‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 29 sur 354 · Annales Beriiniani , dans dom Bouquet, t. VI), p · texte numérisé non relu

Annales Beriiniani , dans dom Bouquet, t. VI), p

3. Ibid., t. VII, p. 110. — Voir la partie du texte relative aux contrées dont nous nous occupons, plus haut, p. 35, note 4.

i. I/origiual de cette charte est conserve à la Bibliothèque nationale, collection de Champagne, tome 150, pièce I.

5. Le doyenné de Mouzon fut divisé, en 1761, en doyennés de Mouzon-

Ces quatre villages donnés par Adalbéron avec leurs territoires et leurs dépendances sont ainsi désignés: 1° Secia; 2° Odunt et Poirumnum, le tiers de la forêt nommée Doelez, la pêche de la rivière à' Odunt et ce cours d'eau jusqu'à la Meuse ; 3° Brevèleiacum; 4° Romeliacum minoret Alleicurt, la pêche de la Meuse et du lac de Sorges K — Secia est aujourd'hui Gesse, Meuse, arr. de Montmédy, cant. de Stenay. Odunt est devenu Yoncq, nom qui, au siècle dernier, s'écrivait encore Yon!\ ce village du cant. de Mouzon est arrosé parle « ruisseau d' Yoncq» affluent de la Meuse. Pohmmnum, indiqué dans la charte comme annexe Odunt, se nomme aujourd'hui Pouron et, bien que situé à moins de quatre kilomètres d'Yoncq, fait partie de la commune d'Autrécourt (cant. de Mouzon). La forêt Doelez se retrouve dans le « bois d'Yoncq, » massif boisé situé à l'ouest d'Yoncq et désigné par Cassini sous le nom de bois du Houé qui rappelle l'ancienne dénomination. Brévilly, commune du cant. de Mouzon, représente le Breveleiacum de 973. Romeliacum minor et Alleicurt sont aujourd'hui deux hameaux delà commune de Remilly-sur-Meuse (également du canton de Mouzon) : Remilly-le-Petit et Allicourt3. — On peut voir une preuve de

Meuze et do Mouzon-Bar (Delahaut, Annales civiles et religieuses d'Yvois- Carignan et de Mouzon, p. 295).

1. Voici la partie topographique de la charte d' Adalbéron : a Ego au-

• tem videns exiguitatem paupertatemque loci, motus misericordia, ne

• victus penuriam ultramodum paterentur fratres ibidem Deo et sanc- « tis ejus beatisque in ipso loco quiescentibus Victori et Arnulpho marty- » ribus servientes, pro remedio anime mee et omnium successorum

• meorum dedi ad illum locum 1111" villas cum comitatu et banno et » distrienone et integritate. Hoc est Seciam cum appenditiis suis, Odunt, » cum Poirumno et omnibus appenditiis suis et terciam partem silvequu » dicitur Doelez et piscationem aque Odunt, et decursum ejus usque in » Mosam, et Breveleiacum cum appenditiis suis, Romeliacum minorem •» et Alleicurt et piscationem Mose et laci qui vocatur Sorges cum suis » pertinentiis. Super Mosellam, in villa quae dicitur Rose ro lis X » mansoB, et in Castello II mansos cum comitatu et banno et districtione

» » Nous ne tenons pas compte dans cette étude de Roserolae sur la

Moselle ni de Castellum, parce que, suivant l'allocution d'Adalbèron rapportée dans la Chronique de Mouzon (Spicilegiu m de d'Achery, t. II, p. 569), ceux de ces biens qui étaient éloignés de Mouzon provenaient de son patrimoine : on sait du reste quWdalbéron était lorrain.

'2. Voir le pouillè du diocèse de Reims de 1777 (Varin, Archives adm de la ville de Reims, t. II, p. 1088) et la carte de Cassini.

3. Nous nommons Autrécourt et Remilly parce que les hameaux de Pouron, de Remilly-le- Petit et d'Allicourt cités dans la charte de 973 dépendaient de ces paroisses.

1 exactitude de ces attributions daus la possession des autels de Cesse, d'Yoncq et de Brévilly, ainsi que des églises paroissiales d'Autrêcourt et de Remilly \ par l'abbaye de Mouzon. La seigneurie de toutes les localités de la charte de 973 appartenait encore au siècle dernier au monastère fondé par Adalbéron

Les villages mentionnés dans ces textes, et qui sont au nombre de sept — Allécourt, Brèvilly, Gesse, Douzy, Pouron, Rémillyle-Petit et Yoneq — étaient tous compris dans le doyenné de Mouzon. Les Annales de Saint-Bertin apportent un nouvel argument en faveur de la comparaison du pagus et du doyenné de Mouzon, en nous apprenant que le comté de Mouzon confinait alors à celui de Voncq, comme plus tard le doyenné de Mouzon confina au doyenné d'Attigny qui paraît représenter le pagus Vongensis.

