ORDRE PREMIER
MICROZOAIRES A TOURBILLON (W/CROZOA VORTICOSA).
Les Infusoires qui composent notre premier ordre sont, comme nous l'avons dit plus haut, munis d'appareil vibratile déterminant dans le liquide ambiant un tourbillon plus ou moins énergique, et ayant pour résullat de faire pénétrer dans la bouche des Microzoaires, les particules en suspension dans l’eau et qui doivent servir à leur uutrition. Cette propriété d’agiter ainsi le liquide n’est pas portée au même degré d'énergie chez tous les Microzoaires de notre premier ordre ; si, chez certains Infusoires, elle est douée d’une grande puissance et étend au loin la sphère de son action, chez d’autres, et surtout chez ceux ou les cirrhes buecaux sont remplacés par des eils vibratiles plus développés que ceux du reste de la surface, son action est moins étendue et en rapport avee la nature de lorifice buccal. Claparède et Lachmann ont divisé les Infusoires ciliés en deux groupes, suivant qu'ils possèdent un œsophage cilié et non dilatable, ou un æsophage non cilié et très-dilatable. Ils pensent que ces derniers saisissent leur proie à l’aide de lèvres et d’un appareil dégluteur particulier, el que par conséquent le tourbillon qui, chez les premiers est nécessaire à l'acte de sa nutrition, est à peu près inutile chez les seconds. Nos propres observations, concordant avec celles de Lieberkuhn, nous ont
constamment démontré le contraire, et nous avons toujours vu, chez
les Infusoires à æsophage cilié, comme chez ceux qui ont un œsophage nu, le mouvement des cils ou des eirrhes amener à la bouche les corps étrangers, même volumineux qui devaient être absorbés par les Microzoaires.
Notre premier ordre se divise en deux sous-ordres qui présentent des caractères bien tranchés. Une partie de nos Infusoires à tourbillon possèdent au sommet du corps un organe plane, bombé ou concave, entouré de cirrhes bien développés et auquel on a donné le nom de disque vibratile. La forme la plus ordinaire de ces Microzoaires est allongée et campanulée ; le corps est atténué à l’extrémité inférieure et évasé au sommet. Lorsque l'animal est entièrement dilaté et qu'il veut attirer à lui les particules nutritives, 11 présente à son sommet un évasement recouvert par une membrane sur les bords de laquelle se trouvent placées les rangées de cirrhes qui occasionnentle tourbillon dans le liquide. Ces rangées de eirrhes aboutissent, en se contournant, à l’orifice buccal qui est suivi d’un œsophage plus ou moins garni de cils. L'orifice anal peut se trouver placé comme la bouche sur le disque vibratile, mais, dans quelques cas, il s'ouvre non loin sur une des parois externes de lanimal.
Mais ce qui caractérise plus particulièrement les Infusoires de notre premier sous-ordre, c’est le pouvoir qu'ils ont de contracter leur sommet évasé, comme le ferait un sphincter, et de faire rentrer dans l’intérieur du corps le disque vibratile dont nous avons parlé. Cette particularité a fait rapprocher ces Infusoires des Systolides qui ont aussi le pouvoir de contracter leur sommet vibratile et de le faire rentrer dans l’intérieur de l’animal, mais là s’arrèêle la ressemblance, et, comme nous l'avons déjà dit, il n'existe aucun rapport anatomique entre les Infusoires vrais etles Rotateurs.
Le sommet cilié, le disque vibratile dont nous venons de parler, est loin d’être identique chez tous les Infusoires de notre premier sous-
ordre, il diffère même d’une manière assez notable dans les différents
genres, elnous aurons à signaler ces différences quand nous donnerons la caractéristique des familles et des genres qui composent notre premier groupe.
Les Microzoaires à tourbillon sont donc divisés en deux sousordres :
VORTICELLIDÆ.
PARAMECIDÆ.
PREMIER SOUS-ORDRE VORTICELLIDES (Vorticellide).
Les Vorticellides qui composent notre premier sous-ordre, se présentent sous trois états distincts: Les Vorticelliens sont fixés par la base ou portés surun pédoncule rigide ou contractile. Les Vaginicoliens sont des Vorticellides qui habitent une coque qu'ils se sont sécrétée, et les Stentoriens sont libres et nageurs sans coque ni pédoneules.
