INTRODUCTION
Avant d'arriver , en suivant Corneille et Racine j au sommet de l'art dramatique, si nous laissons tomber en arrière un coupd'œil sur les productions de leurs prédécesseurs immédiats, les Hardi, les Garnier, les Jodelle , nous n'y trouverons rien qui approche de la sublimité de nos deux maîtres; mais remontons les siècles antérieurs, et transportons-nous au milieu de ces croisades dont l'expédition de Bonaparte en Egypte a été le brillant appendice, et notre occupation d'Alger, il faut l'espérer, l'heureux couronnement : cette lutte si longue de la civilisation contre la barbarie , nous pourrons en revoir les chances avec orgueil ; d'Alger, nous pourrons suivre, en le glorifiant, Saint-Louis en Afrique (i); nous pourrons suivre jusque dans Mansoura ce prince de son sang, tombé si jeune avec ses chevaliers, victimes d'un imprudent courage. Du sein de ce désastre.
(ij Voir dam l'Histoire det CroUades de M. Michanii, Liv. SVl, les projeta de colonitation conçus par Saiot-Loois, 'm proiets, dit Leibnitz [Mùnoire à Louis XIV), inspirés pir ona profonde wgewe , et qui méritaient l'attentioD des hominei a'état les pins bAiki et Jes publicictes tes plu» éclairés, u
iv ItïTRODUCtIOW.
dont nous avons, hélas ! presque éprouvé \e» contre-coups , nous verrons, comme on voit du port la tempête, s'élever tout à coup notre tragédie nationale. On était loin de lui soupçonner cette origine.
Indépendamment du Jeu de Saint- Nico^ las et de plusieurs autres ouvrages puisés dans notre histoire, il en est un qui portera sur le règne entier et si poétique de Saint* Louis, un grand intérêt.
Je ne me dissimule pas combien peut paraître hasardée l'opinion que je vais émettre sur nos anciens Mystères : c'est çjpe ces drames religieux sont loin d'être connus encore: Si l'on excepte la rapide mention qu'en fît l'auteur des Templiers dans son discours de réception à l'Académie Française , rien qui nous encourageât , ^intérieurement , à nous enfoncer au milieu des ténèbres de ces mohumens tristement délaissés. Ceux même de nos écrivains qui , dans ces derniers temps , ont, à l'aide d'une critique lumineuse, le mieux exploré le moyen âge , semblaient s'être arrêtés, comme par effroi , devant l'obscure immensité de notre vieux théâtre , lorsque, dans une circulaire adressée par M. Guizot, ministre alors, à ses correspondans historiques , et insérée dans le Moniteur du 18 mai 1 835 , on a pu lire , entr'autres instruetions d'un haut intérêt, celle qui concerne les
HtTRODUCTlOW.
Mystères et Moralités y spécialement recommandés par le ministre à l'attention de ses savans correspondans. Il s* est conservé , ajoutait M. Guizot, en quelques localités de la France, des fêtes, des représentations dramatiques po^airL 11 n, iraj,as inJi/férsnt Asaminer et de noter ces restes du passé , uvant que la cinlisation moderne et Vusage de la langue générale les aient /ait disparaître.
C'est ce que nous avons essayé.
Bayle, pour mieux, rabaisser nos Mystères, en a cité inexactement quelques détails, reproduits par Voltaire et reproduits partout, mais qui, fussent-ils ridicules, pouvaient bien ne pas l'être aux yeux de spectateurs qui contemplaient l'ensemble d'un autre point de vue que nous.
