Ibid., ibid
3. Pour échapper à cette difficulté, Grote (p. 238) est réduit à dire que les trois marches ne doivent pas être comptées depuis l'entrevue avec Tissapherne, mais depuis la bataille. Rien dans le texte ne le fait entendre, et d'ailleurs la différence serait médiocre.
t, Ibid., ibid. — Ainsworth dit expressément (p. 81) que le Mur de Médie est la limite du sol babylonien, dont la nature est si différente de celui de la Mésopotamie.
administrative s'étendait jusqu'à l'embouchure de l' Adhem, c'està-dire jusqu'au point d'où part le mur, tel qu'il est indiqué par Kiepert et par Chesney , tel qu'il est encore sur la carte jointe à l'article de M. Mac-Michaël. Nous arriverons tout à l'heure aux arguments archéologiques.
Mais comment alors entendre les mots rcxp^XQov eîaw aixaû ? car assurément en dedans d'un mur se dit du lieu qu'il est destiné à défendre. D'une façon fort simple, si l'on fait attention à la force du composant xapi, que nous avons vu un peu plus haut employé de même dans le mot xipcîoç, en parlant du chemin resté entre l'Euphrate et l'extrémité de la tranchée. Les Grecs, après avoir suivi, pendant deux à trois jours, une marche plus ou moins directe vers le N.-E. en faisant un angle aigu avec le mur qui suit à peu près cette direction, avaient fini par le rencontrer. Ils suivirent pendant quelque temps son flanc oriental, puis, impatientés de n'y pas trouver d'ouverture et de retrouver là , ou peu s'en faut, le désert qui leur avait laissé de désagréables souvenirs, ils tournèrent à l'Est et gagnèrent le Tigre le plus directement possible, en franchissant deux grands canaux, peut-être l'Istaki et le Dijeil, qu'on voit sur la carte du Journal of Philology. La position de Sittaké est déterminée, comme le fait remarquer M. Mac-Michaël1, par sa distance au gué du Zab, dont nous verrons bientôt les Grecs exécuter le passage ; et les mesures sont ici d'autant plus faciles à reconnaître que le cours du Tigre moyen est bien moins sinueux en général que celui de l'Euphrate. Xénophon ne dit pas expressément près de quelle rive du Tigre était Sittaké, mais Ptolémée*, en plaçant en Assyrie cette ville et son territoire, nous dit assez qu'elle se trouvait sur la rive gauche. Il est vrai que, du temps de l'empire romain, la ville de ce nom était plus reculée vers l'Est, mais les deux Sittaké devaient être dans le même canton. M. Mac-Michaël n'a pas d'ailleurs de peine à réfuter l'opinion qui, confondant le canton et sa capitale, place la ville de Sittaké sur la route de Babylone à Suse. Strabon, en effet, dit seulement que cette route traversait la Sittakène ; et, de plus, si Tissapherne eût fait prendre aux Grecs la direction du S.-E., il eût fort excité leurs défiances3.
1. Journal of Philology, 1872, p. 136. Voyez aussi (p. 142-3) la réfutation d'une objection tirée d'un passage d'Hérodote arbitrairement interprété.