Papyrus Sallier I, p. VI, 1. 9 - p. VII, I
4. Papyrus Sallier I, p. V, I. 11— p. VI, l. 9 , Papyrus Anastasi V, p. XV, L 6- p. XVII, 1.3.
ta farc aux travaux de» champs. ictj tu reviendrai aux écritures saintes.' Ne t'es-tu pas en effet retracé la condition du cultivateur? Dès avant la moisson, les vers emportent la moitié des grains, les pourceaux mangent le reste : il y a des rats nombreux dans les champs : les sauterelles s'abattent, les bestiaux dévorent, les oisillons pillent ; si le cultivateur néglige ce qui reste sur l'aire, les voleurs l'achèvent. Le lien des instruments de métal s'use ; 2 l'attelage se tue à tirer la charrue. Le scribe de la douane est sur le quai à recueillir la dîme des moissons ; les gardiens des portes avec leurs bâtons, les nègres avec leurs lattes de palmier [crient : « Ça, des grains.» S'il n'y en a pas, ils le jettent à terre tout de son long: lié, traîné au canal, il y est plongé la tête la première. :< Tandis que sa femme est enchaînée devant lui, [et que! ses enfants sont garottés, ses voisins les abandonnent, et se sauvent pour veiller à leurs récoltes. |I1 n'y a] que le scribe: lui, il prime tous les autres. Celui qui
1 . La traduction do ce passage m'a été suggérée par M. Grébaut, élève de l'Ecole des H6m Etudes.
2. Goodwin : «< La pioche de fer s use.» \Les Papyrus hiv ra fit/tus, 2P livr., p. Il; trad. Chabas.) M. Brugsch a rétabli le sens de cette phrase
{Dictùmnaire, *. r. i^> S jj^, | )f \t dàtjnxn.)
•l. Goodwin. «Non est à repousser eux dehors» (/>«■* Papynut hit'ratiqtit-t, 2e livr., p. 1<>( ; «et l'on ne peut les repousser.» {Id. p. 22.) Le
pert'i (Agynu AmtêUm V, p. XVI, 1. G — 7). M. Goodwin rapproche le le mot <^>Ck pers'-t du copte nuipuj, êxtenderê , rs-
fMwcfer», et avec raison. Mais l'analogie de composition qu'il croit reconnaître entre <JL>L"x em-pvrt'-i, littéralement in sol-
vmdo , et le copte jùi-Êio'A txtra , fonts , ne me satisfait pas. Je pense qu il faut traduire: «Us traînent le laboureur, <•« F étendant» i. e. «tout de son long.» Pour la seconde partie de la phrase les deux versions ne concordent pas. Saliier I, pl. VI, I. 7, porte \ ^ ^ ^ [1 ^ ^
Ci -si O iv*»*
nent la tôte la première» ; Anastasi V, pl. XVI, I. 7— h <g\ fl@*w*A eni zabgùzùqà, «il est jeté à l'eau, la tète la première.»
