Dion, LV
2. Voy. outre les inscriptions de Pline (Appendice A), Orelli 3393, et Marquardt. Uandbuch d. R. A. l\l 2, 226.
été désignés pour le consulat avant d'avoir été deux années entières préfets du trésor de l'Etat Cette désignation eut lieu, comme on le verra plus loin, le 8 janvier de l'an 100; ces deux personnages doivent donc être devenus préfets du trésor peu de temps après le 9 janvier 98. La nomination fut faite par Nerva , comme Pline le dit formellement * ; et si, dans un autre passage 3, il indique Nerva et Trajan comme ceux qui l'avaient nommé, ce qui s'explique par le fait qu'à chaque changement de prince les fonctionnaires de l'empire devaient être confirmés dans leur charge. Leurs prédécesseurs dans ces fonctions, Vettius ProculusetPubliciusCertus, qui étaient certainement encore préfets en 97, sortirent probablement de charge à la fin de cette même année 4. Pline dit aussi formellement 5 que lui et Cornutus continuèrent, même pendant leur consulat, h administrer le trésor:
1. Paneg. 91 : nondum biennium compte veramus in officio laboriosissimo et maximo, cum tu nobis.. . consulatum obtulisti.
2. Ibid. avant le passage cité dans la note précédente : habuerat hune honorem periculis nostris divus Xcrva ut nos... promovere veUel, ce qui ne peut se rapporter qu'à cette préfecture, d'autant plus qu'ici il est question des fonctions exercées par Pline et Tertullus ensemble et que ce fut dans cette préfecture qu'ils furent collègues pour la première fois. On peut aussi y rapporter avec certitude la recommandation que le vieux Corellius mort volontairement en 97, peu de temps avant Nerva. faisait à Pline : cum forte de bonis iuvenibus apud Xervam imperatorem sermo incidisset (IV, 17, 8).
3. Ad Traian, 3 : ut primum me, domine, indulgentia vestra promovU ad praefecluram aerarii Saturni, et 8 : primum mea, deiade patris tui valetudiM, postea curis delegati a vobis officii retentus. Conf. Paneg. 47 : anle vos principes, 11 n'en résulte point comme l'admet Masson Mnno 98, | 7) que Pline ne soit entré en fonctions qu'après la mort de Nerva; au contraire, dans ce cas le pluriel serait inexplicable.
4. Voyez plus haut, p. 7, note 4, et p. 9, n. 3. Comme nous l'avons dit, Vettius Proculus et Publicius Ccrtus étaient encore praefecti aerarii en 47. Le résultat de l'attaque contre Certus fut, parait-il, qu'il sortit do charge plus tôt qu'il n'était d'usage, et qu'il fut laissé de coté lors de la nomination des consuls suivants. Vettius Proculus, au contraire, reçut le consulat régulièrement, à sa sortie de la préfecture, évidemment lors de la désignation des consuls pour 98, le 9 janvier. S'il fut aussi remplacé plus tôt que l'usage ne le voulait, c'est qu'on changeait ordinaiment tout le collège à la fois; il n'y avait pas de disgrâce dans ce fait. — Proculus et Certus restèrent praefecti jusqu'à la fin de 97, cela ne contredit pas le rapport de Pline, alors môme qu'on admettrait, ce qui n'est pas nécessaire, que l'attaque contre Certus ait eu lieu dans les premiers mois.
5. Paneg. 92 : nobis praefectis aerarii consulatum ante quam successorem dedisti ; aucta est dlgnitas dignitate nec continuatus iantum, sed geminatus est honos finemque potestatis otterius. ianquam jmrum esset ercipere, praevenit.
cela s'accorde avec le fait déjà signalé (p. 13) que Pline était encore préfet en décembre 101. Ils paraissent avoir résigné ces fonctions peu après, vers la fin de l'an 101 ; en tous cas, lorsque fut écrite la lettre IV, 12, Pline ne les exerçait plus. Ainsi lui et Cornutus les exercèrent pendant 4 ans, de 98 à 101 l. Ce n'est sans doute pas un pur hasard si le moment de leur entrée en fonctions coïncide, à peu près, avec le commencement de l'année; comme les anciennes charges de la république se renouvelaient régulièrement à cette époque, il est naturel que les nouvelles charges urbaines et italiques créées par les empereurs aient été soumises à la même règle.
Il faut encore noter que, quoiqu'il n'y ait jamais eu plus de deux prae/ecti aerarii, Pline parle pourtant de ses collègues dan s ces fonctions * ; ce qui doit probablement être entendu en ce sens que les deux praefecti aerarii Saturni et les trois praefecti aerarii militari* formaient ensemble un seul collège ; on sait qu'il en était de même, malgré la différence de leurs titres, des curatores chargés de diverses branches de l'administration centrale (p. 21, n. 3). Les praefecti aerarii Saturni paraissent cependant avoir été plutôt supérieurs qu'égaux en rang aux praefecti aerarii miliiaris, puisque Pline exerça cette dernière charge avant la première; c'est, du reste, le seul exemple que je connaisse d'un même personnage ayant exercé successivement ces deux charges. On peut voir d'ailleurs dans cette circonstance et dans le fait que Pline conserva longtemps la seconde préfecture, la preuve qu'il montra des aptitudes toutes particulières dans cette branche de l'administration.
g VIII. Consulat.
Pline nous apprend qu'il fut élevé au consulat avec Cornutus Tertullus, l'année même (100), où Trajan fut consul pour la troisième fois 3, et qu'ils furent en fonctions au mois de septembre4. On sait d'autre part que, le 29 décembre de cette année, L. Roscius Aelianus et Ti. Claudius Sacerdos étaient consuls en
t. Du temps de Claude les quaestores aerarii étaient trois ans en fonctions (Dion Cassius LX, 14; Henzen, n. 8iô6). Borghesi (Œuvres, IV, 149) et après lui Marquardt (III, 2, 220) admettent que la préfecture de Pline dura trois ans; mais c'est une erreur, comme nous l'avons dit.