Études sur les pagi de la Gaule
Ce n'est pas une étude sur les pagi de l'antique civilas Remontra que nous offrons aujourd'hui a nos lecteurs. La vaste étendue de pays jadis occupée par les Rémi, et soumise d'abord à l'autorité spirituelle d'un seul prélat, fut démembrée vers la fin du Ve siècle par saint Remy, qui en détacha le comté de Laon, ainsi que le dit expressément Hincmar1, pour former un nouvel évêché, suffragant de celui de Reims. Le diocèse de Reims, tel qu'ilsubsista depuis saint Remy jusqu'en 1790, offre donc l'image de la civitas Remorum privée du comitatus Laudunensis, et ce sont les divisions du diocèse de l'époque franque que nous nous proposons d'étudier dans le présent mémoire.
Depuis longtemps déjà, l'attention s'est portée sur ce sujet. Le savant Adrien de Valois, qui avait compulsé tant de textes, n'ignorait aucune des divisions géographiques dont nous allons entretenir nos lecteurs. Cet auteur énumère les pays compris, suivant lui, dans le diocèse de Reims du xvnc siècle dans l'ordre suivant : le Rémois, le Dormois, le pays de Voncq, le par/us Castrensis, le pagus Stadune?isis, le Porcien, le Mouzonnais, le Réthelois, pays plus moderne5'; la Thiérache, la Montagne, l'Argonne, et autres dont il ne donne pas les noms 3. De ces divisions, nous n'avons à étudier que les pagi, c'est-a-dire les divisions civiles antérieures au xic siècle ; nous devons donc exclure de notre cadre la Thiérache, la Montagne et l'Argonne qui n'ont presque toujours été que des régions naturelles ; quant au Réthelois, que Valois reconnaissait ne pas avoir coexisté
1. Voyez le passage de cet auteur cité dans notre premier fascicule, p. 23, noie 2.
2. Reitestinus, pagus recentior. Telles sont les propres paroles de Valois.