‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 14 sur 354 · Polyptyque de l'abbé Irmhum, t. 1, p · texte numérisé non relu

Polyptyque de l'abbé Irmhum, t. 1, p

2. Dans le cartulaire de l'abbaye de Sainte- Vanne de Verdun, le diplôme de Henri 11 mentionnant la donation de Ballodium, domaine sis au eomUatu de Casterei, est précédé de cette rubrique : Donatio Hallodii « prope Lomincum in rpiscopatn Treverensi » (Cnrlulaire de S. Vanne de Verdun; Bibl. nationale, ms. 5214 du fonds latin, p. 71).

3. Ce diplôme donné en 1013 s'exprime ainsi : « Cornes etiam Leitar- » dus, in eodem monastorio monacbus factus, dédit in pago Vaprensi in • comitatu de Casterei predium Baliodum. » (Cartulaire de S. Vanne de Verdun, n« 5214 du fonds latin, p. 80).

4. Cette bulle, datée de l'an 7 du pontificat de Jean XIX (1030-1031), reproduit les indications topographiques du diplôme de Henri JI.

5. Notitla Galliarum, verbo Vabrensis pagus. p. 579. G. Marlot, Metropolis Remensis histeria. t. I. p. 187.

Cette forme Castrensis, que Ton trouve aussi dans le plus ancien texte mentionnant notre pagus, pourrait donc être préférée à la forme Castricensis, que nous avons cependant adoptée, pour nous conformer à la tradition rémoise qui, du reste, a pour elle deux historiens rémois du x° siècle, Flodoard et Richer.

Nous avons trouvé neuf mentions du pagus Castricensis.

1. Il est certain que le pagus Castricensis existait dès les premières années du neuvième siècle, autrement Flodoard ne l'aurait pas nommé parmi les contrées qui furent comprises dans le missaticum confié aux soins de Wult'hair, sous le pontificat de Turpin, c'est-à-dire avant 812

2. En 832, Louis le Pieux, dans l'acte de partage de ses États, mentionne le pagus Castrensis parmi les pays de la France moyenne [média F rancia) qu'il adjoint au royaume d'Alémanie, créé pour son jeune fils Charles. On ne peut supposer qu'il soit question, sous cette forme Castrensis, d'un pagus différent du Castricensis, car il est nommé entre le Vongeois et le Porcien 2.

3. Les Annales de saint Itertin comptent le Castricium parmi les pays compris entre le Rhin et l'Escaut et attribués à l'empereur Lother par le partage de 843 3.

4. Après la mort de l'empereur Lother, ce pagus fit partie du royaume de son second fils Lother II. Lors du partage du royaume de ce dernier entre ses oncles, Louis le Germanique et Charles le Chauve, en 870, le Castricium fut un des pays attribués à Charles4.

5. Par un diplôme du 23 juin 887, l'empereur Charles le Gros donna aux religieux de l'abbaye de Saint-Médard et Saint-Sébastien de Soissons une villa nommée Doncherium, située sur la

t. Flodoard, Historia Remensis ecclesiae, I. 11, c. 18.

2. - Ad Alamanniam totam Burgundiam, excepto quod Pippino datum » est, totam Provïnciam et totam Gotiam, et de ista média Krancia Wa- » [vjrensis, Ungensis, Castrensis, Portiano, Remegensis, Laudunensis, » Mosellis, Trftveris «(Dom Bouquet, Historiens de France, t. VI, p. 414).

3. « Lotharius inter Rhenum et Scaldem in mare decurrentem et rur- » sus per Cameracensem, flainnoum, Lomensem, Caitrilium et eoscomi- » tatus qui Mosae citra contigui habentur usque ad Ararem Rodaoo in- » fluentem. » Annales Bertiniani, anno 843, chez dom Bouquet, t. VII, p. 62).

4. « Et haec divisio quam Carolus de eodem regno sibi accepit :

» Scarponinse, Viridunense, Dulmense, Arlon, Wavrense comitatus H, » Mosminse, Castricium, Condrust » (Annales Berlin., chez dom Bouquet, t. VII, p. 110).

