BÉLIAL
SatbaD , Sathan , rappaise-toj ; Coûte A Lucifer nostre roy Que c'ett que ton eaptit ravit.
Je croj quant je lui auraj dit Que de despit il crèvera....
Tout nostre t^âet destroît tfefa y Nostre renom s'abolira ^ Et bref nous serons destruits tous.
LUCIFER
Satban , qu'y a-t-il ? dis-le nous I
saMiaK.
Une vierge sur terre est n^e ^ '
Si saige et si morigénée , Et en vertus si très parfaicte!...
Je ne croy point qu'elle soit faîcte De la matière naturelle , Comme les autres (i).
LUCIFER
Et que est-elle ?. ..
SATHAK.
• Elle est plus belle que Lucresse , Plus que Sara dévote et saige , C^est une Judic en couraige , Une Hester en humilité > ,
Et Rachel en bonnesteté.
En langaige est aussi bénigne Que la Sibille TîburtiQe. Plus que Pallas a de prudence ; De Minerve elle a la loquence , C'est la non pareille qlii soit ; Et suppose que Dieu pensoit
(i) Ohl le méchant diable i H tfuel coup de griffe î s'écriait uue dame devant qui je l»sai6 ces vers.
RM^hepier tout rbiMoain lignaige Quant il la fist.
La plus sainte des vierges ne pouvait être mieu^t: louée que par cedéototi» Il y a iàone confusion delà fable et de la vérité qui ne va pas mal au caractère et à Yêsmqjr du pauvre diable.
Nous ne suivrons pa3 tous les développemens du rôle de Marie ^ qui était représentée par plusieurs personnes , et qu'on voyait passer successivement de trQi$ ans à buit^ ensuite à treize, eufin au moment où , devenue la mère d'un Dieu, en le voyant couché sur la paille et dans une étable du plus pauvre village de la plus pauvre des provinces, seul refuge qu'elle et saint Joseph aient pu lui trouver, elle bénit les desseins de la Providence , avant d'admettre à la divine crèche les bergers et les rois.
On ne pouvait mieux entrer dans Tesprit de rÉvangîle qu'en nous montrant de pauvres bergers qui , conduits par une inspiration céleste , tiennent les premiers adorer le Seigneur, tandis que trois Mages , qui étaient des sages et des rois , guidés par l'Écriture et par une étoile lumineuse , mais arrêtés par de vains doutes , n'arrivent qu'après. Dans leur suite, il est vrai, se trouve un ergoteur qui , interprétant les prophéties comme les Juifs charnels , ne peut comprendre qu'un Dieu , qui est la grandeur même, ait choisi pour .descendre sur terre les lieux et
l'état les plus humbles. Gomment se figurer, en effet.
Que celaj Roj en terre naisse , En qni gist la pins grant hanltesse Que jamais nul roi puisse aybir.
JA8PAR {un des rois).
Chevalier y voiis avez dict voir {vrai). Vous faîtes très bon sîlogjsme ! '"
C'est ce qu'on aurait pu dire à un poète illustre , quand il adressait à je ne sais quel esprit-fort en falbala ces vers tristement fainéux :
Écoutez , ô prodige! ô tendresse ! ô mystère L..
Le fils de Dieu^ Dieu même , oubliant sa puissance ,
Se fait concitoyen de ce peuple odieux ;
Dans les flancs d'^ine juive il vient prendre «laîssaDce;