‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 23 sur 354 · PAGI I · texte numérisé non relu

PAGI I

dans la langue vulgaire Dulmensis devenait naturellement Dor* mois, de même qxi ulmus devenait orme et Culniisciacum 1 Cormicy .

4. Dans un mémorial daté de 893, Dadon, évêque de Verdun, constate entre autres choses que le roi Arnoul (de Germanie) avait donné à son église l'abbaye de Morts Falconis, dédiée à saint Germain et située in comitatu Dolmmse*. Cette abbaye, convertie plus tard en collégiale, était située à Montfaucou. Meuse, arrond. de Coramercy; elle faisait partie du diocèse de Reims3.

5. Une vie de saint Juvin, confesseur, qui, d'après les Bollandistes, vivait sans doute au ix" siècle4, nous apprend que ce bienheureux était du diocèse de Reims et du comté de Dormois {coinitutus qui Didcomcnsis nnncupatur^).

6. Flodoard, qui écrivait au milieu du x° siècle, rapporte le martyre d'Oriculus à l'une des invasions barbares du v° siècle (sub eademVandnlorum vel Hunnorum prrsecutionr),'mx'àsion qui ne semble pas différente de la grande irruption des peuples germaniques en 407. Suivant la tradition, Oriculus fut mis à mort, ainsi que ses sœurs, dans l'église qu'il avait fondée et où ils servaient Dieu, dansrévêchè de Reims, in pago Dulcumensi, rico Sinduno °. Au xvi1' siècle, Chesneau, dans sa traduction

1. Ce nom se trouve plusieurs fois chez Flodoard, qui dit avoir été lui-même curé de Cormicy.

2. • Arnulphus quoque gloriosissimus rex dédit in proprium per au- » thoritatis sue preceptum, supradicte ecclesie, abbaliam que vocatur » Montis Falconis, que est in honore Sancti Germani constructa et in comi- » tatu Dolmens» est sita. cum omnibus et sibi pertinentibus. » (Wassebourg, Antiquités de la Gaule belgique, t. I, fol. 174 r). Wassebourg a fait imprimer Dotinensis pour Dolmensis.

3. Voir, sur l'histoire de l'abbaye de Montfaucon, Marlot. BUL de la ville, cité et univ. de Reims, t. II, p. 241.

4. Acla sanctorum, t. II d'octobre, p. 214 et index chronologique.

5. Nous avons reproduit ce passage de la vie de saint Juvin dans la première partie de nos Études sur les pagi de la Gaule, p. 9, note 1. — Suivant Pierquin, curé de Châtel (Ardennes). auteur d'une vie de saint Juvin publiée en 17.Î2 (un volume in-8"), cette vie daterait du commencement du xr siècle et n'aurait été écrite qu'une quarantaine d'années après la mort du saint ; mais, ainsi que nous le disons dans notre discussion sur la chronique de Méziôres, Pierquin s'appuyait sur ce document apocryphe.

6. « Sub eadem Vandalorum vel Hunnorum persecutione. quidam Dei

• servus, Oriculus nomine, Deo vacabat cum sororibus suis Oricula et » Basil ica, in hoc eodem episcopatu Kemensi. in pago Dulcumensi, vico

• Sinduno, in ecclesia quam construxerat; ubi fertur quoque peremp-

del' Histoire de V église de Reims rendait Sindunum par Senuc1 (Ardennes, arrond. de Vouziers, cant. de Grandpré), et l'académie de Reims dans son édition de Flodoard montre, croyons-nous, une circonspection trop grande en lui laissant la responsabilité de cette traduction. En effet, dès la première moitié du xm* siècle, Aubry de Trois-Fontaines n'hésitait pas à dire que le lieu où Oriculus souffrit le martyre était Senu, près de Grandhan (Grandis campus)*. De plus, au temps de Flodoard, des miracles s'accomplissaient, dit-on, sur le tombeau du martyr, et la fontaine où, suivant la tradition, il avait lavé sa tète, passait pour être douée de vertus miraculeuses. Le culte d'Oritulus dut donc s'établir à Sindunum ; et, du moment qu'il est avéré qu'une seule église du diocèse de Reims était placée sous l'invocation de saint Oricle et que cette église était le prieuré de Senuc3, on ne peut conserver aucun doute sur la traduction de Sindunum. En tenant compte de l'ancienne forme Senu, on peut constater que la terminaison du nom de Sindunum a été modifiée comme celles de l' Uxellodunum de César (Puy dissolu) et da Bisuldunum4 de Catalogne (Bésalu).

7. Un livre des miracles de saint Mansuit contenant les miracles opérés au temps de Goslin et de Girard, évêque de Toul (922-994), et écrit, par conséquent, au x'' siècle, fait honneur à l'apôtre des Leuci de la guérison de Dragon, chevalier originaire du pagus Dulmensis r\

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