Dans un village reculé du Hainaut où j'ai été élevé, se trouvait (je le vois encore) un calvaire dont les grandes figures , peintes grossièrement, mais avec énergie , excitaient en nous, pauvres enfans, une impression que je ne puis décrire. Quelqu'artiste serait venu nous dire : « Vous avez bien- tort d'admirer ; ne voyez-vous pas que le bras de ce Christ manque de contour et Affaire; que les pleurs de cette femme sont trop peu nuancés; que le fusil de ce soldat est un anachronisme P » De semblables critiques n'auraient point détourné de leur attention des enfans.... Eh
YJ INTRODUCTIOU.
bien ! pour entrer dans le génie de nos père$, tâchons aussi , suivant le conseil de TÈvan* gile, de nous faire petits avec \es petits, de nous reporter dans lenfance de Tart et chez ce peuple enfant, que nous entendrons tout* à-l'heure criant Noël! et pleurant de joie , à des représentations qui feraient pouffer de rire notre maturité ( i ) .
Ce ne sont point cependant les citations de Bayle qui eussent empêché les écrivains consciencieux dont j'ai parlé plus haut de lire en entier nos mystères; mais les frères Parfait, dans leur histoire anonyme du Théâ-r tre français , ayant analysé quelques uns de ces drames , les seuls qui fussent connus de leur temps , on les a jugés tous d'après des extraits donnés par ces hommes ordinaire* ment exacts, et qui, dans leur préface, taxent de fausseté les citations de Bayle , et d'aveu* glement les lecteurs qui s'en rapportent à cet auteur. Toutefois, les frères Parfait , plus exacts que Bayle, ne sont guère plus heureux dans leurs citations, la plupart si mal choisies ou si fautives , qu'elles ont dû nuire , plus que toutes les préventions, aux ouvrages qui ne sont connus que par eux. Peut-4tre aussi,
(i) Nous avons remplacé par d'insignifians bravas ce cri de joie Noël! qui rappelait au peuple Févénement le plus heureux, la naissance de Celui qui renouvela la face de la terre, car Noël ou Nouel vient plutôt, je crois, de novel, que de na- Utils,
IVTfiOOUCTIOB». Vij
les peintures et les traits qu'ils ont néglige n'eussent point été appréciés de leur sièele. Ce siècle , le dix-huitième , était trop pré«* venu pour apercevoir y à tra^rs bien des vices et des préjugés il est vrai , la religieuse philosophie de nos pères (i).
Il est une observation générale par où doit commencer l'appréciation de nos premiers auteurs dramatiques : c'est que , prèsqu'étrangers à l'étude de l'antiquité profane, au milieu de siècles dont la Religion seule pouvait dissiper les ténèbres, ces hommes avaient vu du moins que le but de l'art était d'of&ir au peuple dés lumières dont le be* soin et le charme se faisaient .également sentir. Aussi , les faits et la morale sublimes de l'Evangile furent-ils chez nous et dans toute l'Europe moderne, les premiers sujets de re- {Hrésentations , ou plutôt de solennités bien autrement religieuses que celles des anciens Grecs*
Quelle scmrcé d'intérêt immense, inépuisa** ble , dans les mystères du christianisme ! Et combien , quand ces premiers ouvrages pa-
ri) Je dis philosophie, et boqs en trou?erons jusque dans I» Fcte des Fous et dans celle des Anes , qae de grands philosophes ont trop jugées sur les apparences. Nous verrons un de nos plus vieux poètes plus près peut-être de la vérité dans cette réflexion sur les exemples d'humilité donnés par Jésus :
Qnant il cberaqça, Sus asve .nimta , eic.
Viij IKTRODUCTIOir.
riirent , y devait ajouter le souvenir récent des Croisades ! L'Europe entière , pour venger les chrétiens des cruautés exercées contre eux en Orient , s'était transportée au milieu du berceau de la Religion, sur le tombeau d'un Dieu. Après tant de sacrifices , tant de sang versé, il était doux encore de répandre des larmes sur les objets sacrés d'une vénération si profonde; de se reporter en idée sur les lieux saints , sur ce Thabor , sur ce Calvaire, objets de si touchans, de si grands souvenirs.
