‹ Études sur les mystèresChapitre 54 sur 77 · LE CONTE · texte numérisé non relu

LE CONTE

Sire , j'aj ma faulte congneae Et l'offence que j'aj commise , Faisant contre vous entreprise.

Je m'en repens. Â vous me donne , Gueur , corps et biens habandonne Pour vous servir et nujt et jour.

LE BÔT.

En signe de paix et d'amour, Je vous vueil beser à la bouche.

LE GONTÈ DE CHAIH^AIGNE.

' Prince esproavé comme or en touche , Très bon , très juste et très puissant , En toute vertu florissant , Jamais ne vous seray contraire.

11 tint parole. Le$ autres seigneurs ne F imitèrent point en cela; après une feinte soumission^ ils tentent de s'emparer de la personne du Roi ^ qui, informé de leur complot^ dit douloureusement :

Las ! je voy Que fidélité n'a plus lieu.

Pensent-ilz point qu'il soit ung Dieu Qui a pouvîr sur tous les hommes , Et que par lui esleuz nous sommes ?... Hellas ! je ne pense point Leur avoir meffait.

Au moment d'être pris par ses deux ennemis qui ont réuni toutes leurs forces (tous ces faits sont historiques), il se retire , de l'avis de Bon-

conseil 9 dans le château-fort de Montlhéry, d'où il envoie un héraut à Paris pour y demander du secours.

Nous passons au palais de la Reine ^ à Paris. Blanche , seule , pense à son fils , aux dangers que lui font courir ses implacables ennemis ^

Envyeux , comme on peult savoir , Qui tascLent tous les jours d^avoir Du royaulme gouvernement ; Mais je sçjaj que piteusement Il seroit gouverné par eux.

Ainsi parle la Reine , quand le héraut est introduit. Il lui apprend les dangers que court le Roi. Blanche^ effrayée, regrette que Bonconseil ne soit pas là pour la guider. Bonconseil , se présentant, dit ingénieusement à la Reine :

Je ne suis guère loîng de vous.

LA, EOTNE.

Las ! Bonconseil , comme auronswious

La sacrée magesté rojalle

En ceste cité principalle ?

C'est Paris qui lui veult complaire;

SONCONSEIL.

Il fault avoir le Popullaire, Qui Tira quérir où il est.

LE POPULLAIRE.

Soiez asseur que je suis prest De partir pour l'aller quérir , Car je doy le Roj secourir En son besoing , c'est la raison.

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