‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 246 sur 354 · Voy. Layard, ibid · texte numérisé non relu

Voy. Layard, ibid

les six parasanges qui séparaient Larissa de Mespila avec les 34 kilomètres comptés par M. Oppert, des ruines de Nimroud à celles de la cité royale de Ninive.

Je dis la cité royale, c' est-a-dire la ville relevée par Sennachérib, celle qui entoure le monticule de Koyoundjik, et non pas l'ancienne ville qui s'appuyait, dit-on, aux monticules de Khorsabad, de Karamlès et de Nimroud. Il est vrai, loin d'avoir six parasanges de tour (les manuscrits sont unanimes), c'est-à-dire 33 kilomètres, la cité royale ne mesure pas une enceinte de plus d'un myriamètre1; mais Khorsabad ayant été construit parle père de Sennachérib, il est probable que l'intervalle entre ce point et le Tigre (la partie septentrionale de l'ancienne Ninive) s'y était trouvé réuni sous les derniers Sargonides. Or, ce pourtour peut bien être évalué à six doubles-parasanges ou parasanges de grande mesure, dans le système métrique des Assyriens. Il est d'ailleurs manifeste que les ruines de Ninive peuvent seules, dans cette contrée, correspondre au développement énorme énoncé par Xénophon. Si le nom de Maspila ne représente rien dans l'archéologie assyrienne, ceux de Louqsor et de Karnak ne correspondent pas davantage aux noms topographiques de l'ancienne Égypte; et, au temps de Xénophon, Ninive, étant aussi bien ruinée que l'est aujourd'hui la ville aux cent portes, avait pu emprunter, dans le langage populaire des conquérants, le nom d'une bourgade voisine, peut-être d'une colonie de Mèdes. Quant aux substructions en pierres de taille, M. Botta ne les a pas retrouvées à Khorsabad', mais Xénophon a pu voir un revêtement en calcaire du pays donné aux assises en blocage de pierres irrégulières qui soutiennent les briques crues formant la muraille d'enceinte.

Pendant les cinq ou six journées suivantes, les Grecs continuèrent à remonter vers le Nord, en suivant le Tigre de plus ou moins près, sans accidents de terrain bien remarquables ; seulement la cinquième marche fut signalée par la rencontre d'une série de hauteurs, et, quelque temps après, la route se trouva étroitement resserrée entre les montagnes et le Tigre3. M. Layard* pense que l'armée suivait la route moderne des caravanes et que les collines dont parle Xénophon étaient celles qu'on voit aux

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