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EupLora : Euplotes, Himantophorus, Clamidodon

Siebold, ainsi que nous l’annoncions, n’a fait faire aucun progrès à la classification. Une grande partie de ses familles sont composées de genres hétérogènes ; c’est ainsi qu’il mêle les Glaucomes avec les Spirostomes, qu'il rapproche les Phialines des Bursaires et des Nassules et qu'il réunit les Amphileptes aux Paraméciens etaux Kolpodes. Cependant il faut reconnaître qu'il a déjà assez bien compris les familles Oxytricha et Euplota qui renferment des êtres ayant entre eux une grande affinité,excepté le genre Clamidodon qu'il faut en retirer, pour le placer dans la grande famille des Nassuliens.

En 1852, Perty, professeur à Berne, proposa une nouvelle classification des Infusoires, qui présente des aperçus intéressants, mais dont les applications n’ont pas été aussi heureuses qu’on aurait pu le supposer. Il retrancha d’abord des Infusoires la plus grande partie des Rhizopodes, mais y laissa encore subsister avec ses Ciliata, les Acinèles, les Actinophrys, ete., qui appartiennent à cette classe étrangère aux Infusoires.

Il divise ces derniers en deux sous-classes : première, les PayrozopiA, et deuxième, les Cizrara.— La première sous-elasse correspond à peu près aux Anentera d'Ehrenberg et au premier et troisième ordre de Dujardin. Malheureusement Perty a prodigieusement étendu les caractères de l’animalité, il les trouve jusque chez des êtres reconnus pour de vrais végélaux et il place à côté des Monades, des Eugènes, elc., les spores des algues Zoosporées, des Vaucheries, des OEdogonium, etc.

Sa seconde sous-classe des Crrrara est divisée en trois groupes : les Spastica, les Monima et les Metabolica.

Le premier renferme des animalcules qui peuvent contracter leur corps et leur pédicule, quand il existe, et donner à leur corps allongé une forme globulaire, et à la tige un aspect spiral, ce qui, d’après Perty, les rapproche des Bryozoaires et des Rolifères.

Ce premier groupe comprend quatre familles : les Vaginifera, les Vorticellina, les Ophrydina et les Urceolaria de Dujardin, dont il retire le genre Ophrydium pour y ajouter les Spirostomes.

Le second groupe des Monima est constitué par des animaux qui, bien qu'ayant un corps contractile, ne peuvent changer de forme ni exécuter de mouvements brusques. Ce deuxième groupe renferme douze familles : les Pursaria, les Paramecia, les Holophrina, les Aphthonia, les Decteria, les Chinetochilina, les Apionidina, es Tapinia, les Trachelina, les Oxytrichina, les Cobalina, les Euplotina et les Colepina.

Le troisième groupe des Mefabolica est constitué par des êtres contractiles et dont les mouvements font changer la forme du corps. Ce groupe ne renferme que la famille des Ophryocercina.

Cette manière de diviser les Infusoires a de prime abord quelque chose qui semble séduisant, bien que les caractères sur lesquels Perty s'appuie soient fout à fait artificiels, mais cette méthode ne supporte pas un examen rigoureux, et de plus à l’inconvénient de rompre les affinités qui existent entre différents genres. Claparède et Lachmann qui en font la critique ont, avec raison, remarqué que le premier groupe, qui est le plus naturel, ne devrait pas contenir les Spirostomes qui n’ont aucune affinité avee les Vorticellides et doivent en être complétement éloignés, mais non pas être réunis aux Stentors, ainsi que le font les auteurs que nous venons de citer.

Le groupe des Monima, outre qu'il renferme certaines familles constituées par des genres douteux et qu’on ne peut que très-diffici-

lement rapporter à des espèces connues, a encore l’inconvénient de posséder des Infusoires éminemment contractiles, qui peuvent changer de forme par suite de leur mouvement et qui par conséquent ne devraient pas se rencontrer dans cette catégorie. La famille des 7rachelina en est un exemple, et devrait plutôt être rapportée au dernier groupe des Metabolica, qui correspond aux Ophryscercina d'Ehrenberg et dont le caractère principal est excessive contractilité du corps qui a pour résultat de pouvoir le plier en fous sens et même d'en modifier la forme générale.

