‹ Etudes sur les microzoaires, ou infusoires proprement ditsChapitre 18 sur 70 · GENRE : GERDA · texte numérisé non relu

GENRE : GERDA

(Clap. et Lach. pl. IL, fig. 5-8, p. 117.)

Le genre Gerda a été créé par Claparède et Lachmann pour une espèce cylindrique, allongée, ayant du reste les caractères des Vorticellides, mais ne présentant aucun point d'attache à sa base, bien qu'elle ait la propriété de se fixer aux corps étrangers. La seule espèce qu'ils rapportent à ce genre est la G. glans, et ils mettent indûment dans le genre Scyphydia des individus qui ont pour se fixer un bourrelet ou sphincter à la base, faisant fonction de ventouse. Nous pensons que les Scyphydia limacina, À physarum, Lachmann, présentent plutôt les caractères de la Gerda, et devront être retirés du genre Scyphydia, Vuj., qui à été mal compris par Claparède et Lachmann.

G GENRE : SCYPHYDIA

(PI. IV, fig. 1 et pl. VIIL, fig. 1-4.)

Dujardin en créant le genre Scyphydia, avait en vue des Vorticellides à corps allongé et fortement striés, dont la base est fixée aux corps étrangers par une attache arrondie et très-courtes et ne présentant pas la structure du pédoncule des Vorticelles ou des Epistylis. C’est à tort que Claparède et Lachmann ont rejeté les espèces décrites par Dujardin, comme étant de jeunes Vorticelles ou Épistylis, car les espèces de Seyphydies que nous connaissons n'ont aueun rap-

ort avec les espèces des genres précédents et appartiennent bien à e)

un genre spécial. — On se demande aussi pourquoi Lachmann, n'admetlant pas le genre de Dujardin tel que ce dernier le décrit, s'en empare pour y placer d’autres animaux et en change complétement la caractéristique? Nous avons vu que les Scyphydies de Lachmann devaient plutôt rentrer dans le genre Gerda, à moins qu'on ne veuille pour ces deux espèces créer un genre nouveau.

Les espèces que nous décrirons plus loin sous le nom de Scyphydies, et qui ont été parfaitement observées, ne sont pas de jeunes Vorticelles ou autres, dont elles diffèrent par le tégument et le point d’attache, et correspondent probablement aux figures dessinées par Müller, pl. XLIV, figures 10 et 11, et décrites sous les noms de Vorticella ringens et V. inclinans.

1° GENRE : SPIROCHONA

Nous ne connaissons le genre Spérochona, créé par Stein, que par la description et la figure que cet auteur en donne. Le corps est fusiforme, et attaché par un pied arrondi et très-court. Le disque vibratile est plié en spire faisant au moins trois tours el garni de cils vibraliles.

C’est avec doute que nous avons placé le genre Spirochona dans les Vorticellides, les recherches futures feront connaître s’il est bien réellement à sa place. Pritchard cite les deux espèces suivantes : S. gemmipara (pl. XXX, fig. 17, 20) et S. Scheutent (pl. XXX, fig. 27, 28).

IT FAMILLE : VAGINICOLIENS (Vaginicolina)

La famille des Vaginicoliens est formée par les Vorticellides contenus dans une coque résistante, el qui est probablement le résultat de leur sécrétion. Cette enveloppe qu'Ehrenberg appelle une

cuirasse, est généralement mince, transparente, et protége l'animal

dont le corps est ordinairement fixé par sa base au fond de cette loge. L'ouverture de la coque, par où le vorlicellide peut faire sortir l’extrémité antérieure de son corps, est plus étroite que le reste et se prolonge souvent sous forme de goulot. Les Ophrydies n’ont pas de vraie coque, mais l'extrémité inférieure de leur corps se perd dans une masse gélatiniforme commune à toute la colonie.