Meuse in comitatu Castrense, et les dépendances île cette villa, afin qu'ils y élevassent en l'honneur de leur patron un prieuré (cella) pour leur servir de refuge en cas de besoin1. 11 s'agit ici de Donchery (Ardennes, arr. et cant. de Sedan), petite ville dont le prieuré et la cure dépendaient encore au siècle dernier de l'abbaye de Saint-Médard de Soissons *. Le plus ancien pouillé du diocèse de Reims (1303-1312) nous apprend que l'église de Donchery était placée sous l'invocation de saint Médard, ce qui montre qu'on avait exécuté le vœu de Charles le Gros3.

G. Flodoard et Richer, les deux grands historiens rémois du x° siècle, donnent des renseignements concordants sur la situation du pagus Castricensis au commencement de ce siècle. En 920, Erlebald en était comte4. Ce seigneur, d'un caractère rapace, s'était emparé de biens appartenant à l'archevêché de Reims et avait construit sur une terre de cette église, située au bord de la Meuse, une forteresse du nom de Maccriae qui depuis est devenue la ville de Mézières. 11 attira ainsi sur lui les foudres de l'excommunication, et, ayant refusé de se soumettre, il fut assiégé dans Mézières par l'archevêque Hervé. Au bout de quatre semaines il s'enfuit furtivement de la place, qui dut se rendre, et il alla rejoindre, dans le pays de Worms, le roi Charles le Simple qui parlementait alors avec Henri Ier, roi de Germanie; là, ayant tenté de s'interposer dans une querelle entre les vassaux des deux souverains, il fut tué par ces furieux. Le comte dn pagus Castricensis était mort sous le coup de l'excommunication; mais l'année suivante, au concile de Troslv, l'archevêque de Reims, à la prière du roi Charles et du consentement des évèques présents, le releva de cette sentence5.

1. « Concedimus dilectissimis monachis cenobii sancti Medardi atque » Sebastiani, ad eorum scilicet usus. stipendia atque refugiiim ingruen- » lis persecutionis ex eadem abbatia, villam nostram dominicalem » super Mosam fluviumsitam in comitatu Castrensi, Donclterium nomine

• ut praelatis sanctis inibi cella construi possit ad divertendam vio-

» lentae. persecutionis rabiem. - (Marlot, Metropolis Remensis historia, 1. 1,

2. Varin, Arch. admln. de la ville de Reims, t. II, p. 1075 et 1079.

3. Ibid., t. II, p. 1075 : « Parroehia de Donchereyo fundata in honore » beati Medardi. »

4. Flodoard l'appelle cornes Castricensis pagi (Historia Remensis ecclesia, l IV, c. 16; Chronicon. ad anno 921. — Richer le qualifie cornes Castrkensium (Historiae, 1. I, c. 19).

5. Flodoard. Historia Remensis ecclesiae. I. IV, c. 16. -Chronicon Flodoardi, années 920 et 921. - Hicher, Historiae, I. 1, c. 19, 20 et 20. — La chro-

7. Le nom du pagus Castricensis apparaît encore trois fois daus Flodoard. La première mention concerne une femme du pagus Castricius, du nom de Rotgarde, laquelle, au dire de l'historien, ' aurait recouvré l'usage de ses jambes, lors du retour des reliques de saint Remy à Reims, en 883 1 . — Ailleurs, Flodoard rapporte que Rodemar, sous l'épiscopat de Rigobert (696-733), donna à l'église de Reims ses biens situés in Vico in pago Castricensi2, et qu'Austrebert fit don de ceux qu'il possédait dans la même villa. — Enfin, il nomme ce pagus parmi ceux qui formèrent le missaticwa confié a Wulfhair par Charlemagne3. — Vicus ne peut désigner ici que Vieil-Saint-Remy [Viens sancti RemignA)t village qui figure, au neuvième siècle, dans le polyptyque sous la simple dénomination de Vicus'° ;

nique apocryphe de Mézières rapporte les mêmes faits en y ajoutant quelques détails supposés sur les ascendants et les descendants d'Erlebald (voir notre appendice n°ll).

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