Der Zug, etc., p
travers le Tschukur, le district aux nombreux villages1. C'est, pour cette dernière partie de l'itinéraire, la conclusion que j'ai adoptée, n'ayant pu, d'ailleurs, en présence du texte grec, conduire l'armée directement de Sert à Bitlis ; mais on ne voit pas très-bien comment, en suivant cette direction, les troupes auraient pu trouver le Kara-su, qu'il faut, dans ce cas comme dans l'autre, renoncer à identifier avec le Téléboas.
Comment donc l'auteur a-t-il pu le penser? C'est que, se mettant en contradiction avec le texte, il mène les Grecs à travers le Tschukur, non, comme le dit Xénophon, vers les passages des montagnes qui le traversent, mais vers la plaine de Musch2, les faisant ainsi tourner assez brusquement à l'Ouest et leur faisant passer l'Euphrate non loin du lieu où la passé M. Briant. En suivant cette voie, les Grecs n'auraient franchi aucune montagne jusqu'à l'Euphrate : le Tschukur, parcouru dans la direction du Kara-su, offre l'aspect d'un plateau bas et uni.
C'est surtout à l'occasion de ce passage qu'il faut remarquer combien l'auteur se trompe, quand il refiise absolument de tenucompte des distances notées par l'Anabase, du moins pour cette région. Xénophon, en effet, dit expressément que, dans les trois premiers jours après le passage du fleuve, il n'a fait en taut que cinq parasanges, à cause de l'épaisseur de la neige5, distinguant ainsi très-bien, quoi qu'en dise M. Koch 4, la mesure du temps de celle de l'espace. Il faut même observer que, depuis ce moment jusqu'à son arrivée au bord de ce qu'il nomme le Phase (v. au § suivant), l'auteur grec, s'il note exactement les jours de marche, se tait sur les distances. Il a donc su tenir compte, dans ses chiffres, des difficultés du terrain5 et des irrégularités de la marche. Or M. Koch reconnaît6 qu'en s'appuyant sur ses chiffres, quand il en donne, il faut admettre l'itinéraire qui, contournant le Nimrud-Dagh, couvert de neiges perpétuelles, et franchissant la hauteur peu redoutable du Biletschau 7, conduit dans le district de Bulanyk, c'est-à-dire au lieu