Aussi, n'est-ce pas seulement la poésie que nous verrons occupée de ces hautes contemplations: deux, sermons inédits et français de Gerson sur la Passion de J.-C.y rapprochés du grand drame, pourront nous donner une idée de ce que fut l'éloquence sacrée à la fin du XIV* siècle.
Près de ces deux discours si curieux, joints au texte original et français .de I'Imitation , apparaîtra, nous l'espérons, la preuve la plus forte qu'on ait acquise encore que ce livre immortel appartient, non à l'Allemagne ni à l'Italie, mais à la France et au docteur évangélique, à l'illustre Gerson (i).
(i) La nouvelle de cette découverte faite par nous, il y a un an, à Valencîennes , et recueillie par un modeste Écho, a retenti dans les iournaux de l'Europe savante, et d'abord en France , où les hommes qui s'intéressent encore à notre gloire littéraire y ont pris grande part. M. de Lamartine, dans une
HTTRODUCTIO». IX
Un autre manuscrit de la bibliothèque de Valenciennes, contenant le Mystère de la Pussions et commençant aux temps antérieurs même à la Nativité de la Vierge , sera d'abord Tobjet de nos études et de nos conjectures.
Les plus anciens Mystères connus sont en latin. Quand , avec les divers idiomes européens qui commençaient à se former de cette belle langue, on voulut mettre à la portée du peuple les grands sujets chrétiens, on se modela sur les patrons qu'offrait la langue mère. De là, cet air de famille qu'ont entr'eux les Mystères àe^ divers pays de l'Europe. Comme ils ne se distinguaient ordinairement que par un langage différemment informe, nous n'essayerons pas de les reproduire dans des traductions nécessairement décolorées. Nous aurons bien assez des Mystères français ( et dans ces mots nous comprenons les autres pièces qui en dérivent et leurs accessoires )• Outre l'intérêt qu'ils auront pour nous et
de ses lettres , a bien voula me féliciter de ce nom retrouve, retrouve' pour la France. M. Victor Cousin {Introduction aux Œuvres inédites d'Abeilard) -, M. Tissot {Leçons et Modèles de Littérature)', M. l'abbé Dassance (Préface de son Imitation)', M. Gence, dans sa Philosophie de F Histoire y i* édition; dans la dédicace dont son amitié m'honore^ et dans son Gerson restitue'; tons témoignent de leur haute sympathie pour notre il- Instre chancelier. Enûn, M. Lacreteile, dans ane de ses leçons d'histoire à la Faculté , vient, m'a-t-on dit , d'exprimer éioquemment le vœu que l'IMITATION fût bientôt rendue à Gerson, à la France. Quant au prix récemment proposé par l'Académie Française, on en verra, dans ce volume, lé très remarquable programme.
posor les iioitimes ^wrsés dans la confiaisaance de notre langue, le drame français, de* puis Louis XIV , s'étant , sans comparaison aucune^ élev4 à la plus haute perfection, dans le système opposé à celui des Mystères , la France est le théâtre qui convenait le mieux à nos parallèles. D'autres rapprochem^is s'offriront d'ailleurs dans les arts du dessin, sans sortir de chez nous.
Dans un moment où les sujets religieux , qu'on croyait oubliés sans retour , occupent plus que jamais , il ne sera pas sans intérêt de comparer comment telle scène de la Nativité ou de la Passion a été traitée par un vieil auteur de mystères, et par un des brillans artistes de la Madeleine , par exemple , ou de cette jolie No(r€'Dmne<le*Lorette , qu'il ne faut pas confondre avec la Grant-^Nostre- Dame : elles diffèrent plus que les siècles qui les ont créées.
Pour vous figurer cette différence : près d'un homme tel que Gerson, par exemple; près du vieux chancelier de Notre-Dame qui, un jour, contre l'ouragan populaire, se retrancha dans cette cathédrale dont il était la gloire , dans une de ces tours , dont il sem- Mait avoir l'impassible immobilité ; près de cette figure imposante, mettez... une élégante de la Chaussée-d'Antin : Voilà Notre-Damede-Lorette.