Cette modification apportée à la forme générale du corps est un caractère qui ne peut être négligé, mais qui ne doit pas, dans une elassification, occuper la place importante que Perty lui donne.

Quelques années après l'apparition de l'ouvrage de Perty, Claparède et Lachmann publièrent à Genève (1858-1859) un travail important sur les Infusoires et les Rhizopodes, dans lequel ils proposent une nouvelle classification que nous allons examiner. Ils rejettent d’abord, avec raison, de la classe des Infusoires, les Diatomées et les Desmidiées qui appartiennent au règne végétal; mais ils poussent trop loin l’analogie en associant à cette proscription les êtres classés dans le genre Vibrio, Spirillum, Monas, Volvox, Thécamonas, ele., ete., dont les affinités avec les Infusoires flagellés ne sont pas douteuses. Puis ils annoncent qu'ils séparent aussi des Infusoires tous les Rhizopodes dont ils veulent avec raison faire une classe à part. Mais au moment même où ils émettent cette affirmation, ils divisent les Microzoaires en quatre tribus : les Ciliata, les Suctoria, les Cilioflagellata, et les Flagellata. Or, par une contradiction difficile à expliquer, la seconde tribu, les Suctoria, est complétement et exelusivement composée de Rhizopodes appartenant en grande partie à la famille des Acinétiniens. On ne peut réellement se rendre compte

de l’idée qui a présidé à celte réunion des Infusoires et des Rizopo-

des dans une même classe, à moins que les auteurs n’aient ainsi voulu justifier le titre de leur ouvrage (1). Il eût été, dans ce cas, plus conforme aux règles de l’histoire naturelle de faire successivement l'histoire des deux classes si distinctes de ces animacules, que d’intercaler, parmi les Microzoaires proprement dits, une infime section de la grande division des Rhizopodes ou Foraminifères.

Les Ciliata de Claparède et Lachmann, qui correspondent à peu près aux quatrième et cinquième ordres de Dujardin, sont divisés en dix familles : première, Vorticellina; deuxième, Urocentrina ; troisième, Oxytrichina: quatrième, Tintinnodea; cinquième, Bursarta; sixième, Colpodea; septième, Dysterina; huitième, Trachelina ; neuvième, Colepina; dixième, Halterina.

Les Vorricezrina sont divisées en onze genres, renfermés dans trois sous-familles. La première sous-famille, très-naturelle, renferme les Vorticellines qui sont supportées par un pédoncule ou adhérentes par la base, sans être renfermées dans un étui quelconque ; ce sont les genres Vorticella, Carchesium, Zoothamnium, Epistylis, Scyphidia et Gerda.

La deuxième sous-famille, aussi bien comprise que la première, est composée de Vorticellines renfermées dans une coque ou étui membraneux; elle renferme les genres Ophrydium, Cothurnia, Vaginicola et Lagenophrys.

La troisième sous-famille est constituée par un seul genre, 7r1chodina, qui renferme des Vorticellines libres.

Si les sous-familles que nous venons de citer sont constituées sur des bases naturelles, on est étonné que Claparède et Lachmann aient retiré de la deuxième sous-famille le genre Tintinnus pour en faire le type de la famille Tintinnodea, sous prétexte que les 7éntinnus

(4) Études sur les Infusoires et les Rhizopodes.

sont entièrement ciliés, tandis que les Ophrydines ont le corps glabre. Or, nous ne voyons pas pourquoi ces auteurs attachent tant d’importance à la présence ou à l’absence des cils qui couvrent la surface des Infusoires, alors surtout que ces cils ne jouent ici qu’un rôle tout à fait secondaire, les Zintinnus comme les Ophrydines étant des animalcules souvent adhérents et fixés. Il est une partie de l'organisation des Vorticellines qui est certainement beaucoup plus importante, et qui est commune à tous les êtres que nous réunirons dans les Vorticelliens, nous voulons parler du disque vibratile, qui se trouve placé au sommet de l'animal, organe qui porte à la fois la bouche et l'anus et qui, sous l'influence d’une contraction énergique, peut entièrement rentrer dans l’intérieur de l'animal, dont le sommet se referme sur lui comme les bords d’une bourse. — Nous ferons la même réflexion pour le genre Freia qui doit aussi rentrer dans la famille du Vaginicoliens (Ophrydina, Clap. et Lachm.), et pour le genre, moins bien établi, Spirochona, qui doit trouver sa place dans la famille des Vorticelliens.

