‹ Études sur les mystèresChapitre 35 sur 77 · JÉROBOAM · texte numérisé non relu

JÉROBOAM

Mostre roy n'est ni nostre prince , Et n'avons ^i rpy , ni seigueur > Fors César , le grant empeveur, A* qvii devons tous ttbéir.

Et quel était Iç grant empere^ir que ce peuple j aveugle préférait au Juste des justes qui Tenait l'arracher à l'esclavage? Quel? Celui qui fit pe-

MYSTÈRES. tt43

ser le joug le plus honteux sur la race humaine ; celui qui la méprisa le plus ; celui qui disait , en sortant du sénat : Peuple né pour la servitude! Tibère^ en un mot.

Pilate, pour inspirer quelque pitié aux ennemis de Jésus, l'a fait ignominieusement flageller : tout son corps n'est plus qu'une plaie. Comme il en peut à peine soutenir les débris , on l'attache à l'infâme poteau; on le reyét, par dérision, de la robe des rois; on lui donne pour sceptre un roseau , et l'on enfonce sur sa tête une couronne d'épines. Sa face auguste est couverte de sang et de crachats. En butte à tant de barbarie et d'outrages, il se tait, comme l'agneau qu'on va immoler. Ses plaies ayant collé son habit à sa peau , un des bourreaux dit, en le dépouillant :

Ce semble un mouton qu'on escorche , La peau s'en vient ayec l'habit.

Pilate le montrant alors à ses ennemis, prononce ces mots fameux : Ecce homo, qui, avec le déchirant spectacle dont ils sont le sanglant résumé , produisaient sans doute sur nos pères un effet d'autant plus profond que les bourreaux de la sainte victime en demeuraient plus implacables. Un d'eux ose reprocher à Pilate d'être encore trop mixte. Le prévôt, sensible à ce reproche et à la crainte de déplaire à l'empereur, crainte qu'il exprime avec une naïveté qu'on

a si justement admirée dans le beau-père de Po« Ijeucte, le prévôt se dit à lui-même :

Pour rien je ne vueil offenser

César , ne luy désobéir.

Item , si je me fiais haïr

A ces seigneurs , ils trouyeront

Moyen qui me déposeront ,

En me reprenant d'Injustice ,

Et feront perdre mon office.

Parquoj j'aime mieolx, tort ou droit,

Le juger, car mal m'en yiendroit

Quelque jour ^ je vois bien que c'est (i) î

• ( Il s'assict en U haolte chaire.) Or çà , seigneurs , puisqu'il vous plaist Que je face ce jugement , Pour l'amour de vous seullement , Volontiers en prendraj la charge...

Mais pour laver ma conscience.

En signe de mon innocence , Devant tous veuil laver mes mains , A la coustume des J^mains ; Car de sa mort acteur ne suis , Et mes mains bien laver en puis.

De son sang me tient net et monde {pury

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