BALTAZAR
Cela ne m*arrestera pas.
, MTSTèRES. igg
Un prouveibe dit (que j'appreuve) Qne celuy qui bien quiert, ,bie»treave.
a Frappez et Ton vous ouvrira. » Ce mot de l'Évangile est ici i*ajeuni par la naïveté de l'expression^ plus saillante encore dans la bouche d'un roi.
Quelquefoill'auteur ajoute à son sujet des détails qxii ne manquent ni d'imagination ni de moralité : par exemple, Hérode , pour que le Messie ne pût lui échapper, ayant ordonné le massacre de tous les enfans de son âge , apprend que par une trop juste méprise son propre fils a été victime dç son arrêt barbare (i).
Quand ce même Hérode est abandonné sur un lit de douleur à ses remords, on voit à son chevet deux diables qui lui présentent un couteau, en lui conseillant de s^en servir pour se délivrer de la yie. A peine a-t-il cédé à cette infernale inspiration que tous les diables s'emparent de son âme et Tont la porter dans l'enfer; et tandis qu'il y est livré à des tourmens effroyables, on entrevoit sur la terre les funérailles magnifiques qui lui sont préparées. Ce rapprochement en dit plus que tous les discours.
Quelques peintres semblent avoir emprunté à
(i) Aaguste ne regardait pas âe meortre comme une méprise^ qnand il disait, an rapport de Macrobe, qu'il valait mieux être le pourceau que le fils d'Hérode, melius Herodis porcum esse quàm/ilium.
aOO MTflTiRES.
notre vieux théâtre ces doubles scènes ; mais il est rare qu'elles soiftit aussi heureusement liées que œlks d'un ancien tableau qu'on voit an Lonyre y et dans lequel Aman accusé par Eather deyant Assuérus, quoiqu'assis encore à la table du roi^ 9 travers ses honneurs, aperçoit déjà en perspectirè; ainsi que le spectateur , la place ef le fiital gibet; terme et châtiment de ses crimes.
MTSTSRRS. 20 ï