A l'ouest, le doyenné de Mouzon était limitrophe de celui de Mézières ( pagus Castricensis), et il ne paraît pas probable que le pagus Mosomptisis ait pu s'étendre sur cette dernière circonscription ecclésiastique, car Donchery qui faisait partie du pagus Castricensis est une des paroisses les plus rapprochées du doyenné de Mouzon. A l'est, bien que son chef-lieu fût placé non loin de la limite de notre diocèse, le Mouzonnais ne s'étendait certainement pas sur le diocèse de Trêves ; en effet, la partie de cet évêché la plus voisine de Mouzon dépendait du pagus Eco~ diensis, dont le chef-lieu lvoy, aujourd'hui Carignan, n'est situé qu'à sept kilomètres de Mouzon. Le territoire sur lequel s'exerçait l'action du doyen de Mouzon peut donc être envisagé comme l'ancien pagus Afosomensis.

Le chef-lieu du pagus Mosomensis, Mosomagus, ou Mosomum comme on écrivait à l'époque carolingienne, était vers la fin de l'empire romain le séjour de troupes désignées dans la Notice des dignités de l'empire romain sous le nom de Afusmagenses 3. Situé à l'extrémité de la civitas Rcmorum, vers les

1. Voir les pouillés du xrv# siècle et de 1777 chez Varin, Archtves adm. de la ville de Reims, t. II, p. 1085-1088.

2. Le pouillé de 1777 indique les seigneurs des diverses localités du diocèse. 1) après ce document la seigneurie de Pouron appartenait aux religieux tandis que celle d'Autrêcourt était à l'abbé. La seigneurie de Cesse appartenait au prieur du lieu, mais on sait que ce prieuré dépendait de l'abbaye de Mouzon. L'abbé avait la seigneurie des autres villages désignés dans la charte.

3. Xotitia dignitafum mparlibu* occident», ed. Buecking, p. 36.

évêchés de Tongres et de Trêves, son territoire fut, vers la fin du cinquième siècle, l'objet des prétentions de Foulques, êvêque de Tongres, qui, ainsi que le montre une lettre de saint Remy à ce prélat, y exerça les droits èpiscopaux1; mais, les réclamations énergiques de saint Remy conservèrent Mouzon au diocèse de Reims. Dès cette époque, dit-on, Mouzon et son territoire appartinrent au siège métropolitain de Reims par suite d'une donation de Clovis. Au commencement du xe siècle, l'archevêque Hervé (920- 920) fortifia la ville, reconstruisit son église qui était détruite, la dédia à la Vierge Marie, comme elle l'était auparavant, et y plaça les restes de saint Victor, qui avaient été trouvés non loin de ce casteltuni2. A la fin du douzième siècle, Mouzon faillit devenir le siège d'un évèchè démembré de celui de Reims ; car une bulle du pape Innocent III, en date du 5 mai 1119, autorisa Guillaume, archevêque de Reims, à y établir un siège épiscopal ; mais Guillaume mourut trois ans après, sans avoir réalisé son projet, qui fut abandonné3. Les archevêques de Reims conservèrent la châtellenie de Mouzon jusqu'en 1379, où Richard Picque la céda, avec la châtellenie de Beaumont, au roi Charles V, en échange de Vailly-sur-Aisne et de ses dépendances.

Il est facile, grâce aux pouillés, de connaître l'étendue exacte du doyenné de Mouzon ; mais il l'est moins de savoir quelle était l'étendue du ressort féodal de la même ville. Si nous nous en rapportons à un compte de la terre et revenue de la chastellenie de Mouson pour l'année 1514-1516 4, le territoire de cette châtellenie n'aurait compris sur la rive gauche de la Meuse que trois villages, Beaumont-en-Argonne, Létanne et La Bezace, qui pourraient même être considérés comme étrangers à la châtellenie de Mouzon, puisque l'acte d'échange de 1379 mentionne Beaumont en lui donnant, comme à Mouzon, la qualification de « chasteau5. » La châtellenie de Mouzon proprement dite, située par conséquent sur la rive droite de la Meuse, aurait été composée uniquement de paroisses que le compte des décimes de 1346 dit être in Imperio, et ne représenterait évidemment qu'une partie

t. • Fas ergo fuit, utinlicitis ordinationibus tuis a te credideris occu- • pandam loci Mosomagensis ecclesiam, quam métropolitain urbis Ro- » morum, sub ope Christi, sua semperordinationerexerunt.»(Dom Rouquet, Recueil des historiens des Gaules el de la France, t. IV, p. 53.

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