IirTAaDDGTIOK. xj
L'avance, direz-vous, n'exclut point la solidité. — D'acoord : £sther et la touchante compagne de Polyeucte en sont la preuve.
Quand , d'ailleurs , au pied de ce mont où mouraient nos martyrs (i) , nous voyons tourbillonner les nouveaux habitans de la Nouvelle^Athènes (c'est le nom que quelques artistes donnent à ce quartier ) , nous nous étonnons moins qu'on leur ait fait un temple grec. On n'a pas mis pourtant sur le fron* ton : Deo ignoto, « au Dieu inconnu : » Tor y brille partout : Deus, ecce Deus! «Le Dieu , voilà Je Dieu ! » jEneid., VL
Le Christ , au reste , n'exclut personne , comme nous le verrons dans un de nos mys^ tares , fidèle écho de l'Evangile. La Religion , sur les traces du Maître, est obligée, pour ne pas effrayer ses enfans (car tous le sont, même les riches), obligée, disons-nous, d'^siprunter leurs dehors, et de prendre le siècle comme il est. Imitons cet exemple, sans vou* Iqït pourtant faire une œuvre de circonstance.
Il n'en est point de nos Mystères comme de ces meubles du moyen âge , que la mode exalte aujourd'hui, et que demain peut-être
elle brisera.
(i) Montmartre, Mons Martyrum. Martre siguifiait anciennement martyr, Yoy«z Barbazan, Dissertation sur t Origine de la Langue française , et les deux hymnes de SanAenil sar le Mont des Martyrs/ ^ic mons ara fuit, dit le poète; on peut ajouter : Quanêùm ab illo muiatus !
xij INTRODUCTIOir.
C'est d'un contraste ou d'un rapprochement que jaillit la lumière et se forme le goût. L'Eden, près de rochers sauvages, ^ous paraîtra plus délicieux : ainsi des chefsd'œuvre de Corneille et Racine , après nos vieux mystères; et le vieux Mystère, à son tour, comme naguère Saint- Germain-V Auxerrois y en ressortira mieux par son voisinage.
£n attendant que le vieux saint , dégradé par nos dissensions dont il ne peut mais, se relève, transportez en idée, cela coûte si peu, l'antique Notre-Dame près de la colonnade du Louvre, et vous jugerez.
Autre parallèle , qui n'est plus un contraste : notre plus grand Mystère dramatique , celui de la Passion qui n'en fait qu'un en trois , comme nous le verrons , opposez-le à la superbe cathédrale de Paris. Comparez seulement l'exposition du triple drame au triple portail'lde la basilique : d'un^ et d'autre part, diverses circonstances de la vie de Marie et de ses parens. Mais avant tout, ime saillie sublime : à l'ouverture du drame, comme au grand portail du milieu , Dieu le Père , sur son trône , est entouré de ses attributs qui sont Vérité , Justice, Paix , Miséricorde; et de plus^ dans le drame^ neuf ordres d anges, les uns sur les autres. Là, Dieu prend conseil de Miséricorde, pour sauver les hommes. Ici , pour les juger, il a éloigné Miséricorde : le
ISITBODUCTION. xiij
temps est fini, 1 éternité commence. Au bas , sur la graad'porte , qui par malheur a été remplacée ^ on voyait les tombeaux ouverts , et les morts de toutes conditions en sortir , pour s'élever au tribunal suprême, autour duquel on peut admirer encore aujourd'hui , dans une grande voussure ogive, une innom-» brable quantité de bienheureux et d'anges se pressant aussi vers Dieu , tandis qu'au-des'* sous, à sa gauche, les damnés, déjà torturés par îës spectres épouvantables de leurs crimes , gémissent , car ces pierres parlent. On n'en peut dire autant de la Majesté divine et de ses attributs; l'artiste na pu en approcher. Scrutator Majestatis opprimetur à glo^ n'a, dit le prophète.