n'échange pas les travaux mannels pour les études littéraires, ne fait jamais son profit.1 Sache le bien.» Le tableau n'est pas riant : travailler sous le dur soleil d'Egypte, s'exténuer à remuer la terre, à creuser des rigoles, à semer, à herser, à récolter, à battre le grain, pour en arriver à mourir de faim ou sous le bâton, tout cela n'avait rien de bien engageant. Le jeune homme, plutôt que d'y aller voir, en croyait son maître sur parole et renonçait à ses idées de vie champêtre, mais sans embrasser franchement l'étude des lettres. L'éclat des armes, le bariolage des vêtements, l'aspect saisissant des marches, en un mot, cet appareil théâtral qui partout enveloppe et cache les misères de l'état militaire, attiraient ses yeux et tentaient son imagination. C'était le moment des grandes conquêtes et des expéditions lointaines, partant des fortunes rapides : le fils d'un batelier s'en allait simple soldat et revenait général.2 Ceux de nos conscrits qui sont gens d'imagination peuvent se figurer qu'ils ont an fond de leur giberne le bâton de maréchal et la grand croix de la Légion d'honneur. L'étudiant égyptien rêvait aux grandes razzias sur les rives du Haut-Nil, au pillage des cités asiatiques : il voyait passer vaguement devant ses yeux des troupeaux d'esclaves chargés de poudre d'or, de plumes d'autruches, de dents d'éléphants, d'armes rares, de vases précieux ; il se demandait s'il n'aurait pas lui aussi, le droit de porter l'arc, de commander à des soldats et de remporter des victoires. La flèche d'un Syrien ou la massue d'un nègre pouvaient l'arrêter au milieu de sa course : mais s'il échappait aux dangers de la guerre, quelle fortune et quel avenir! La richesse assurée, une
1. Goodwin «L'occupation du scribe prime toutn autre espèce de travail ; il ne regarde pas les lettrps comme un travail ; il n'y a pas de taxe sur lui.» {Papynts hiératiques, 2P Ut., p. 22.) La dernière phrase est très
obscure. Sallier I. porte }flj .P j " h'esbi-u-tt-ew «celui qui «
estimé, les travaux manuels à légal des lettres» J^f^*^ em $e%àû;
Anastasi V, «Celui qui n'échange pas (?) "'fl fl { , t , an h'etra-u
les travaux manuels contre em) les. lettres, ne fait pas de profit,
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an du eiu-tlûà-ic *'«>-/-«, m.-à-m., point n'est avec lui utilité, profit.»
2. Voir dans le Mémoire sur Ah'mèê de M. de Rougé. et dans Brugsch, Histoire d Egypte, p. 60, la curieuse histoire $ Alïmès-se-Abna.
dans Thêbes à l'ombre sacrée du temple d'Ammon. une villa peinte, au bord de quelque canal bordé de palmes, le collier d'or de la vaillance, 1 et, peut-être, qui sait ? digne couronnement d'une longue existence bien remplie, la permission de garder ses sandales dans le palais du roi ! 2 II n'en fallait pas tant pour le décider. Il voulait endosser le harnais, partir pour les pays lointains, monter & l'assault des villes syriennes, se mesurer corps à corps avec les plus braves d'entre les X'îtas
Mais son maître : « Pourquoi dis-tu que l'officier d'infanterie est plus heureux que le scribe ? 3 — Arrive, que je te peigne le sort de l'officier d'infanterie, — l'étendue de ses misères! — On l'amène, tout enfant,4 — pour l'enfermer dans la caserne:"' — une plaie qui le coupe se forme sur son ventre, — une plaie d'usure est sur son œil, B — une plaie de déehirure est sur ses deux sourcils; — sa tête est fendue et couverte de pus ?).7 — Bref, il est battu comme un rouleau de papyrus, — il est brisé par la violence. — Arrive, que je te dise sa marche vers la
1. Voir dans les Denkmiiler, Abth. III, 97 a. le tableau où le roi hérétique X'd-n-Ati'n fait donner Cor au fonctionnaire Mèri-Rd, et l'inscription à'Ah'mès-se-Ahna, 1. 19-20.
2 «le Rougé, Recherches sur les monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties dr Manèthoti , p. 128.
3. Ceci est la version du texte Anastasi IV , le texte Anastasi 111 donne la variante: ^« ® ^^^•Q °
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n-ek «e/ùti pen en zodhlna zod — a/ diUt-k h'er-k er arse/à—nozrm qim ««'/à, que je traduirai : «Quand te sera apporté cet écrit de communication, — applique-toi à devenir scribe ! — heureux est trouvé le scribe ! »
4. Anastati III: «petit enfant avec la tresse» de cheveux, parure des enfants en bas âge.
5. Anastasi III coupe ce membre de phrase en deux : « on 1 amène tout enfant — on l'enferme dans la caserne.* Le mot que je traduis caserne
est écrit ^| *àp*9à dans Anastasi III et f^f ^
ùgàpû dans Anastasi IV.