‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 260 sur 354 · Der Zug, etc., p. 10t · texte numérisé non relu

Der Zug, etc., p. 10t

5. Ainsworth, p. 179 et 181. Le Taschir, portion de Somchethi, se trouve»

journées pendant lesquelles les Grecs ont suivi le fleuve, il faudrait admettre qu'ils sont arrivés en Géorgie par le Karabagh ; mais tout ce raisonnement disparaît, abstraction faite même des invraisemblances ou des impossibilités que nous avons déduites, en présence de cette simple observation de M. Koch, que M. Ainsworth a mal lue dans Delisle, Taochir au lieu de Taschtr, qui est le véritable nom du district cité de la province de Somchethi. Revenons donc à la réalité des faits, et cherchons, à partir du lieu où nous avons laissé l'armée, la direction et la distance qui doivent la conduire chez les véritables Taoques.

M. Saint-Martin, dans ses Mémoires géograpfiiques et historiques sur l'Arménie 1 donne, sur cette province et sur la géographie comparée du pays occupé par cette population, des détails dont il faut d'abord se pénétrer pour raisonner avec connaissance de cause. « La province de Daïkh, dit-il, était coupée en tous sens par de hautes montagnes et arrosée par une grande quantité de rivières, qui portent leurs eaux dans la mer Noire par le fleuve Djorok et dans la mer Caspienne par le Kour. Elle est couverte de forêts et de jardins... La province de Daïkh, avant qu'elle eût été envahie par les Géorgiens, était partagée en huit petits cantons dont on peut voir la nomenclature dans une géographie attribuée a Moyse de Khoren (Goghp, Perta ts-p'hor, Bardizats-p'hor, Djagasd, Poukha, Okhaghi, Azort, Ga-p'hor), et dont il est impossible de déterminer exactement la position, à l'exception de celui de Poukha, qui est la Bocche (les Boqhes) de Ptolémée*. La domination des Géorgiens a contribué puissamment à faire disparaître les anciennes dénominations... et à y introduire les noms géorgiens que nous trouvons sur nos cartes, tels que ceux de Bortchiskevi, Lignaniskevi, Atchara 3, Schaus-

à l'Est d'Alexandropol, presque à la longitude de Tiflis. V. la carte de Kiepert.

1. 1" vol. : Mémoire sur la géographie de l'Arménie; description de la grande Arménie, g 3, 2* partie.

2. Xûpat îi ilavt £v Api«v£a £v t£ ànol*\i.éx\Lévt.i |ut<xÇù EO^pérou xoù KOpov xal ApdÇou irotaiioù T|ir,|iaTi irapà rà Mo<rx«xâ ôp-rj. ... * KotapÎTW

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Bt près du mont Paryarde, la Sirakène et la Sakapène (Ptol. Gcogr. V, 13 1 9.

3. Sans doute l'Adjara, à l'extrémité Nord de l'Arménie; nous verrons plus loin qu'au temps de Xénophon ce district était probablement occupé par les Scythènes.

cheti, Eroseheti, Tahoskari, etc. » L'auteur pense que ce dernier nom est tiré de celui des Dahi, qui avaient, selon Aramien Marcellin, un établissement près de la mer Noire ; et il considère ce peuple comme identique aux Taoques de Xénophon (la gutturale aspirée pouvant être identifiée à l'aspirée simple). La province montueuse mais fertile de Koukarki borne le Daïkh à l'Est, et le Gouriel le borne au Nord.