Nous venons de voir que la troisième sous-famille ne renferme que le genre 7richodina ; les auteurs que nous venons de citer ont en effet retiré de cette famille les Stentor qui sont bien des Vorticelliens libres, pouvant comme les Trichodines se fixer par la base, et, comme elles, essentiellement nageurs. Négligeant le caractère important des Vorticellides, c’est-à-dire la présence du disque vibraüle que nous venons d'indiquer comme caractéristique de ce premier sous-ordre des Infusoires, Claparède et Lachmann ont cru devoir rejeter le Stentor jusque dans la cinquième famille des Bursariens et les réunir à des genres qui n’ont avec eux aucune affinité : les Leucophrys, les Chœtospires, les Plagiostomes, les Bursaires, ete., etc. Ils se fondent, pour opérer cette réunion, sur ce que la spire buccale se montre chez les Stentors dirigée dans un autre sens que chez les Vorticelliens; ils négligent donc, comme nous

l'avons dit, le caractère le plus important pour s’altacher à un aceident insignifiant, car cette spire buccale très-développée chez les Stentors, les Leucophrys et les Spirostomes, devient à peu près nulle chez les ZLambadium, les Metopus, les Frontonia, les Ophryoglena, ete., qui se trouvent on ne sait pourquoi accolés aux Stentors dans la même famille.

Ils ont aussi éloigné de la troisième famille des 7rèchodina le genre Urocentrum pour en former la famille Urocentrina. Or, le genre Urocentrum est encore assez mal connu, mais ce que l’on en sait suffit pour le rapprocher des Vorticellides libres, car, comme cellesci, il possède un disque vibratile susceptible de se retirer par contraction dans l’intérieur du corps de l'animal. — Comme appendice aux Vorticellines, Claparède et Lachemann indiquent un genre nouveau, Zrichodinopsis, constitué par un seul animal, qui a assez d’affinités avec les Trichodines, et qui vit en parasite dans l'intestin du Cyclostoma elegans ; nous aurons à revenir plus tard sur les caractères que peuvent réunir les différents genres dont nous composerons notre famille des Stentoriens.

Nous voyons done, par les remarques que nous venons de faire, que les Vorticellina, Urocentrina, Tintinnodea, et quelques autres genres disséminés dans d’autres familles doivent constituer un seul sous-ordre auquel nous donnerons le nom de Vorticellides.

La famille des Oxyrricemna est bien constituée et très-naturelle ; elle renferme tous les Ciliata, qui sont organisés à la fois pour la marche et la natation. Les sept genres Oxytricha, Stichochæta Stylonychia, Euplota, Schizopus, Campylopus et Aspidisca renferment des Infusoires qui sont munis de cirrhes, de cornicules ou de styles, organes spéciaux à ces animacules et qui servent plus à la marche qu’à la natation. Le premier genre, Oxytricha, devra seul être seindé en deux genres, car il renferme à la fois des espèces qui ont pour organes de locomotion des pieds-cirrhes seulement, et d’autres qui

outre ces appendices possèdent encore des cornicules (1). Ces dermiers composeront le genre Xerona qui a été rejeté du système par Claparède et Lachmann.

La cinquième famille, Bursarina, et la sixième, Corronina, sont bien moins heureusement constituées. Les caractères sur lesquels elles ont été établies ne sont pas assez nets, ni suffisamment distincts pour autoriser les séparations des êtres qu’elles renferment en deux familles. Au reste les auteurs qui les ont créés sont obligés euxmêmes de reconnaitre qu’il existe un lien, une grande affinité entre tous ces Infusoires.

Les Bursarina renferment treize genres : premier, Chætospira, qui appartient aux Paramécides contractiles ; deuxième, Freia ; troisième, S/entor ; ces deux genres doivent, comme nous l'avons vu, être rapportés à la famille des Vorticellides; quatrième, ZLeucophrys ; cinquième, Spirostomum ; sixième, Plagiostoma: septième, Xondylostoma ; huitième, Balantidium ; neuvième, Lambadium ; dixième, Metopus ; onzième, Frontonia; douzième, Bursaria; et treizième, Ophryoglena.

