‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 128 sur 354 · Papyrus Anastasi III, p. VI, I · texte numérisé non relu

Papyrus Anastasi III, p. VI, I

brunis, leurs grands corps blancs, ornés de peintures et de tatouages. Puis, c'était un succès remporté sur les X'îtas ou la prise d'une place forte Mageddo, Kadesh , Halej) , Carchêmis, entrepôts du commerce syrien. Le défilé recommençait aux fanfares du clairon, et aux roulements du tambour; les acclamations de la multitude et les chauts des prêtres accompagnaient sur tout son parcours le cortège triomphal du Pharaon. Mais, la première ivresse passée, les classes populaires, épuisées par trois siècles de guerres incessantes, écrasées sous le poids des corvées et des impôts, retombaient dans leur découragement habituel : les classes élevées raillaient le soldat et tournaient ses souffrances en ridicule. Cet ennui du succès, ce dégoût pour les victoires sanglantes et chèrement payées nous expliquent bien des points obscurs de l'histoire d'Egypte et furent pour beaucoup dans la chûte rapide de l'édifice si laborieusement élevé par les princes de la X Vil I" et de la XIXe dynasties.

Si nous avions encore toutes les pièces de ce genre qu'ont écrites les scribes de l'époque des Kamessides, nous posséderions une véritable galerie de tableaux on les métiers du monde antique seraient peints au vif avec leurs ridicules et leurs misères de chaque jour. Par malheur, les textes relatifs au fermier et au soldat sont à ma connaissance les seuls portraits détaillés qu'on ait trouvé jusqu'à présent. Peut-être pourrait-on y ajonter le fragment d'une lettre d'Entià, si mutilée qu'on n'a pas songé à l'étudier jusqu'à présent et qui paraît décrire la vie du pêcheur et du chasseur. « L'oie s'abat sur l'| étang, — le flammant dans les joncs (?) — Les pécheurs descendent au bour^ de Zaleh'û — |oiV le courant produit des tourbillons. — Les jeunes gens [y] font leurs comptes, — et ouvrent l'huile qu'ils ont gagnée. — La barque aborde, écartant — les tiges de roseaux sur le quai — des roseaux. — L'hippopotame fuit dans i les joncs : — le crocodile ' se couche dans les flaques: — l'eau miroite.»' Après avoir dépeint en une série

1. Anastati IV, pl. I, 1. I ssq. Les deux premières paves $ Anagtatri IV sont presque entièrement détruites. De la première, il ne reste plus que la lin des huit premières lignes. Voici ce que j'y lis et les restitutions qu'on peut y faire. Le lignu I renfermait le titre que je rétablis d'après

la formule connue. ["^^ |1 Jj ~ \ j j

de vers, trop incomplets pour qu'on puisse les restituer et les traduire, les mœurs des pêcheurs et l'aspect du Nil, Ennà s'attache aux habitudes des chasseurs : « Le ! chasseur] de l'Occi-

.] « ne/a Anna 0*1 retipe-t ihi-t

le scribe j au scribe £una ou l'an l,

Z m Milité;

abd-rttrthS] s'einti Jià [mût driàti] h'etrra - M n

4r mois lie 6" einti, jour 15*">« « les revenus de

/*i Ami - u a - n - rw lïâpï %

ta fête.* Ainsi JU-U le Nil ?

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.... M et - n - nu pîi dil qetnà-t ent-

r\f4 . . nous ne sommes pas allés la direction du midi à

la suîte de

La page II dont j ai traduit les premières lignes commence au milieu don mot, heureusement facile à restituer: [ J ^ ^ <=>j

iiilIM ~ — — flfrP J

y^É)Ogk

dent — fait griller l'oie : — le vautour coupe les joncs, tranche les roseaux. — Surpris dans le filet] l'oiseau crie vers

J ^ In!^13 [B{, ]k(,fa> dout j rétab,i ,e» deux Premières lettres, est le sémitique nra, et mtt. c. rrna, ar. »£j eto»? /"*f»w . Q« on trouve en égyptien bous deux autres formes Jj

I Si^^^1^ harkabHt« Bnmsch, M*., p

.04, , et JVTE: **>™ ™, «r- j* D après sa forme JL^^H*I^\ ^ ,/,mMsWi-«/ doit être

d'origine sémitique; malheureusement je ne puis, ni 1 identifier, ni déterminer le nom de la plante qu'il désigne. Le nom du bourg -S»

, ^ ^ ^ Zaleh'û a déjà été rattaché par M. Brugsch [Zh'ct. s. v. /.) à l'hébreu nbs , transiit, invasit , irruit : M. Brugsch n'y a pas reconnu un nom de localité. V\ @ f=t tnramii semble

