzoaires.
Ces être minuscules, ces petites merveilles de la création n’ont été révélés à l'admiration des savants qu’à l’époque où la découverte des instruments d'optique grossissants leur a permis d'étendre le champ de leurs investigations et pénétrer dans ce domaine des infiniment petits, féerie animée, miniature admirable de notre monde et dépassant en surprises et en étonnements tout ce que pourrait concevoir l'imagination la plus vive et la plus féconde.
Aussi est-ce avec un entrain, une véritable passion scientifique que les premiers micrographes se sont précipités à l'étude de ces
petils joyaux de la nature, et il faudrait aujourd’hui des volumes pour
relater toutes les recherches patientes, les narrations pleines d’anthousiasme, qui règnent dans les nombreux écrits qui depuis Leeuvenhoek jusqu’à nos jours ont paru en France, en Angleterre, en Allemagne, etc.
La connaissance des Microzoaires a été forcément subordonnée aux progrès que les années ont fait subir aux instruments d’optique : à mesure que le microscope se perfeclionnait, l'horizon des découvertes s’élargissait ; les êtres se montraient plus distincts et les erreurs des premiers Curieux de la nature se trouvaient peu à peu rectifiées, en même temps que des formes nouvelles, d’admirables créations venaient s'offrir aux veux émerveillés des derniers investigateurs.
Ce monde des infiniment petits de la terre qui ne peut être comparé, quant à l’immensité du nombre, qu'aux mondes infiniment grands de l'univers, à encore avec ces derniers cette remarquable analogie, que leurs limites réelles sont et seront loujours un mystère que ne pourront appronfondir les patients labeurs ni le génie des hommes. La science progresse incessamment, chaque jour elle fait un pas en avant; elle invente des instruments de plus en plus perfectionnés qui étendent le domaine de nos connaissances : mais plus nous avançons, plus l’horizon recule. Les télescopes vont au loim plonger dans le ciel pour y chercher la forme des astres el découvrir les lois qui les régissent; le microscope s'approche des particules animées et en étudie les organes étranges; chaque jour nous pénétrons de plus en plus dans l’étude des grandes et des petites créations, mais, à mesure que nous étendons le champ de nos investigations et quand nous croyons avoir atteint les extrêmes limites, des mondes nouveaux apparaissent, des êtres inconnus surgissent à nos yeux el
jettent à nos moyens bornés le défi des eréations illimitées.
Qui nous dira jamais quels sont ces points lumineux qui tremblent au firmament, qui nous en chiffrera le nombre; quel instrument nous fera pénétror dans ees mondes immenses que nous voyons semés dans l’univers comme une poussière de diamants ?
Qui done aussi pourra nous faire connaîlre ces atomes animés qui fourmillent sous nos yeux, poussière vivante qui, malgré les efforts de l'optique, reste insaisissable, dont les molécules se mêlent et se croisent sous nos yeux sans que nous puissions sonder les mystères de leur existence ? — Il est un terme que l’homme par sa nature même ne saurait franchir : tout est limite et horizon pour lui; les limites et les horizons n'existent pas dans la Création.
Outre l'attrait que présente l’étude des Infusoires en nous révélant des organes inconnus chez les autres animaux, des effets de mécanique que la science ignore, une vie et une reproduction qui étonnent l'observateur par la rapidité des actes qui s’accomplissent sous ses yeux, les êtres microscopiques ont encore attiré l'attention du monde savant par le rôle extraordinaire qu’on a cru devoir, dans ces derniers temps, leur faire jouer dans les phénomènes de la fermentation et de la décomposition des corps et plus encore peut-être par les discussions orageuses qui ont retenti au sein de nos académies, au sujet de leur origine première.
Nous avons donc pensé que le moment était venu de publier nos recherches sur la nature et la composition organique des Infusoires, croyant qu'il était de notre devoir d'apporter tous les matériaux que nous possédons à la fondation de la Microzoologie, édifice scientifique resté jusqu'alors à peu près à l’état d’ébauche et auquel nos
successeurs devront un jour apporter tous les perfectionnements que l'avenir leur réserve.
Je ne saurais trop ici remercier madame J. Jobard-Muteau, de Gray, qui non-seulement a bien voulu mettre à la confection des planches de cet ouvrage son rare talent de peintre et de dessinateur, mais qui à fourni encore à la description des espèces toutes les notes qu'elle a recueillies avec une patience et un esprit d'observation remarquable, pendant les longues années que nous avons consacrées
ensemble à l'étude des Microzoaires.