LA VIE DE PLINE LE JEUNE
On admet généralement aujourd'hui que Tordre dans lequel les lettres de Pline le Jeune nous ont été transmises n'est pas l'ordre chronologique. Il fut un temps où tous les savants n'étaient pas de cet avis : les fastes du règne de Trajan, tels que les a dressés Panvinius, reposent sur une opinion toute contraire; et le consciencieux Tillemont déclare que « les lettres de Pline sont à peu près mises dans l'ordre du temps » l; mais il est forcé d'admettre un grand nombre d'exceptions, qui condamnent d'autant plus la règle, qu'elles concernent précisément presque toutes les lettres dont la date peut se déterminer. Aussi les érudits qui sont venus ensuite, surtout Masson, dans son travail, d'ailleurs soigné et intelligent, sur la vie de Pline2, ont-ils tous été d'un avis différent. On ne peut pas douter que leur opinion ne s'appuie sur ce fameux passage de la lettre à Septicius Clarus qui tient lieu de préface à la collection : colle gi [epistulas] non servato temporis ordine {neque enim historicun componebam) sed ut quaeque in manus venerat. Mais ne serait-il pas permis de supposer que Pline a eu pour but principal, en faisant cette déclaration, de donner j la collection de ses lettres, collection rédigée incontestablement avec le plus grand