Les Vorticellides se trouvent donc ainsi divisés en trois familles :
4. Vorticellides pédonculées ou fixées. ,..,.......,.,... I. VORTICELLINA. 2'Vorticelidesinvasinées trrelser meer re II. VAGINICOLINA. 2. Vorticellides libres nee echec III. STENTORINA.
1° FAMILLE : VORTICELLIENS (Vorticellina).
Les Infusoires que renferme la famille des Vorticelliens, ont tous une forme etune structure à peu près semblables. Le corps ressemble à une urne dont le sommet évasé a reçu le nom de Péristome. Ce péristome est éminemment contraelile el peut, en se resserrant, fermer
complétement le sommet de l'animal. Lorsque le péristome est dilaté,
DÉLIMITATION ET CLASSIFICATION DES MICROZOAIRES. 139 la partie supérieure de lurne est fermée par un organe particulier qui à la forme d’un cône renversé. La base de ce cône ferme la partie supérieure de l’urne etson sommet descend dans l’intérieur du corps. On donne à la base de ce cône le nom de disque vibratile, et il se trouve séparé du péristome par un sillon assez profond où se trouve l'ouverture qui conduit à la bouche, et de là dans l’'œsophage. Les cirrhes, qui déterminent le tourbillon intense que l’on remarque pendant leur vibration, sont placés sur le disque vibratile : ils commencent sur le côté droit, tournent autour et derrière le disque, et viennent se terminer en faisant plusieurs tours de spires dans l'ouverture buccale. On peut même considérer les cils qui se trouvent dans l’œsophage comme les derniers cirrhes de la spire supérieure. Cette rangée spirale de cirrhes, qui est implantée sur le disque vibratile, n’est pas la seule que l’on remarque chez les Vorticelliens; les bords du péristome en sont aussi munis et ont des mouvements plus rares et plus saccadés que ceux qui sont sur le disque vibratile. Claparède et Lachman ne veulent pas qu'il existe de cirrhes implantés sur le péristome, ils pensent que les cils qu'on y aperçoit sont dus à des cirrhes du second tour de la spire buccale qui ont quitté le bord du disque pour descendre sur le flane du pédoncule (si). Nos observations nous ont toujours prouvé qu'outre les cirrhes buccaux il s’en trouvait sur les bords du péristome où ils se montrent surtout visibles sur les côtés, quand on examine un Vorticellien de profil.
Par suite de la contraction des fibres myosiques qui se trouvent placées verticalement entre le péristome et le disque vibratile, celui-ci peut rentrer complétement dans le corps de l'animal avec les cirrhes qui le surmontent, pendant que la contraction des fibres circulaires resserre le péristome en le fronçant, et ferme entièrement le sommet de l’Infusoire.
L’anus, chez les Vorticelliens, se trouve placé non loin de l’ouverture buccale, sur le disque lui-même, et dans le vestibule qui s’étend
jusqu’à la bouche, on remarque une soie longue et presque toujours immobile, et qui parait ne s’agiler qu'au moment de la sortie des fèces.
La vésicule contractile se montre sur la paroi du Vorticellien audessous du péristome et semble placée dans la région qui correspond à la courbure de l’œsophage. En réalité, elle se trouve immédiatement sous la cuticule qui est très-amineie en cette place.
Le nueléus est généralement bien développé et de forme rubanée, mais il varie suivant les genres et même suivant les espèces.
Tous les Vorticelliens sont fixés : les uns comme les Vortrcella, les Epistylis, les Carchesium, sont portés sur des pédoncules rigides ou contractiles, simples ou rameux et dont nous avons étudié la structure dans la première partie de cet ouvrage (1). Les autres, comme les Gerda etles Scyphydia sont adhérents par leur base, soit immédiatement, soit au moyen d’une attache très-courte.
Nous ne reviendrons pas ici sur le mode de multiplication des Vorticelliens, ni sur leur vie errante quand ils sont momentanément à l’état libre, cette question ayant déjà été traitée dans le premier fascicule auquel nous renvoyons (2).
