LE CONTE
Sire , j'aj ma faulte congneae Et l'offence que j'aj commise , Faisant contre vous entreprise.
Je m'en repens. Â vous me donne , Gueur , corps et biens habandonne Pour vous servir et nujt et jour.
LE BÔT.
En signe de paix et d'amour, Je vous vueil beser à la bouche.
LE GONTÈ DE CHAIH^AIGNE.
' Prince esproavé comme or en touche , Très bon , très juste et très puissant , En toute vertu florissant , Jamais ne vous seray contraire.
11 tint parole. Le$ autres seigneurs ne F imitèrent point en cela; après une feinte soumission^ ils tentent de s'emparer de la personne du Roi ^ qui, informé de leur complot^ dit douloureusement :
Las ! je voy Que fidélité n'a plus lieu.
Pensent-ilz point qu'il soit ung Dieu Qui a pouvîr sur tous les hommes , Et que par lui esleuz nous sommes ?... Hellas ! je ne pense point Leur avoir meffait.
Au moment d'être pris par ses deux ennemis qui ont réuni toutes leurs forces (tous ces faits sont historiques), il se retire , de l'avis de Bon-
conseil 9 dans le château-fort de Montlhéry, d'où il envoie un héraut à Paris pour y demander du secours.
Nous passons au palais de la Reine ^ à Paris. Blanche , seule , pense à son fils , aux dangers que lui font courir ses implacables ennemis ^
Envyeux , comme on peult savoir , Qui tascLent tous les jours d^avoir Du royaulme gouvernement ; Mais je sçjaj que piteusement Il seroit gouverné par eux.
Ainsi parle la Reine , quand le héraut est introduit. Il lui apprend les dangers que court le Roi. Blanche^ effrayée, regrette que Bonconseil ne soit pas là pour la guider. Bonconseil , se présentant, dit ingénieusement à la Reine :
Je ne suis guère loîng de vous.
LA, EOTNE.
Las ! Bonconseil , comme auronswious
La sacrée magesté rojalle
En ceste cité principalle ?
C'est Paris qui lui veult complaire;
SONCONSEIL.
Il fault avoir le Popullaire, Qui Tira quérir où il est.
LE POPULLAIRE.
Soiez asseur que je suis prest De partir pour l'aller quérir , Car je doy le Roj secourir En son besoing , c'est la raison.