Tous les genres que nous venons de citer devraient avoir, d’après les auteurs qui les ont réunis, pour caractères communs une bouche très-large à œsophage béant, garnie d’une spire buccale /œotrope que ne possèdent pasles Kolpodiens. Malheureusement, ce caractère manque dans une grande partie des êtres qui composent les genres des Bursariens et se retrouve au contraire chez d’autres qui apparüennent à la famille des Colpodiens. Il y a donc ici une sélection à opérer, non pas pour former deux familles, mais seulement des sousfamilles d’un même groupe.

Les Corronixa renferment les genres Paramecium, Colpoda, Cyclidium, Pleuronema et Glaucoma. Ce dernier genre n’a aueun

(1) Voyez, 4"° partie, pages 18 et suivantes.

rapport avec les genres qui précèdent, comme nous le verrons en étudiant les espèces qu’il renferme, et le genre. ?/euronema a plus d’affinité avee les Bursariens qu'avec les Colpodiens.

La septième famille, Dysrerna, est très-naturelle et parfaitement établie ; elle renferme les genres /duna, Dysteria, Œgyra et Huxleya qui ont pour caractère commun de posséder un œsophage cylindrique, généralement coudé, formé d’une substance résistante et présentant au sommet un bord rentrant. Toutes ces espèces possèdent en outre un pied de forme particulière, avec lequel ces Infusoires peuvent adhérer aux corps étrangers et sur lequel ils peuvent pivoter dans une certaine étendue. — Nous regrettons seulement que Claparède et Lachmann aient remplacé le nom d’Erviha, créé par Dujardin, par celui de Dysteria proposé par Huxley (1), et qui est d’une origine postérieure ; les lois de la priorité ne permettent pas de semblables substitutions.

La huitième famille, TracaeuNa, eut été parfaitement naturelle, si Claparède et Lachmann, s'inspirant de l’idée qu'avait eue Perty, mais qu'il a si mal rendue, de réunir tous les Infusoires à corps contractile, avaient éloigné de ceux-ci des êtres qui leur sont complétement étrangers. En effet, les genres Lacrymaria, Phialina, Trachelophyllum, Amphileptus, ete., renfermant des êtres qui ont la propriété, en se contractant ou en repliant leur corps, de lui faire changer momentanément sa forme, sont les seuls Infusoires parmi les Paramécides qui possèdent cette singulière faculté; 1l faut encore ajouter à ces Trachéliens de Claparède et Lachmann les Spirostomes que nous avons vu figurer dans une autre famille, ainsi que les Kondylostomes et les Chæœtospires. Ainsi constituée, la famille des Trachéliens renfermerait des genres très-voisins par celte propriété commune de se contracter, mais les auteurs que nous étudions

(1) On dysteria: a new genus of Infusoria. 1857.

ont cru devoir y joindre d’autres Infusoires tels que les £rchelys, et les Æolophrya qui ont beaucoup plus d’affinité avec les Paraméciens proprement dits. Outre ces genres, les Trachéliens de Claparède et Lachmann renferment encore des animalcules trèséloignés des vrais Trachéliens contractiles et qui de plus ont un caractère commun qui n’a frappé aucun auteur, et qui depuis longtemps aurait du les faire réunir en une seule famille : nous voulons parler de cel organe spécial aux Nassuliens, qui est formé d’un tube æsophagien constitué par une série de baguettes en forme de nasse, et qui a la propriété de se dilater pour admettre des proies relativement très-considérables. En étudiant la famille que nous composerons avec les genres dont nous parlons, nous ferons ressortir la valeur du caractère liré de la bouche et de l’œsophage en nasse qui se rencontrent dans les genres Prorodon, Chilodon, Clamidodon, Encheliodon, Nassula et Tricopus qui composeront la famille des Nassuliens, et que Claparède et Lachmann ont à tort confondus avec les Trachéliens.

La neuvième famille, Cocepina, est formée avec le genre de Coleps, et la dixième, Hacrerina, avec les deux genres Æalteria et Strombodium. Nous aurons plus tard occasion, dans notre nouvelle elassification, de revenir sur la valeur de ces deux familles qui terminent le premier ordre des (Ciata.

Le second ordre des Sucrorra ou Infusoires suçeurs appartient, comme nous l'avons déjà dit, tout entier à la classe des Rhizopodes et ne doit en aucune façon trouver place dans l’histoire des Microzoaires ou Infusoires proprement dits.