Le poète sera-t-il plus heureux ? Voici les vers qu'il prête à Dieu le Père, et par où com?» mence le mystère de la Passion, dans le manuscrit de Valenciennes :
Moj manant (stable) en éternité , Dieu de inattingible éqnité , Je crée ensemble toute chose (i) Par effluxion de bonté.
Lumière cjue à mon gré compose Soit faicte en instant , et sans pose y Spirituelle et corporelle , Première luisant plus que rose , Cest angelicque que jalose , Et fa j toutte intellectuelle.
(i) L*Ét«rii«I est son nom^ le monde est son oarrage, etc.
Raciits, Esther.
Xiv IWTRODÎICTION.
Lux fiai ! Ce début ob&cur et lourd d'où ne sort qu'à peine le trait vif et sublime: Que la lumière soit^ et la lumière Jut! ce début est loin de l'imposante et mystérieuse obscurité du vieux temple. Il y a pourtant là de grandes pensées et un mot regrettable , dont Racine lui-même n'a pas l'équivalent : c'est inattingible , qui peut s'appliquer à tous les attributs de Dieu, auxquels il n'est pas permis à l'art humain d'atteindre. Il est probable , au reste , que ces vers , solennels par leiir obscurité même, étaient entendus avec admiration par un auditoire religieux qui, mieux que nous péut^tre ^ en comprenait les mots essentiels.
Le poète (i) réussit mieux à faire parler les diables, comme nous le verrons dans cette même scène ; et ce n'est pas le seul trait de ressemblance qu'il ait avec l'artiste : tous deux , expression de leurs siècles et de la confusion qui y régnait, chargeant trop leur ouvrage et de détails et d'ornemens , confondant tous les styles, depuis le sublime jus-
(i) J'emploie le singulier, quoique le Mystère de la Passion soit saus doute, comme la cathédrale de Paris, l'œuvre de plusieurs hommes, même de plusieurs siècles. Dés le commencement du XIII* , une scène , citée par l'abbé de La Rue , existait déjà, où les vertus, personnifiées plus haut, eiposent le sujet dans un dialogue anglo-normand, bien informe $anl doute, mais qu'on peut regarder comme une des premières pierres du
£and monument qui nous occupera. A la suite de cette pièce ute se trouve un Cantique, en pins de six cents vers, noB moins informas, wt la Passion.
qu'au burles^piey tt toutes les idées sacrées et fNTofiuiesy se résument pourtant tous deux, xMlgré leurs écarts , le poète au calvaire , larchitecte à la croix, dont son monument même a la forme , mais sans avoir cessé , lui, de nous étonner par la sublimité de sa conception, par Tinnumérable variété , quel* quefois par le fini des ornemens. C'est là qu'il l'emporte sur le poète , dont les grandes beautés , souvent brutes , devront être tirées encore d'un amas de détails ignobles.
Si nous rapprochons nos plus vieux dramatistes de Corneille et Racine, c'est qu'il est un point culminant où les uns et les autres , placés aux deux extrémités de Tart , se touchent néanmoins , par la raison que tout ce qu'il y a de plus vrai , de plus grand en eux sort de la même source.
Sans doute avant d'arriver à la pureté de Racine , nous verrons cette poésie sainte de l'Ecriture , altérée par les temps et les lieux qu'elle a du traverser; et toutefois, de nos drames les plus obscurs, nous pourrons reti* rer de l'or , c'est-à-dire des pensées et des expressions qui depuis long-temps n'ont plus cours, il est vrai, mais d'autant meilleures que^ n'étant pas usées par un long frottement, elles ont conservé leur empreinte, et enrichiront l'écrivain qui saura les placer.
Mais ce vieux langage , pour en apprécier