LA SECOIYDE FILLE A MARIE
Qui est celle qui pourroit dire Je feraj aussi bel ouvrage Que vous faictes , fille très sage?
H n'en est point de si habille.
MARIE
Tout vient de Dieu ,. mes belles filles , Par quoy bonorer le devons.
Quelle sagesse dans ces réponses I
G)ntemplons les baults faicts de Dieu Qui font l'âme très pure et nette <
On sent, en effet, que l'àme, en s'ëlevantà cette contemplation, s'épure....
Le Fsalmiste répond ici aux critiques qui trou- Teraient le langage de Marie et t^elui du petit Joas^ trop fort pour leur âge : « Dieu fait briller sa
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sagesse dans les plus faibles enfans. » Sapientiam prœstans parvulis.
Certainement^ Racine n'a pas eu connaissance de cet ouvrage.. Il n'en est <|ue plus curieux de contempler^ d'un côté, le plus magnifique de nos poètes prêtant au fils des rois, à leur descendant ÎDspiré^ les rlcheisses de sa diction ; et, de l'autre, celte naïveté qoi plait tant dans l'enfence, et dans reijiance. aussi de notre langue, dont le bégaie^ ment semble ici se confondre avec les mots charmans de la sainte et petite Vierge. Dans le grand vers racinieif , la pensée se déroule avec magnificence, tandis que, dans ces petits vers de huit pieds , emmaillotée , polir ainsi dire , elle semble paîfois n'en pouvoir sortir tout entière.
Aussitôt après l'angélique entretien de Marie et de ses compagnes , Satan , qui sans doute l'a entendu, Satan inquiet et les regards blessés de cette clarté si pure, yient nous^ofirir un nouveau contraste, et se précipitant du fond de son abime sur la scène :
Djables tout plains d'enragerîe ,
Ëspritz où est forcenerie....
Hau ! Lucifer, prince des djables ,
Appelle les esprîtz semblables
A ceulx qui font maux^ innombrables ,
AIEn de m'oster bors d'esmoj.
LUCIFER
Et qu'y a-t-il , Satlian ?