‹ Études sur les mystèresChapitre 23 sur 77 · LA SECOIYDE FILLE A MARIE · texte numérisé non relu

LA SECOIYDE FILLE A MARIE

Qui est celle qui pourroit dire Je feraj aussi bel ouvrage Que vous faictes , fille très sage?

H n'en est point de si habille.

MARIE

Tout vient de Dieu ,. mes belles filles , Par quoy bonorer le devons.

Quelle sagesse dans ces réponses I

G)ntemplons les baults faicts de Dieu Qui font l'âme très pure et nette <

On sent, en effet, que l'àme, en s'ëlevantà cette contemplation, s'épure....

Le Fsalmiste répond ici aux critiques qui trou- Teraient le langage de Marie et t^elui du petit Joas^ trop fort pour leur âge : « Dieu fait briller sa

MTSTàttBS* igS

sagesse dans les plus faibles enfans. » Sapientiam prœstans parvulis.

Certainement^ Racine n'a pas eu connaissance de cet ouvrage.. Il n'en est <|ue plus curieux de contempler^ d'un côté, le plus magnifique de nos poètes prêtant au fils des rois, à leur descendant ÎDspiré^ les rlcheisses de sa diction ; et, de l'autre, celte naïveté qoi plait tant dans l'enfence, et dans reijiance. aussi de notre langue, dont le bégaie^ ment semble ici se confondre avec les mots charmans de la sainte et petite Vierge. Dans le grand vers racinieif , la pensée se déroule avec magnificence, tandis que, dans ces petits vers de huit pieds , emmaillotée , polir ainsi dire , elle semble paîfois n'en pouvoir sortir tout entière.

Aussitôt après l'angélique entretien de Marie et de ses compagnes , Satan , qui sans doute l'a entendu, Satan inquiet et les regards blessés de cette clarté si pure, yient nous^ofirir un nouveau contraste, et se précipitant du fond de son abime sur la scène :

Djables tout plains d'enragerîe ,

Ëspritz où est forcenerie....

Hau ! Lucifer, prince des djables ,

Appelle les esprîtz semblables

A ceulx qui font maux^ innombrables ,

AIEn de m'oster bors d'esmoj.

LUCIFER

Et qu'y a-t-il , Satlian ?

Page 1