La famille des Vorticelliens, telle que nous la restreignons, comprend toutes les Vorticelles de Müller, une partie de la famille des Vorticelliens de Dujardin, de Claparède et Lachmann, et d'Ehrenberg, et correspond plus exactement aux Vorticelliens de Siebold et de Perty.
Voici les caractères principaux qui distinguent les genres de cette famille :
(1) Premier fascicule, p. 6 et 41.
CNT Id. p. 56 et suivantes.
A Ch Ver en QE LLC ... le CORTICELLA.
Contractile. Chaque branche ayant un mus- Se spécial.... 2. CARCHESIUM.
Ramifié, U BE ste rent tt Va | Un pédoneule. .... RRLECHE OUE toutes lesbran- Z CheS Pere 3. ZOOTHAMNIUM.
= = \NONICONtrAC Ie ER A MOPISTYEIS:
æ = fPasid'attache, «4. need tone ni 5. GERDA.
© F | Point de pédoncule. Une attache courte | Simple ++ .. 6. SCYPHYDIA. spire buccale. ..... Multiple ....... 7. SPIROCHONA.
Les sept genres qui appartiennent aux Vorticelliens, composent une famille des plus naturelles et qui est acceptée par presque tous les Microzoologistes. Nous expliquerons plus loin les raisons qui nous ont amené à en retrancher les Vaginicoliens et les Stentoriens.
le: GENRE : VORTICELLA
(PL. IV, fig. 5, 8, 9,10, 14, 12, 13, 44, 93, 24.— PI. V, fig. 1, 12. —PI. VI, fig. 8, 12. — PI. VII, fig. 1-17, 18-22. — PI. IX, fig. 7 et 9.)
Le genre Vorticella est caractérisé par un pédoneule simple et éminemment contractile. La contraction du pédoncule se fait ordinairement en spirale ; mais dans quelques eas il se contracte en zig zag. Nous ne pensons pas que cette différence dans la contraction des pédoncules soit suffisante pour l'établissement d’un genre nouveau, quand surtout les autres caractères plus importants, ürés de la structure du corps lui-même, restent les mêmes. Toutes les espèces rameuses qui ont été placées par les auteurs dans le genre Vorticella, doivent ètre rapportées soit aux Carchesium, soit aux Zoothamnium.
=> re Le
2% GENRE : CARCHESIUM (PL. VI, fig. 1.)
Le genre Carchesium est formé de toutes les Vorticellines qui ont un pédoncule ramifié, mais dont chaque branche est munie d’un muscle particulier, qui permet à chaque individu de se contracter sans que les autres participent forcément à ce mouvement. Souvent un individu en se contractant, amène la contraction de ses voisins, mais ce mouvement est le résultat de la frayeur occasionnée par l'agitation du liquide. Cependant les premiers individus, ceux dont le musele provient du rameau principal, peuvent en se contractant amener le retrait de la colonie tout entière, mais ce retrait ne s'effectue qu'à la base, el ne communique pas son action aux différentes branches de la colonie. L'espèce type du genre Carchesium est le C. polypinum, Ehrenberg.
3° GENRE : ZOOTHAMNIUM
Le genre Zoothamnium se distingue du précédent par la nature du pédoncule rameux dont le muscle se distribue dans tous les rameaux sans discontinuité, de telle façon que la contraction d’une partie de la colonie amène la contraction de tout l’ensemble. Les individus qui composent une même famille sont done, au point de vue du mouvement, solidaires les uns des autres et participent tous plus ou moins à la contraction provoquée par l'un d'eux. — Ehrenberg, et plus tard Dujardin, font remarquer qu'il n’est pas rare de trouver chez les z00thamnium des individus plus développés que les autres, et conservant une forme arrondie. Ces auteurs expliquent ce fait par le résultat de la fissiparité et pensent que ces individus plus gros que les autres sont seuls appelés à se détacher et à aller fonder une autre colonie. Les recherches, qui plus tard seront dirigées dans ce sens, viendront décider cette question encore frès-douteuse. Les principaux Zoofhamnium