‹ Études sur les mystèresChapitre 60 sur 77 · LE ROT · texte numérisé non relu

LE ROT

Youlontiers l'auras , Pourvu que te baptiseras.

...*.. V * Soyes Chrestien i Je te donneray plus de bien En mon royaulme que tu n'as.

LES ADHIRAtTLX.

Par Mahommet ! je ne vueil pas Ëstre Ghrestien.

LE ROf.

De par moy Ne seras donc point , par ma foy^ Fait chevallier.

Voilà bien le plus fier Chrétien que nous

(1) Mais le cœur d'Emilie est hors de ton poDToir.

CoRirirLLK , Cinna.

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vùnes jamais , disait un de ses ennemis étonnés^ Et qu'on n'oublie pas la position où se trouvait le roi de France quand il gardait ainsi son caractère^ et qu'il donnait du nôtre une si baute idée aux Musulmans. L^auteur n'ayatt pas* besoin de le faire menacer par un personnage fictif. De vrais Turcs, ulcérés par leurs pertes, étaient là, tenant sur la gorge du prisonniler^roi le glaive suspendu.

Je retrouve cette scène historique dans une tragédie latine du père Baudpry , intitulée S. Ludoificus in vincuUsf et imprimée en 1750. Cet ouvrage remarquable fut joué cinq ans après , au collège des Jésuites, à Yalenciennes, à une distribution de prix , dont j'ai sous les yeux le pro^ gramme, imprimédanscette ville, chez J. B. Henry,

Parmi les dramatistes français qui , depuis , ont traité le même sujet, M. N. Lemercier a fait ressortir, dans le dialogue suivant entre le soudan d'Égjrpte et Saint-Louis, la grande distinction qui sépare les deux religions : d'un coté , la force brutale, ou la chair, Mahomet; de l'autre, l'esprit ou le Christ :

L'un , de tous ses rivaux fut rexterniinaleur. •^— L'autre , des affligés le doux consolateur.

— L'un promet à nés sens d'éternelles délices.

— L'autre ravit notre âme à d'étemels supplices.

— Il nous cache la mort, s'il ne peut nous sauver. •> — Il nous montre la mort y et nous la fait braver.

HtSTÈRKS. 339

«— Il fait les rois du monde.--<«Aux cieux il nous couronne. — Il commande. — Il conseille. — Il punit. — ^11 pardonne.

Louis, mis en liberté avec ses prélats et ses chevaliers , leur propose de visiter à pied les lieux slEiints. Us y consentent. Suivons-les , en laissant de côté les scènes étrangères où Fauteur nous distrait, comme pour donner à nos bons pèlenns le temps de cheminer. Les voilà arrivés devantCana. Arrêtons-nous à cette première station, où JésUs fit son premier miracle.

LES PRELÂTZ.

Sîre , réjouyr vous devez , Car tant avez fait de chemin Que au lieu oii Dieu fist d'eau vin Estes arrivé aujourd'huj.

LE Ror. J'en loue et remercie celuy Qui tout scait , tout congnoist et peult.

CHETALtBRIE.

Tout le cueur au ventre me meult De la joye que j'ay d'y estrc.

C'est en effet, comme nous le vojrons dans JoinvîUe, le sentiment qu'éprouvaient les Chrétiens en visitant ces lieux, objets de tant de sou-* venirs.

Hommage aux voyageurs, aux écrivains illustres qui, de nos jours surtout, ont réveillé en nous ces hauts sentimens I

Les prélats montrent à Louis d'autres lieux encore , avant d'y arriver :

Yelà la monUigiic Tabor Où la iransfiguraclon Fut (le Jhcsiis.

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