‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 261 sur 354 · Der Zug, etc., p. 96. — 3. Ibid., p. lut · texte numérisé non relu

Der Zug, etc., p. 96. — 3. Ibid., p. lut

l'explique pas du tout, le fait d'un détour considérable vers le Nord-Est est un fait ; tâchons de savoir par où il s'est opéré1.

Le nom des Taoques nous laisse dans une assez grande incertitude, précisément à cause de l'extension antique de leur territoire ; mais d'autre part cette extension nous permet de choisir, entre différentes directions, celle qui s'accordera le mieux avec les indications ultérieures : nous ne sommes pas tenus d'arriver dans le Taïkh actuel. Le nom, plus ethnographique que géographique, des Chalybes n'est pas non plus de nature à éclaircir beaucoup la question ; mais Xénophon nous dit que, malgré leur résistance, il a fait sur leur territoire cinquante parasanges en sept jours. Cela ne prouve pas du tout que leur pays eût cinquante parasanges de largeur ou de longueur ; les Grecs ont pu y faire bien des contremarches, tant pour se procurer des vivres que pour tout autre motif; mais la longueur du chemin parcouru en moyenne dans ces journées d'hiver montre qu'il ne s'agissait point de gravir des sentiers difficiles sur les flancs des montagnes. Ce sont donc encore des pays de plaine que nous devons chercher pour les identifier avec ceux dont il s'agit, ou du moins des pays où il soit facile de marcher dans des vallées. C'est d'ailleurs ce que fait observer Kiepert dans son Appendice au travail de M. Strecker 2. Il cherche le pays des Chalybes dans le bassin de l'Olti, dont la partie supérieure se trouve dans le Taïkh, et il croit reconnaître, dans le Tchoruk lui-même, le fleuve Harpasos, large de quatre plèthres, où les Grecs arrivèrent ensuite. Ainsworth, au contraire, a identifié ce fleuve avec l'Arpa-tchaï, auquel la rivière de Kars se réunit pour rejoindre l'Araxe. L'Arpa-tchaï forme en partie la limite entre les Arménies turque et russe.

Ces deux solutions offrent de graves difficultés, quelque spécieuse apparence que chacune puisse offrir. L'identification entre l'Arpa et le Harpasos est séduisante à cause de la ressemblance des noms, et on doit l'examiner, même sans tenir compte de la direction impossible attribuée par l'auteur aux marches qui précédèrent l'arrivée des Grecs sur les bords de cette rivière. Il est vrai, Arpa-tchaï est un nom turc qui signifie rivière de

1. Pour toute cette partie de l'itinéraire, il n'y a plus à faire usage d'Ainsworth, qui, égaré complètement par son erreur sur la marche au bord de l'Araxe, termine ces longues courses aux lieux où elles ont commencé. (V. p. 181-185.)

l'orge; il est par conséquent moderne, c'est-à-dire introduit dans ce pays au dixième ou onzième siècle. au plus tôt. Et si M. Saint-Martin nous dit en même temps 1 que le nom arménien vulgaire Arhp'ha-tchaie, ce nom paraît d'autant plus une corruption du nom turc que le vrai nom arménien de ce cours d'eau est Akhourean, nom que porte déjà la rivière de Kars et que les Arméniens ont conservé aux cours d'eau réunis jusqu'à leur confluent avec l'Araxe. Mais, d'autre part, si le fleuve de quatre plèthres de largeur est le Tchoruk, comment les Grecs auraientils employé une quinzaine de marches 2 et peut-être davantage (v. infra) à parvenir de là aux environs de Trébizonde, quand nulle part il ne coule à plus d'une quarantaine de lieues de cette ville; et surtout où auraient-ils trouvé là une plaine où ils auraient pu marcher quatre jours sans interruption ? De plus, M. Koch dit nettement qu'il est impossible d'attribuer au Tchoruk une largeur de 400 pieds, que l'Arpa-tchaï est moins large encore et que, dâns toute l'Arménie septentrionale, une pareille dimension n'existe que pour l'Araxe et pour le Kour (le Cyrus)3. Nous ne sommes plus sur l'Araxe; serions-nous arrivés sur le Kour?

Si du bourg d'Aspugha, point où la route d'Erzerum à Kars par Meschingerd débouche, à l'Est du Soghanli, dans la plaine de Tochtin, nous suivons cette route avec une ouverture de compas égale à trois parasanges ; si, arrivés à Kars, nous poursuivons la route qui suit quelque temps la rivière et qui s'en écarte ensuite pour fléchir au Nord, tandis que la rivière fléchit à l'Est, le trentième parasange nous conduira, toujours à travers une route facile, comme le fait entendre Xénophon, à un lieu qu'il semble décrire dans le récit du combat qui permit aux Grecs de franchir le pays des Taoques. En effet, un peu au Sud du lac de Tschyldyr, la rivière qui s'en échappe, leTschyldyr-su, est resserrée de très-près, à l'Ouest, par une croupe de montagnes ; rien ne s'oppose, d'après ce que nous avons vu plus haut, à ce que ce point soit considéré comme donnant entrée dans la province la plus orientale des Taoques, la presque totalité de leur pays étant demeurée sur la gauche de l'itinéraire des Dix-Mille. Aussitôt après ce pas franchi, le terrain s'élargit de nouveau et la route tracée sur la carte de Kiepert gagne alors,

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