Les Vaginicoliens ont le corps nu ou eilié : les premiers ont lorganisation des Vorticelliens, et le disque vibratile est à peu près identique à celui de ces derniers. Les Vaginicoliens ciliés ont au contraire le disque vibratile infundibuliforme, et le bord interne du péristome semble seul garni de cirrhes, ou du moins on ne peut pas bien apercevoir ceux qui conduisent à la bouche ni la position exacte de celle-ci. En lraitant des genres, nous verrons quelles sont les raisons qui ont amené certains auteurs à rejeter les vaginicoles ciliés de la section des Vorticellides.

Notre famille des Vaginicoliens renferme les Ophrydiens d'Ehrenberg, une partie des Vorticelliens de Dujardin et de Claparède, et les Ophrydinesde Pritchard augmentées du genre Freia (Clap. et Lach.).

Le tableau suivant donne les caractères principaux des genres que renferme la famille des Vaginicoliens.

{Pas de vraie coque ; une masse gélatineuse commune atoutelAICOlONIER eee eee 1. OPHRYDIUM.

Animal librement suspendu

Corps nu...

dans'sacoque........... 2. LAGENOPHRYS.

Coque fixée par l’extré- Animal attaché) mité posdanssacoque.) térieure... 3.7COTRURNIA.

Coque fixée parlecôté. 4. VAGINICOLA.

\Une vraie coque.

VAGINICOLINA.

Animal fixé dans sa coque par un pédoncule con-

Ve Pl CONTLACLILO SE MA A A CEE AE EU ANR 5. TINTINNUS. Corps cilié.

je GENRE : OPHRYDIUM

Le genre Ophrydium, que tous les auteurs ont placé dans la seclion des vorticellines cuirassées, est le seul de la famille des Vaginicoliens qui n’ait réellement pas de euirasse, c’est-à-dire de gaine protectrice. Les individus sont libres dans une grande étendue et ne peuvent, ense contractant, rentrer etse cacher dans la masse commune; seule, leur partie inférieure s'enfonce danscette substance gélatineuse, et semble pénétrer jusqu'au centre. Cette partie inférieure parait être un pédoneule non contractile qui finit par se confondre avec la masse commune sécrétée par la colonie.

Le seul représentant de ce genre est lOpkrydium versatile, dont l’ensemble atteint quelquefois une grosseur considérable et qui a été bien étudié par Ehrenberg, Frantzius et Stein. (voy. les figures données par ces auteurs) (1).

2 GENRE : LAGENOPHRYS

Créé par Stein, le genre Lagenophrys à été établi pour des Vaginicoliens, qui ne sont point fixés au fond de la coque, mais qui sont librement suspendus au bord de l'ouverture de celle-ci. Ce caractère les distingue des autres genres de celte famille, qui tous présentent des animalcules adhérents à la partie profonde de la coque.

L'espèce type, L. Vaginicola, a été, d’après Stein, décrite et figurée par Pritchard (pl. XXX, fig. 29-36.

3° GENRE : COTHURNIA

(PL IX, fig. 4 et2. — PI. X, fig. 12-17 et 20-26. — PI. XI, fig. 7). (PI. X. fig. 1-11 et 27.)

Le genre Cothurnia a été établi par Ehrenberg pour des Vaginico-

(4) Stein, pl. IV, fig. 2. — Pritchard, pl. XXI, fig. 5-6, etc.

liens dont la coque est adhérente aux corps étrangers par un pédieule plus ou moins développé, ce qui, pour cet auteur, le distingue du genre Vaginicola, dont la coque est sessile. Les auteurs qui l'ont suivi, Dujardin, Stein, Eichwald, Claparède, elc., n'admettent pas cette caractéristique, parce que, prétendent-ils, ils ont trouvé des Vaginicola à coque pédiculée. Or, comme il n’existe aucune différence entre les animaux qui habitent ces coques, et que c’est la nature de celle-ci qui est prise pour caractère générique, nous ne pouvons admettre une Vaginicole avec une coque pédicellée, de même que nous ne pouvons comprendre une Cothurnie avec une coque sessile.