Le troisième ordre, celui des Cizio-FLaGeLLarA renferme des Infusoires qui, outre le flagellum, possèdent des cils dont le mouvement sert à la progression, mais qui jamais ne déterminent dans le liquide un tourbillon ayant pour résultat d'attirer à la bouche les particules qui sont en suspension dans l’eau. Le flagellum seul est appelé à remplir ce but.

Les Cilio-Flagellata ne renferment qu'une seule famille, les Péridiniens, qui se subdivisent en cinq genres, suivant la place qu’oceupe le sillon transversal cilié, ou suivant que les cils existent sans ce sillon. Ces sont les suivants : Ceratium, Peridinium, Dinophysis, Amphidinium et Prorocentrum. Celte division est assez bien établie pour pouvoir être conservée intégralement.

Le quatrième ordre, les Flagellés, est indiqué par Claparède et Lachmann ; mais à la fin du premier volume, ainsi que dans le second mémoire, il n’en est plus question que dans des considérations

générales, et leur classification manque complétement.

Deux ou trois ans après la publication de l'ouvrage de Claparède et Lachmann, parut en Angleterre un volume assez considérable sur les êtres microscopiques, par Andrew Pritchard, Esq. — Cet ouvrage, qui est un recueil de presque tout ce qui a été publié, avant 1861, sur ce sujet, renferme l’histoire de tous les microscopiques depuis les Algues jusqu'aux Rotifères et aux Tardigrades inclusivement. La première partie est consacrée à l’étude générale et anatomique de ces êtres et la seconde renferme leur classification et leur description.

Il divise les microscopiques en cinq groupes : le premier renferme les êtres qu’il nomme Puyrozoa; le deuxième, les Prorozos ; le troisième, les Roraronra ; le quatrième, les Tarpierapa, et le cinquième, les Bacizcarra. Ce dernier groupe qui se trouve placé dans la première partie, plus naturellement en première ligne, ne renferme que des végétaux: les Desmidiées, les Pédiastrées et les Diatomées.

Le groupe des Payrozoa comprend sept familles : première, Monadina; deuxième, Æydromorina; troisième, Cryptomonadina; quatrième, Volvocina ; cinquième, Vibriona; sixième, Astasiæa où Euglenæa, et septième Dinobryina ; — Pritchard suit pour ce groupe presque exactement la classification proposée par Dujardin.

Le second groupe, les Prorozoa, est divisé en deux sous-groupes : le premier sous-groupe, Rnizoropa, renferme les familles des Amæbwæa, Arcellina, Actinophryina et Acinetina, qui sont presques exelusivement formées aux dépens des Rihzopodes et n’ont rien à avoir avec les Infusoires proprement dits.

Le second sous-groupe, les Ciciara, est subdivisé en deux tribus: les Asroma qui contiennent les Opalinæa, les Cychdina et les Peridinæa, et les SromaropA qui renferment tout le reste des Infusoires.

Les troisième et quatrième groupe, des Aotatoria et des Tardigrada sont constitués par des animaux qui n’ont aucun rapport avec les Microzoaires et ne doivent par conséquent pas nous occuper ici.

Dans le cours de son ouvrage, Pritchardrevient sur la classification qui se trouve en tête de son volume, et la tribu des Asroma ne renferme plus que la famille des OpaziNæa, pendant qu'il place dans les Sromaropa les Peridinæa et les Cyclidina avec le reste des Infusoires.

Nous avons déjà dit plus haut ce que nous pensions des êtres parasites qui sont connus sous le nom d’Opalines, et nous avons donné les raisons qui nous ont amené à les rejeter de la classe des Infusoires. Il ne reste donc plus en réalité dans le second groupe des Ciliata que la tribu des Sfomatoda, qui, outre les Cyclidines et les Péridiniens, comprend les familles des Vorticellina, Ophrydina, Vaginifera, Enchelia, Colepina, Trachelina, Oprhyocercina, Aspidiscina, Colpodea, Oxytrichina et Euplotina.

Pritchard se sert principalement de la classification d'Ehrenberg pour établir ses genres, cependant il emploie aussi le système de Dujardin, comme il l'a déjà fait pour ses PAytozoa.

