Voyage en Cilicie, p
8. Nous trouvons, il rst vrai, sur la carte de Hamilton, tout prés et â
et par Artémidore, 97 kilomètres, comptés en mer de Mezetli, conduiraient à l'embouchure actuelle du Pyrame, qui, se trouvant loin derrière le cap Kara-Tash, ne peut fournir le moyen d'une navigation en ligne directe jusqu'à Soli; mais, depuis ce cap, la ligne à vol d'oiseau peut être suivie ; et c'est là probablement ce qu'entendait Artémidore. Les 300 stades ou 55 kilom. et demi qui séparent Tarse du Psaros, d'après le compte del'Anabase, donneraient une erreur de moitié, si le passage du fleuve s'était fait à Adanah ; ils nous conduisent bien plus haut, au dernier détour du .fleuve, au pied des premiers escarpements du Taurus. M. Koch 1 fait la même observation ; il pense que d'ailleurs Adanah n'existait point au temps de Xénophon; d'ailleurs le Seïhun n'est pas guéableen cet endroit. Un itinéraire moitié moindre conduit du heu de passage au Pyrame, à peu près à la même latitude, c'est-à-dire vis-à-vis du passage étroit de Demir ou Karakapu, à travers la chaîne du Durdun-Dagh, contrefort oriental de l'Amanus. Ce passage est tracé sur la carte de Hamilton, avec ces mots pass with Gateway and tower, qui indiquent une fortification destinée à fermer à volonté le défilé, et par conséquent la direction du chemin conduisant en Syrie les voyageurs de la haute Cilicie; c'était, en effet, par la vallée du Seihun moyen, le chemin direct des portes de Cilicie au fond du golfe d'Issus. On a peine à concevoir le détour par le Sud imaginé par M. Ainsworth, 2 pour gagner des parasanges avant d'arriver aux portes de Syrie.
Du Pyrame à Issus, Xénophon compte 15 parasanges ou 450 stades, autant qu'il en avait fait depuis Tarse. Cette mesure et la mention formelle qu'Issus était située sur la mer (iià tt, SaXarnj) nous défendent absolument de chercher cette ville au pied du Dardun-Dagh, comme on a voulu le faire: même avec la réduction d'un tiers pour les détours de la route et les difficultés de la montagne, nous arrivons jusqu'au bassin du Deli-Tchai, près du lieu où fut effectivement livrée la fameuse bataille d'Issus. Ptoléraée3 met cette ville à plus d'un degré à 1*0. de l'embouchure du Pyrame ; Strabonest ici fort concis, et les chiffres du Stadiasmus
l'Ouest du Kara-Tasch, à l'entrée du golfe où se trouve Mezetli, une sorte de lagune avec l'indication ancien Mouth of Pyramus; c'est ce que M. Langlois croit être l'ancienne embouchure commune.
t. Koch, Der Zugy etc., p. 31. 11 faut cependant observer qu'un ancien roi d'As6yrie nomme Adanit parmi ses conquêtes.