‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 253 sur 354 · DM supra, p · texte numérisé non relu

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avec cet affluent de gauche du Mourad, qui longe au Nord la chaîne de l'Antogh. H faudrait donc, pour que l'armée l'eût rencontré en quittant les « sources du Tigre, » ou qu'elle eût escaladé cette chaîne, d'une altitude considérable, sans que Xénophon eût mentionné un fait de cette importance, ou qu'elle l'eût franchie par la gorge qui se trouve au Nord du pic de Sir-Sira l. Mais, dans ce cas même, on se trouve en face d'une grave difficulté : celle d'expliquer pourquoi l'armée eût pris alors la direction Nord-Est, au lieu de suivre, le long du Kara-su, en deçà de la rivière et à la descente des montagnes, la route de Bitlis à Erzerum. Elle aurait ainsi trouvé le Kara-su facilement guéable auprès de la ville actuelle de Musch, à très-peu d'heures de l'Euphrate, dont le confluent n'est pas éloigné ». De plus, Xénophon note trente parasanges du Téléboas au lieu où l'armée passa l'Euphrate; mais M. Ainsworth reporte ce dernier point jusqu'à Mélazgherd, au-dessus du confluent de la rivière de Chynys, attendu, dit-il, que, plus bas, le Mourad n'est pas guéable. Il y a réellement une route conduisant depuis le bord du Kara-su, en face du défilé, jusqu'à la ville de Mélazgherd, route qui franchit le Belidjun-Dagh; et l'ennemi aurait pu se poster là pour attendre les Dix-Mille; mais cette route, presque rectiligne, ne représente en tout qu'une quinzaine de parasanges et non pas trente, que Xénophon a comptés du Téléboas à l'Euphrate; une réduction de moitié serait bien forte dans de pareilles conditions.

M. Koch identifie aussi le Téléboas avec le Kara-su; mais il écarte le fait d'une marche des Grecs par le plateau accidenté que dominent les monts Charzan (vers les sources du Yezid-chàneh), et par la vallée de Chuit-Kaleh ; il l'écarté, non comme impossible, mais comme invraisemblable, à cause des difficultés du terrain et surtout parce que l'armée eût mis à atteindre le Téléboas plus de temps que ne le dit Xénophon3. Il reconnaît d'ailleurs hautement que cette voie devait la conduire vers le confluent du Kara-su et du Mourad. Selon lui, les Dix-Mille ont suivi d'abord (depuis la rivière de Sert) la route orientale, celle qui conduit à Bitlis; arrivés près du lac de Yan, ils ont marché au Nord à

1. Celle que traverse un affluent du Kara-su, le même sans doute que M. Koch appelle Chuith-Kaleh.

2. Ce canton est décrit dans le Journal of the Royal Geogr. Society, par M. James Brant, consul d'Angleterre à Braerum, qui l'a parcouru en 1838 (T. X. 1841, p. 347-9).

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