‹ Études sur les mystèresChapitre 45 sur 77 · LE MARQUIS · texte numérisé non relu

LE MARQUIS

Que diable fait-ii;

C'est HkonaioM Je p}^ ipufeîlq, A mon gré , que je vis jamais.

« Savefis-vous (continue un de ces hommes utiles) qu'il vie^ift dedonnet? line parue de son wsna-

MTSTBRBS^ «igS

téaii à on yieil coquin que Vdus aVet tu grélotant à la porte dt la rille? — Il esl fbu I il est fou! »

Lorsqtie nés sages voient àrriTer le fou presque salis manteau^ ils vous le drapenidè la belle façony comme ils diraient ai^oUrd'hui :

Le duc (a Martin), Chevalier, vokz-vons toujours Ghevaulcher ainsi laschenent?

tX, GOMtB.

Je croy qu'il pence à ses amours.

LE Marquis.

Déspéchez«vous légièrement.

LE DUC

le iA'èsllakis t)Éi*riMetiient Gomme cueur avez si volaîge D'avoir ^sié si meschamment Ce manteau , n'esse grant dommaîge ?

LÉ CÔHTE.

Bi^iî monstrei que pas fi 'estes saige.

BllNt BtA&TIll.

Mes amjs ^ cessez cfe langaige , Car avoir perdu ne le pence.

LE Marquis. '

Beaux seigneurs , laissons ce baigaige , Parloy {selon lui) faisons trop grant deispehce.

On voudrait voir ici ces hommes durs liUmiliés; on voudrait que , tombés dans un grand danger^ ils n'y montrassent que leur trouble, tandis que rhomnte inutile et à guerrojrer peu hdbih , les sauverait par son sang-froid. Mais ce n'est pas là la marche de l'auteur, qui suit pas à pas la vie de

àQÔ MTSTk&ES.

son héros. Il Jie fait loger dans une auberge (i)oà, pendant son sommeil , Jésus lui apparaît reyétu d'un manteau dont il a donne la moitié au pauvre. Cette vision le porte a se faire baptiser. C'est ainsi que la première des vertus chrétiennes , la cfasH rite, conduit à la foi.

Tout cela est beau , mais l'ouvrage est loin de se soutenir. Fécond , comme la vie du saint , en vertus modestes et en longues prières , il paraitrait aujourd'hui peu intéressant. De soldat devenu évéque, Martin prêche son père et sa mère. 11 ne fait qu'irriter le premier^ mais il convertit la seconde. Ses débats contre les Ariens sont Ëitigans , mais ils pouvaient intéresser à une époque où tant de discussions théologiques occupaient les esprits.

Un des discours du saint, qui, quoique mal écrit, est du moins en situation , c'est celui qu'il tient à des voleurs entre les mains de qui il est tombé en traversant une forêt , et «qui sont sur le point de le massacrer. Ils l'ont attaché k un arbre, mais ils n'ont pu enchaîner sa parole; il s'en sert, et demande d'abord au plus acharné, pendant que les autres se sont retirés , ce qui peut l'engager à immoler ainsi des innocens : le brigand répond avec une effrayante naïveté :

(i) be nombreuses auberges en Picardie portent encore aujourd'hui l'enseigne du Grand Saint-Martin ; et la porte qui, de Paris, nous conduit dans cette province, a conservé un nom cher à l'humanité.

MTSTÈASS. ^7

Par la mortbiea ! je ne &filx point » . Quand je les tiens, de les abattre.

Et n'en eussé-je qu'ung pourpoint , . . Aujourd'hui trois et demain quatrç.*

Mais 9 lui dit saint Martin ^ ne crains-tu pas (l'être repris?

LE YOLEUR.

Je suis seur que se j'estois pris Et appréhendé de justice , Vu le mestier que j'ai apprîa, Qu'on feroit de mon corps office.

C'est moins à ton corps que tu dois pcdiser, lui répond le saint^ qu'à ton âme ; cette âme que tu as reçue du ciel pour l'orner de vertus^ en quel état la présenteras-tu au jug^ d'en-haut, à ce ^add hôte? Crois-tu n'ayoir point à compiler aVec lui ?

Frappé des paroles du si^int , le brigand commence à réfléchir et se dit à lui-même :

Hdlas ! trop me auia dâicté A faire des maux essécrables , Dont après ma charnalîté S'en yra à tous les grans diables.

O appétis désordonnez , En^enfer vous serez dampnez!

SAINT XABTIN*

Mon amj- , ne vous condampnez , Dieu est plain de miséricorde.

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