Il divise ses Péridiniens suivant qu'ils présentent une enveloppe lisse ou garnie de pointes et d’après la présence ou l’absence de ta che oculaire. Il admet pour cette famille les genres Chætotyphla, Chœtoglena, Peridinium et Glen odinium. — Ses Cyclidines qui com-

prennent les genres Cyclidium, Pantotrichum et Chætomonas nous paraissent devoir rentrer dans la famille des Enchéliens.

La famille des Vorticellines est divisée en deux groupes : le premier renferme les Vorücellines libres et sans pédicule; ee sont les Stentor, Trichodina et Urocentrum. — Le second groupe est formé par des Vorticellines adhérentes et pédicellées et contient les genres Vorticella, Carchesium, Epistylis, Opercularia et Zoothamnium.

On voit que cette famille est assez naturelle, mais il est à regretter que Pritchard n’ait pas mis dans un groupe à part les Stentoriens et qu'il ait éloigné des Vorticellines la famille suivante.

Les Ophrydina ou Vaginifera renferment des Infusoires contenus dans une coque. On y trouve les genres Ophrydium, Tintinnus, Vaginicola et Cothurnia. — C'est avec raison que Pritchard n’a pas tenu compte des cils qui couvrent le tégument des Szentor et des Tinlinnus, et que, se basant sur des caractères plus essentiels, 1l les laisse dans les familles que nous venons de eiter et d’où Claparède et Lachmann les avaient enlevés. Pritchard ajoute à cette dernière famille le genre Zagenophrys de Stein et le genre ZLagotia de Wright, dont nous aurons plus lard à discuter la valeur.

La famille Enchelia est des plus mal composées ; on y reconnait des Rhizopodes, Actinophrys, Padophrya, ete., des Infusoires dentés Prorodon, et contractiles Lacrymaria. Les seuls genres qu’on peut y laisser sont les £nchelys, Leucophrys et Holophrya.

A la suite de cette famille Pritchard cite un grand nombre de genres tirés de différents auteurs : Spatidium, Acoma, Gastrocheta, Alycum Uronema, de Dujardin ; Æabrodon, Acropisthium, Bæonidium, Oprsthiotricha, Siagontherium, Megatricha, Ptyxidium, Colobidium et Apionidium de Perty, qui sont formés pour des espèces très-douteuses et surtout très-mal figurées.

La famille Colepina ne renferme, à l'instar de tous les auteurs, que le genre Coleps.

Les 7rachelina comprennent comme les Enchelina des Infusoires qui n’ont entre eux que peu ou point d’affinité. On y remarque avec les 7rachelius, les Loxodes, les Spirostomum et les Phialina, les Bursaires, les Glaucomes, les Chilodons et les Nassules, qui appartiennent à des familles différentes. Ce groupement d'êtres aussi éloignés entre eux provient de la méthode empruntée à Ehrenberg, et d’après laquelle on classe les Microzoaires suivant la position de la bouche et de l’anus, alors que la situation de ce dernier est encore dans bien des cas très-problématique.

Cette famille est, comme celle des Enchéliens, suivie d’une liste assez longue de genres tirés de divers auteurs : les Ziosiphon (Ehr..), Plagiostoma (Duj.), Kondylostoma(Duï.), Panophrys (Duj.), Blepharisma (Perty), Acineria (Duj.), Pelicida (Duj.), Lembadion (Perty), Harmodirus (Perty), Cinetochylum (Perty) et Cyclogrammea (Perty).

La famille Ophryocercina est fondée, on ne sait trop pourquoi, pour le seul genre 7rachelocerca, qui est lui-même établi d’après les espèces Lacrymaria olor et Viridis (Dujardin), Vibrio sagitta (Muller) et un Infusoire très-douteux, 7rachelocerca biceps.

Les Colpodiens sont formés de genres aussi malheureusement réunis : ce sont les Colpodes et les Paramécies, en contact avec les Amphileptes, les Uroleptes etles Ophryoglènes. Pritchard y ajoute ensuite les Dileptus, Loxophyllum et Pleuroneraa de Dujardin et les Ofostoma de Carter.