*» x r^ iwwv

désigner /* courant, lu q @ A/vw* 1=1 nou signalé par

-Cl /WWV ^/WSA *WWA

M. Brugsch et. dout on a la variante (~0 v\ 1k * t=t /,7m-

JÏe&O 0? Jî»> /www

nM, paraît signifier «mims, tourhilLm. j^^^ë-e*, Zaletù, uom dune espèce de barque, est sémitique et s apparente à I hébreu bn thmeisus est, rb*Xprofuuàttniy vnrugo. *p \\ fj ^™ T=I »,«* /

— JÎEs> il /www

représente bas-fonds, les fuiqms d'eau peu profondes où se vautrent les crocodiles et les hippopotames. Quant à Jj ^ A

1^ Mfrffl , c'est encore un mot sémitique J£, fuUit , micuit

rea ; spkuduit oculus, fulyuracit , pna , fulgurant , pna /a/pwr , /m/por. Dans les lignes suivantes , je ne distingue plus que des lambeaux

sans lien entre eux (L. G ||| Q^^cnni fj | "^X

/WWVS

(îiui'a-u n jm

Les roseaux à on de I oiseau

le ciel; — 1 oiseau effrayé , s'élève. — Si [le chasseur]

rapporte jdu gibier, — on lui donne] des pains.»1

tiirta - ùur bru tm X"~

Arta - El ; point les M

ï-u ta zera - t m «//"* «-

ajoncs (?) ; le vautour B'élève , la . . .

le pêcheur elle vit sur une eau de neuf coudées

diiirta - u Au - « - « />«

de profondeur] le courant les

>«E-*ç?tr.-iiHH»r

màfci KàpAsà-A-u -» /"(

saisit , les rassemble les Wiifs ; I oie

<=j>j^^#j>Tr:«-'-!iii

ne l'aperçoit pas ; point n'est su ' ' '

m-k «n/« ro iWn m s'rtniî r mah' buku - u » sont apportées des oies nombreuses en la saison thnml, pour accomplir les travaux de

pu h' mi »i nu baba le serpent dau» le trou;

c 4iiiir;l.i^r

h er ' êrtl-t bu vli h'er w

(?} tremble qui est au

Le nom fj^J Q !| ^^<7>^k y,r'<,-rt,ir d une e8Pùce d'oisoau'

est formé des deux racines sémitiques bx-nn-a m. à m. les flammes de Dieu, de bfit dieu et de rvrH , nyx, plur. , rrv» h*r; tpletuJor fejtcitatù. Je ne saurais dire quelle espèce d'oiseau portait ce nom. De même

^ ^ " me paraît pouvoir se rapporter à l'hébreu yz% , 02" ,

l^V^icVcomment je restitue le texte de ces dernières lignes (Anastasi

A défaut de documents aussi développés, l'antiquité égyptienne nous a légué un petit traité, j'allais dire une brochure, dédiée par un scribe à son fils. Cet pamphlet, fort ancien, puisque le style et la fonne des noms propres qu'il renferme nous reportent au temps de la XIIe dynastie, était goûté des lettrés et passait pour un morceau classique : aussi en possédons-nous deux manuscrits sur papyrus,1 plus la copie sur pierre calcaire d'un assez long passage.2 M. Goodwin, qui l'a étudié avant moi , a renoncé à le traduire et s'est borné à l'analyser dune manière sommaire. 3 Peut-être aurait-il été plus prudent pour moi de suivre son exemple : le texte est tellement corrompu , le nombre des mots techniques et des tournures archaïques qu'il renferme tellement considérable, qu'eu certains endroits, il est difficile de suivre le fil de l'idée. J'ai cru néanmoins devoir donner ma traduction telle qu'elle est aujourd'hui, sauf à la corriger plus tard ou à la voir corrigée par d'autres.

«Commencement des instructions — qu'a faites l'employé à l'aire (?), — DAàu-w - Se^rild, est son nom, — à son fils, Papi. est son nom. — Il se rendait à Xenmt, — pour le mettre à l'école des lettres, — [où] ne le dépassèrent (?) point les enfants des magistrats, — qui habitent Xeumh — Voici qu'il lui dit :

TVi

\mdzàan]-u n ament-t dûic s'emil pà àpdû tà zerà-t s'dd-se-t pà nitk'4-v

h'tced se[t . . . . . ] h'er ds' r tà pe-t pà -t sendtl [*«jr]

tes)' ar antti [ttlrptî-u dd-td-n-ew] dqti-u.

t. Papyrus Sallier II, pl. III, l. 9— pl. XI, l. 4; Papyrus Anastasi VII, pl. 1,1. 1 -pl. VII, 1.4.

2. Inscriptions in the Hieratic and Démolie Characters, Pl. XI.

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