GROUPE DE TRANSITION XXII FAMILLE : AMOBBIENS (AMŒBÆ A
Les êtres que renferme cette dernière famille se distinguent de ceux qui composent la famille des Vibrioniens en ce qu'ils ne sont plus libres et nageurs comme ces derniers, et que la progression ne
se fait plus par suite d’un mouvement oscillant ou ondulatoire du corps de l’animal. Les Améæbiens ont les mouvements très-lents; à l'exception des Protées, ils rampent tous à la surface des corps étrangers et ont la propriété de modifier quelquefois d’une manière complète la forme de leur corps. Is se rapprochent des Infusoires proprement dits, en ce qu'ils possèdent comme ces derniers une vésicule contractile et par conséquent une circulation plus ou moins développée. Le tégument extérieur est visible, généralement assez épais et se distingue du parenchyme interne granulé par une ligne blanche et transparente qui enveloppe le corps de toutes parts. Jusqu'à présent on ne connait pas la bouche des Amibes, mais tout fait supposer qu'elle existe à la partie ventrale, car c'est toujours par cette partie du corps que l’on voit pénétrer les matériaux de la nutrition. Les cils, dont le tégument peut être recouvert en partie, n'ont aucune action propre ; ils ne sont pas vibraliles et ne servent en rien à la progression. Les Amibes peuvent émettre des prolongements ayonnants plus où moins allongés et qui donnent au corps une forme éloilée. Ces prolongements s’accusent surtout pendant la marche de l'Infusoire et n’ont aucune analogie avec les suçoires des Acinèles et des autres Rhizopodes. Le parenchyme granuleux, que contient lenveloppe commune, se prète à toutes les positions du corps et s’allonge ou se rétréeit dans les prolongements, suivant la forme qu'ils prennent. La vésicule contractile est très-développée et jouit d’une grande activité. Nous n'avons pu découvrir la place de l'anus, ni la forme de lintestin, mais il est présumable que ce dernier est une fente unique comme celle des Stylonychies et que l'anus se trouve placé sur la face où se trouve la bouche.
C'est à tort que la plupart des auteurs ont considéré les Anibes comme des êtres sans organisation, vivant par une sorte d'imbibition de loule la surface, et ne présentant aucun organe qui puisse les
rapprocher des autres animaux. On se contente la plupart du temps
d'annoncer que le corps des Amibes comme celui des Rhizopodes est constitué par du protoplasma, que c’est une masse homogène vivante sans trace d'organisation. Hæckel va encore plus loin, il fait de l'Amibe une cellule à noyau, un protste qui n’est que le résultat d’une modification, en matière vivante, des matières inanimées !.…
Combien on doit regretter que des travailleurs sérieux, des savants distingués se laissent entrainer par une imagination trop ardente, ou se contentent de continuer à propager des erreurs grossières sans se donner la peine de vérifier le dire de leurs devanciers!
En réalité les Amibes sont des êtres qui ont un tégument propre, visible, renfermant un parenchyme très-mobile comme celui de la plupart des Infusoires. Les organes de la digesüon, il est vrai, ne sont pas constatés, bien que ces êtres s’assimilent les substances de corps volumineux, tels que des Navicules, des Brachions, etc., mais la vésicule contractile large et très-active qu’ils possèdent indique un appareil circulatoire et respiratoire bien développé. La euticule, comme celle de certains Lacrymariens, est douée d’une grande contracülité et peut s’allonger dans un ou plusieurs points de manière à donner lieu à des prolongements rayonnants. Ce pouvoir de s’étendre en filament et de donner au corps une forme éloilée, rapproche les Amibes des Rhyzopodes et établit un lien entre ces derniers et les Infusoires proprement dits.
Voici les caractères qui distinguent les genres dont se compose la famille des Amæbiens.
NOPEUTS ee @0 0 013 Hit le d'en d 0 0. a aide M AENPROTEUS: ANGŒBÆA :
9 ; TESICIIS ER Sr mr ne .... 2. TRICHAMŒBA:
infusoires
raMpan ts MUNE CUITASSE. Rene ee ... 3. THECAMŒBA.