Il résulte de ces témoignages que l'ancien Taïkh était bien plus étendu que le canton actuel de ce nom. Comme lui, il était baigné par l'Olti, affluent oriental du Djorok ou Tchoruk (l'ancien Acampsis), mais il s'étendait à l'Est du Jalandjam-Dagh, dans le bassin supérieur du Kour. Les Boqhes de Ptolémée, qui en occupaient une portion, étaient séparés par la province de Kotarzène des monts Moschiques, formant la limite occidentale de l'Arménie •elle-même l. De plus, parmi les villes qu'il cite comme appartenant à la région décrite dans le passage transcrit plus haut en note2, Ptolémée nomme Bipa&x, Tûya (ou Qxa), "AÇata, noms qui pourraient bien nous conserver, quoique défigurés par une transcription étrangère , ceux des districts de Pertats ou plutôt de Pardizats, de Djagard (Tschugurethi?) et d'Azort. Ces trois villes sont placées par l'auteur (cf. §. 12) plus au Nord qu'Artaxate, ville située sur l'Araxe moyen, à des diflërenees d'élévation au pôle qui varient de 35' à 1° 1/2; pour la longitude elles varient du méridien d'Artaxate à 5° plus à l'Ouest. On sait que les longitudes de Ptolémée sont peu exactes. Mais, si on lit, pour la longitude d"AÇx*ca, oé, 5', au lieu de orf, 3', l'ensemble correspondra parfaitement à la détermination du Taïkh donnée par M. Saint-Martin. Il y a plus : les noms arméniens que M. Saint-Martin croyait perdus par suite de l'invasion géorgienne ne le sont pas tous. — La carte de Kiepert place le Partizats-p'hor, avec la ville de Bardez, dans le massif de montagnes qui enveloppe le Taïkh moderne du côté de l'Est. Quant aux districts géorgiens que l'orientaliste français dit occuper maintenant une partie de ce territoire, le Schauscheti se trouve à l'Ouest du Jalandjam, prolongation septentrionale de Soghanly et du Kanly ; l'Eruschethi ou Eroschethi existe vers la longitude d'Akaltziche, au Nord de l'Ardahan-tchaï, une des rivières qui forment le Kour ; le Taoskhari ou Taïkh moderne3 est à l'Est du Tchoruk moyen :

1. V. Ptol., V, 6, 1 1 ; 13, g 2, 5. - 2. Jbld., 13, g 10-11. 3. Kiepert (ubi supra, p. 23) fait observer que les Taoques de Xénophon sont appelés T<£o< par Diodore.

l'ensemble de ces données nous permet de nous représenter ce que devait être l'ancien pays des Taoques. On peut le concevoir comme s 'étendant à peu près depuis le pied des montagnes qui bordent à l'Est la vallée du Tchoruk jusqu'aux monts Abotzi, qui courent du Nord au Sud, à peu près à la longitude d' Alexandropol.

Les Grecs arrivèrent chez les Taoques à 30 parasanges du point où nous les avons laissés1 , c'est-à-dire de l'entrée des plaines de Taochtin, et ils eurent à forcer, au bord d'une rivière, un passage fort court, il est vrai, mais complètement dominé par les habitants qui essayèrent de le défendre. Mais remarquons en même temps que Xénophon ne dit pas avoir trouvé chez les Taoques un pays généra lement coupé d'escarpements difficiles, ni a voi remployé beaucoup de temps à le traverser. 11 résulte de là qu'il n'a pas marché à l'Ouest en quittant la plaine de Taochtin. Si, en effet, opérant la réduction d'un grand tiers sur la distance à vol d'oiseau à cause des difficultés de la marche et des petits farsangs de montagnes, nous portons, vers l'Ouest ou le Nord-Ouest, une ouverture de compas correspondant à 18 parasanges, en plaçant la pointe immobile au lieu où se rejoignent, dans le Tochtin, les deux routes entre lesquelles nous avons pu hésiter, nous sommes conduits en pleins massifs de montagnes. D'ailleurs il ne faut pas oublier que les Grecs feront encore quatre-vingt-dix parasanges avant de trouver le guide qui les conduira en vue de la mer. Or il faudrait l'indomptable incrédulité de Koch et de Strecker, à l'égard des chiffres de Xénophon, pour supposer qu'il ait pu estimer ainsi ses distances, s'il eût suivi réellement la route de la mer Noire. Encore faut-il remarquer, à l'honneur du premier de ces voyageurs, qu'il a reculé devant l'application de son système, en convenant que les Grecs n'avaient pu prendre, au défilé du Hinghenl-Dagh, la route commerciale de Trébizonde par Erzerum, route qui ne leur eût pas demandé plus d'une vingtaine de jours, tandis qu'ils mirent environ le triple à atteindre Trébizonde2. Mais U admet que, du bassin de la rivière de Kars, ils ont passé dans celui de l'Olti, affluent du Tchoruk, par les gorges du Bardez-su. Il paraît lire st;Ta5/oj; comme s'il y avait èv Taàyziq, et il croit que les cinq jours qui suivirent le combat contre les peuples alliés furent employés à traverser le pays des Taoques3. Qu'on l'explique comme on voudra, ou qu'on ne

t. Anab., IV, 7.

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