‹ Études sur les mystèresChapitre 61 sur 77 · LE ROT LOTS · texte numérisé non relu

LE ROT LOTS

Devocîon DcYons avoir à ce saint lieu , Quant Jésucrist , le iilz de Dieu , Y inonstra sa divinité Aux apostres et aux prophettes.

Les derniers malheurs ne tardent pas de frappe»^ le saint Roi. U apprend successivement que les Anglais menacent d'envahir la Normandie; que la régente, sa mère, l'illustre Blanche > si digne de gouverner la France en son absence^ est morte; qu'enfin les Turcs, aussitôt son départ, au lieu de rendre à la liberté , suivant les conventions , les. prisonniers chrétiens, les retiennent, et exercent sur eux les traitemens les plus barbares. Quelle est la douleur du bon Roi de ne pouvoir aller aussitôt les secourir, de se voir forcé d'ajourner ses projets sur l'Orient , et de se rembarquer pour la France !

Quelque fermeté que la reine Blanche eût mise dans le gouvernement du royaume, elle n'avait pu empêcher tous les excès. Outre ces bandes de vagabonds qui, sous le nom de pastoureaux et sous le prétexte d'aller au secours du Roi , rançonnaient les campagnes , d'autres mauvais sujets exerçaient dans les villes toutes sortes de vexations sui> le peuple, et trouvaient dans la yéwàr

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Htë de la justice4' impunité de leurs méfaits. Un pouYoir exorbitant était délégué au prév6t de Paris ^ çt malheureusement, comme l'observe Joinville, a la préyosté estoit lors vendue....; et « quant il avenoitque aucuns Tavoit achetée, si « sonstenoit leurs enfans et leurs neveus en leurs « outrages (en leurs excès); car les jouvenciaus « avoient fiance en leurs parens et en leurs amys « qui la prévosté tenoi.ent^« , . Le R,ay fisit eqquerre « par tout le royaume et par tout le paysi où il « pourroit trouver homme qui feist bonne et u roide justice, et quin^espargi^ât pas plusle riche* « homme que le povre. Si li fu enditié {infliqué) i< Estienne Boilyaue , lequel maintint et garda si u la prévosté , que nul mal faicteur n'osa demou- « rer à Paris qui tanto^t ne fèust pendu ou des- (c truit; ne parent, ne lignage, ne or, ne argent a ne le pot garantir. »

Nicolas Boileau , grand-préifôt du Parnasse , sous Ijouis T^IV, et Teffroi des mauvais auteurs , descendait de cet Etienne dont nous allons voir deux actes d^une roide justice ; hien conformes aux derniers mots de Joinville, mais qu'aucun ancien chroniqueur n'a cités. Se trouvent-ils dans un manuscrit inédit d'Étîennie Boileau, mentionné dans le VP vol. de V Histoire Moderne de M. Guizot? C'est ce que je n'ai pu vérifier.

De quelque manièix que Gringore ait eu connaissance de ces faits, il va nous les exposer

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avec tous le» caractères de la vérité qui distin-p guent son ouvrage et qui doivent le rendre extrêmement précieux.

Une veuve^ aoccH'e jeune^ a un fils que, malgré tous ses écarts^ il faut uimer trop plus, dit-elle (i). A peine ose^t-elle ainsi se plaindre à lui de ses chagrins;

Toutes les foys <jue me recorde Des mauh que tu me fais , mon filz y Mes membres sont Ions desconfis...

A suyvre folle comp^dgnje y Guyde-tu qu'il t'en prenne bien ?

LE FIliZ.

Paix , paix ! vous n'y entendez rien.

YouUez-vous que bigot je soje, Et que le monde point ne voie ?

Pardieu ! vous la me baillez belle !

Tenir me vouliez en tutelle , Pour ce que vous estes ma mère.

L'auteur peint ici fort bien un de ces en/ans sans souci qu'il n'avait que trop vus , quand il était des leurs. Tous ces vers sont pleins de naturel (littérairement), et le plus comique est jeté le dernier.

( I ) Trop plus exprime bien l'excès d'un sentiment où la mesure est de n'en pas avoir, où il faut aimer trop pour aimer assez, soit dit en langage d'amant, de mère, et aussi d'enfant gâté (je demande pardon aux dames du rapprochement) : un de ces petits gourmands, déjà gprgé de bonbons, s'écriait : « J'en veux encore, moi! — £t combien en veux- tu? — Ten veux TROP, làl » C'est le mot de toutes les passions.

Ta as jà la part ^ too père Mangée. . . .

J'ai connu un de ces vauriens qui n'avait rien ap^ pris et ne voulait rien faire. Il avait pourtant arrangé^ en variations, les com^nandemens de Dieu :,

Tes père et mère volerçs.

Afin de vivre hormétemerU y

(lisait-ily et il le faisait. Poursiuivons. :

Tu hantes ruffiens et paiUatfs , Pippeurs et jouevrrs ie bâum Où il n'y a sens , ne ratson.

Je t'ai racketté de prisoQ Par plusieurs fojs.

On vous tirait donc aussi de prison , moyennant finance^ Le bon temps!... pour messieurs les n-

LE FILZ

Le djable y ait part !

Tousjoars me tencez tostet tari, Ainsi qu'on feroit d'ùp novice.

LA MEBE.

Si tu es repris de justice ,

Je mourray de dueil , par mon âme.

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