La famille des Oxvrriemna est bien composée et très-naturelle ; elle comprend tous les Infusoires marcheurs : les Oxytricha, Kerona, Urostyla, Stytonychia et Ceratidium. Cette famille eût été plus complète si Pritchard y eût ajouté les genres qui composent la famille des Euplotina. Cette dernière renferme le genre Clamidodon qui appartient aux Paramécides dentés, et Pritchard ajoute à ses Oxytrichiens les Halteria qui en sont très-éloignés et les genres Séchotricha et Mito-

phora de Perty, qui sont extrèmement douteux.

La famille des Evrcona de Pritchard, renferme les genres Discocephalus, Himanthophorus, Clamidodon et Euplotes. Les deux premiers genres et le quatrième nous semblent devoir faire double emploi avec les genres Plæsconia, Diophrys et Coccudina, de Dujardin, que Pritchard cite à la suite de cette dernière famille des Coliata. — Quant au genre Clamidodon, il appartient, comme nous le verrons bientôt, à une tout autre famille.

A la suite des Ciliata, Pritchard commence la description des Rotatoria, des Brachionœa et des Tardigrada, qui n’ont aucun rapport avec les Infusoires vrais et termine son ouvrage par l'étude des Pacillaria qui ne renferment que des végétaux.

Pritchard, comme on vient de le voir, a suivi exactement le système d’'Ehrenberg, qu'il a en outre surchargé de toutes les familles, les genres et les espècesdes auteurs qui l'ont suivi, et a composé ainsi un assemblage informe, résultat d’une vaste compilation, qui n’a rien de méthodique et ne peut étre considéré comme un travail sérieux de classification.

L'ouvrage de Claparède et Lachmann que nous avons analysé avant celui de Pritchard, malgré toutes les imperfections qu'il renferme, est évidemment le progrès le plus grand qui ait été fait en microzoologie dans ces dernières années. Claparède et Lachmann commencent par éliminer de la classe des Infusoires tout ce qui a rapport aux Systolides ou Rotateurs, aux Icththydies, aux Brachions et aux Tardigrades. Ils rejettent également les êtres qui doivent rentrer dans le règne végélal, les Desmidiées, les Pédiastrées et les Diatomées ; mais ils vont trop loin en assimilant aux Algues microscopiques une grande partie des Infusoires flagellés et toute la famille des Vibrioniens. Le reproche le plus sérieux qu’on peut adresser au travail de ces auteurs, est de n'avoir pas séparé complétement les Rhizopodes des Infusoires et d’avoir placé, entre les Infusoires ciliés ou à tourbillon, et les Infusoires flagellés ou oscillants, toute une section de la

classe des Rhizopodes à laquelle ils ont donné le nom d’/nfusoires suceurs. Nous avons indiqué plus haut les différences qui existent entre les Rhizopodes et les Infusoires vrais, nous aurons encore probablement à revenir sur ce sujet, et, quant aux imperfections que nous avons à signaler dans la classification de ces auteurs et dans la manière dont ils ont voulu grouper les genres, nous les relèverons en donnant les raisons que nous dirigerons dans l'établissement de notre nouvelle classification.

LT

Toutes les classifications qui, depuis Muller jusqu’en ces derniers temps, ont été proposées pour la classe des Infusoires proprement dits sont loin, comme nous venons de le voir, de répondre aux exigences d’une méthode naturelle et des progrès de la science en microzoologie. Tous les auteurs, sans exception, qui nous ont précédé, n’ont pas su éliminer complétement de la classe des Microzoaires, les êtres qui appartiennent à des elasses voisines ou éloignées, et souvent ont rejeté dans le règne végétal des animaux dont les affinités avec les Infusoires ne sauraient plus être contestées.

Nous croyons devoir proposer une classification nouvelle des Microzoaires ou Infusoires proprement dits, basée sur l’étude anatomophysiologique des organes les plus importants, et qui, tout en s’appuyant sur les caractères les plus naturels tirés de la suprématie des fonctions, aura encore l'avantage de faciliter les recherches et le classement de ces petits êtres dont la distribution en familles eten genres est restée jusqu’à ce jour une des grandes difficultés de cette étude.