NCIS NIICUILASSe Re rer Ce .... 4, AMOEBA.
1x GENRE : PROTEUS.
PI. XX VII fig. 1.
Le genre Proteus à été créé par Müller pour deux espèces, le P. diffluens qui estun Amœba etle P. tenaæ qui est le {ype du genre. Le Proteus est un être nageur que lon voit se balancer lentement dans l’eau en affectant successivement des formes différentes, mais qui reviennent toujours les mêmes; le corps est d’abord aigu par le bas elarrondi en haut, puis ilse forme une boule à l'extrémité aiguë qui se renfle de plus en plus et monte vers le sommet. Quand le renflement est arrivé à la partie moyenne de l'animal, la partie aiguë se montre de nouveau pour s’allonger complétement pendant que la boule atteint le sommet. Le même jeu recommence ensuite avec peu ou point de modification.
Proteus tenax, Müller, /nfus., p.10, pl. I, fig. 13-18. — Ces figures sont très-exactes et la description très-fidèle.
2* GENRE : TRICHAMOEBA. PI. XX VII, fig. À et 4.
Nous avons créé ce genre pour des Amibes peu diffluentes, mais avec des changements assez profonds dans la forme du corps. Le tégument est orné de cils raides et non vibratiles.
Nous en connaissons deux espèces :
1° Trichamæba radiata, pl. XXVIHL, fig. 1.
2° Trichamæba hirta, pl. XXVHL, fig. 4.
3° GENRE : THECAMOEBA.
PI. XX VII, fig. 3.
Nous avons établi ce genre pour un Amœæba remarquable par la D
cuirasse ou épaississement dermique qui couvre la partie dorsale de
l’animaleule. Cette cuirasse, qui a une forme ovale, est divisée en quatre parties longitudinales par des lignes visibles et selon lesquelles les segments sont mobiles. Il arrive souvent que les parties latérales externes de la euirasse se relèvent et s’abaissent comme des volets. La reptation se fait toujours dans le même sens, la partie la plus large en avant. La vésicule contractile est très-développée.
Tagcamossa quanriparTiTA, pl. XXVUE, fig, 3.
4 GENRE : AMOEBA.
PI. XX VI, fig. $. — PI. XXIX, fig. 1 à 7.
Créé par Erhenberg, le genre Amæba renferme tous les Amœæbiens rampants qui ne possèdent ni cils ni euirasse, C'est chez les êtres qui composent ce genre que l’on remarque les modifications les plus profondes dans la forme du corps pendant la reptation. La cutieule est toujours visible et la vésieule contractile bien développée.
Amæba diffluens, Ehrenberg, Zafus., 1838, pl. VITE fig. 12. — Proteus diffluens, Muller, pl. Il, fig. 1-12 (non Proteus tenax, qui appartient au genre Proteus).
Outre les genres que nous venons de décrire et qui composent la classe des Infusoires proprement dits, on trouve dans les auteurs des genres établis sur des observations très-imparfaites et accompagnées de figures qui n’inspirent qu'une confiance très-limitée.
Le genre Cosnomorpua, Perly, n'a aucun rapport avec les genres connus ; c’est une forme médusaire qu'il rapproche à tort des Urcéolaires de Dujardin (Pntehard, pl. XXVHE, fig. 27-30).
Le genre Lagotia, Wright, s'il était mieux connu, devrait être placé à côté des Freia. I est formé avec des Tubicolaires dont le sommet est divisé en deux lames étroites entre lesquelles se trou-
vent la bouche et læœsophage. Voyez Pritchard, pl. XXVIIT, fig. 20-23 et pl. XXXI, fig. 7-8.
Le genre Acomia, de Dujardin, est un Ænchelis de même que l'Acropisthium, V'Opistriotricha, le Siagontherium, le Megatricha etle Ptyxidium de Perty. Son Bœonidium estun Holophrya ainsi que probablement son Colobidium et son Apionidium.
On trouve encore dans les auteurs des figures mal dessinées sur des observations inexactes et qu’on ne sait à quel genre rapporter.