En admettant la diagnose de Claparède et Lachmann, nous donnerons le nom de Vaginicola à toutes les espèces dont la coque est adhérente par une des faces latérales, etles autres espèces formeront le genre Cothurnia. Mais le genre Cofhurnia, ainsi constitué, renfermera encore des êtres différents entre eux. En effet, nous voyons (pl. IX, fig. 1 et pl. X, fig. 12, 13, 17, 23, 24) des espèces qui sont renfermées dans des coques adhérentes par un pédicule bien développé; d’autres (pl. IX, fig. 2 et pl. X, fig. 20, 21), dont la coque est lixée directement aux corps étrangers et sans pédieule intermédiaire ; et enfin, une autre espèce dont la coque est sessile (pl. X, fig. 15, 16), mais où l’on voit l’animaleule adhérent au fond de la loge au moyen d’un pédicule court et strié. Il résulte de cet examen, que l'on pourrait avec ces différentes espèces former trois genres: les Vagimicoliens avec coque pédiculée conslitueront le genre Cothurnia ; ceux avec coque sessile, le genre Planicola et les derniers avec pédoncule interne, le genre Séylocola. — En décrivant, dans la troisième partie de cet ouvrage, les espèces qui appartiennent à ces

genres, nous reviendrons plus au long sur ces considérations.

ä GENRE : VAGINICOLA (PI. X, fig. 1, 11 et 27.)

Le genre Vaginicola, d'après la caractéristique que nous venons de donner du genre précédent, se trouve réduit aux espèces dont la coque est fixée aux corps étrangers par un des côtés. La coque est alors plate du côté adhérent et bombée à la paroi opposée ; elle se prolonge en un col plus ou moins allongé et qui se redresse en s'éloignant du point d'attache. La forme, la longueur et la direction du col varie chez les différentes espèces. Il n’est pas rare de voir la coque des Vaginicoles entourée des débris d’une première tunique qui forme des lambeaux autour de la coque définitive, et qui souvent ont une couleur jaune assez vive.

> GENRE : TINTINNUS

Le genre Tintinnus à été consciencieusement étudié par Claparède et Lachmann, qui ont cru devoir le retirer de la famille des Vaginicoliens, où les autres auteurs l'avaient placé, pour lériger en famille des Tintinnodea. Les raisons, sur lesquelles ces savants s'appuient, ne nous semblent pas suffisantes pour expliquer ce changement qu'ils opèrent dans les familles établies. En effet, ils conslatent que les Vorticelliens ont le corps glabre, tandis que les 7intinnus ont le corps cilié. La présence de cils à la surface des téguments n'est pas un caractère tellement essentiel et important, qu'il doive primer cet élat si remarquable des Vorticellides, d’avoir une surface antérieure ciliée et rétractile, ce qui suppose une organisation déjà très-compliquée et un mécanisme musculaire qu’on ne rencontre que chez les Vorticelliens. Or, les T'intinnus ont aussi un disque vibratile rétractile, seulement il diffère de ceux des autres Vorticellides, en ce que, au lieu d’être plat ou bombé, il est concave

et se rapproche en cela de celui du genre suivant. Claparède et Lachmann attachent aussi trop d'importance à la direction droite ou gauche de la spire buccale; cette direction n’a pas la valeur qu'ils veulent lui attribuer, et l’on sait que, chez des êtres plus élevés dans le règne animal, on trouve chez la même espèce des anomalies encore plus sensibles.

Les T'intinnus sont donc bien des Vorticellides qui doivent trouver leur place dans la famille des Vaginicoliens. Ils sont fixés à la partie inférieure de la coque par un pédoncule assez développé et contractile comme celui des Vorticelles. La coque n’est pas toujours adhérente et l'animal l'emporte dans sa course rapide, ce qui explique la présence des cils dont le corps du T'intinnus est couvert.

L'espèce type est le Tintinnus inquilinus, Clap. et Lach., pl. VIT, fig. 2.

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