Lorsqu'on examine la manière d’être des Infusoires, on est tout d’abord frappé de la différence qui existe entre eux, au point de vue des mouvements qu'ils exéeutent. Les uns nagent avec une grande

DÉLIMITATION ET CLASSIFICATION DES MICROZOAIRES. 133 rapidité quand ils sont libres, et, s'ils sont fixés, occasionnent dans l’eau un mouvement de tourbillon énergique, qui met au loin en mouvement les particules en suspension dans le liquide; les autres nagent plus lentement, ont un mouvement de rofation sur eux-mêmes quand ils sont agrégés, ou de dandinement s'ils sont isolés, mais ils n’occasionnent jamais dans le liquide ce tourbillon remarquable que nous avons constaté chez les premiers, Cette différence dans la manière de se comporter des Infusoires ne correspond pas seulement à leur mode de progression, mais elle est intimement liée à l’exécution d’une des plus importantes fonctions, nous voulons parler de la Nutrition.

Nous avons dit, plus haut, en décrivant les différents organes des Infusoires que certains appendices qui sont des organes locomoteurs, servent en même temps à la nutrition en attirant à la bouche des Microzoaires les particules contenues dans le liquide ambiant. Chez les Infusoires Les plus développés, les appendices sont généralement représentés par des cirrhes (1) qui possèdent une grande puissance de vibrations et que nous avons appelés cirrhes buccaux. Ces eirrhes placés en séries droite, oblique, ou courbe, occasionnent dans le liquide, par leur vibration, un mouvement tourbillonnant qui rappelle celui provoqué par les cils vibratiles des Systolides, et amènent à la bouche des Infusoires les particules nutritives en suspension dans l’eau. Chez quelques Microzoaires, les cirrhes buceaux semblent manquer et le tourbillonnement du liquide est alors occasionné, soit par la vibration d'une lèvre placée à l’origine de la bouche, comme on le voit chez les Glaucomes, soit par les cils plus développés qui se trouvent dans le voisinage de la bouche, comme on le remarque chez les Infusoires dentés. Cette propriété de déterminer dans le liquide un tourbillon énergique, ayant pour but d'attirer les particules nutrilives et étant le premier acte de la nutrition, est com-

(1) Voyez premier fascicule, p. 17.

mune à un frès-grand nombre de Microzoaires que nous avons réunis dans notre premier ordre sous le nom de Microzoa vorticosa, où Microzoaires à tourbillon.

Les auteurs qui nous ont précédé, sans s'appuyer sur la manière dont s’exéeute le premier acte de l’importante fonction de la nutrition, ont aussi séparé ces mêmes Infusoires des autres, parce qu'ils étaient plus ou moins couverts de cils vibratiles, etles ont groupés sous le nom d’Infusoires ciliés, /nfusoria ciliata, appellation fausse dans bien des cas, puisque certains Infusoires de cet ordre n’ont, comme les Vorticelles par exemple, aucun cil sur leurs téguments et possèdent seulement des cirrhes buccaux. La présence seule des cils n’offrirait pas un caractère sérieux, si elle n’était pas liée le plus ordinairement au premier acte de la nutrition; elle deviendrait même dans certains cas, chez les Péridiniens, par exemple, un caractère dangereux, car chez ces animaux on constate la présence de cils qui servent à la locomotion et qui n’ont aucun rapport avec la fonction de nutrition.

Le reste des Infusoires que nous plaçons dans notre second ordre, Microzoa nutantia ou Infusoires oseillants, est entièrement privé de cirrhes buccaux ou de cils vibratiles pouvant les remplacer. Ils peuvent bien aussi, dans le plus grand nombre de cas, attirer à leur bouche les particules étrangères en suspension dans l’eau, mais celle fonction s'exécute au moyen d’une longue soie que nous avons décrite sous le nom de #agellum (1) et dont les mouvements lents ou rapides déterminent dans le liquideune espèce de remous, qui suffit pour rapprocher de Porifice buccal, ordinairement très-peu développé, les particules nutritives ou le liquide qui doit servir à la nutrition, mais jamais ils ne peuvent occasionner dans l’eau qui les baigne ces mouvements tourbillonnants énergiques qui distinguent les Infusoires de notre premier ordre.

(4) Premier fascicule, p. 21.

Nous divisons donc la classe des Infusoires proprement dits en deux ordres :

1. Les IxrusorRes À rourBiLLon (Microzoa verticosa). 2°. Les Inrusorres oscizLants (Wicrozoa nutantia). Le premier ordre correspond à peu près complétement aux /n/fusoires ciliés, el le second aux /nfusoires cilio-flagellés et flagellés des autres auteurs.

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