Henzen 5150. Gonf. p. 17. n
2. Voir mes observations, C. I. L. I, p. 180. — Des cura tores, au pluriel, ne figurent guère que dans l'inscription des cinq curateurs qui date de Tibère, et dans une autre du temps de Caracalla (Orelli 2276).
3. Henzen 5180. Borghesi, Eta di Giovenale p. 27 — Oeuv. V, 62.
4. Cette restitution n'est pas certaine. Celle qu'on admettait autrefois et j Thradam] est impossible et repose sur le texte fautif d'Alciat J'ai pensé autrefois à extra sortem et aussi à extra ordinem ; mais la restitution proposée ici est de beaucoup préférable ; surtout si, comme j'ai tâché de le montrer, Pline a été le premier gouverneur impérial de Bithynie à titre ordinaire et non extraordinaire. Il n'est pas besoin de jusUlier la nécessité d'un sénatus-consultc pour Taire passer une province du sénat à l'empereur.
ce gouvernement aux années 111 et 112 ou 112 et 113. La nomination à ce poste avait un caractère particulier et constituait une mission de confiance ; les termes dans lesquels est conçue l'inscription l'indiquent suffisamment, et, dans ses lettres à Pline, Trajan le répète à plusieurs reprises l. Il est impossible de ne pas rapprocher ces indications du fait que la province de Bithynie et du Pont avait été administrée jusque-là par des proconsuls, c'est-à-dire par des sénateurs tirés au sort 2, tandis que Pline y était envoyé par l'empereur et en qualité de légat impérial. On ne sait s'il entrait dans les intentions de Trajan d'opérer un changement définitif ou non, de continuer après le retour de Pline à faire gouverner la province par des légats impériaux ou de lui rendre des proconsuls. Cependant la première alternative offre une plus grande vraisemblance, car, d'une part, on rencontre sous Trajan et après Pline un second légat impérial de Bithynie3,
1. Ep. 18: Electum te esse qui... mei loco miltereris. — 117: ego ideo prudcntiam tuant elegi, ut formandis istius provinciae moribus ipse modemrerts et ea constitueres, quae ad perpétuant eius provinciae quietem estent profuiura.— 22 : meminerimus idcirco te in istam provinckim missum, quoniam multa in ea emendanda apparucrint. Parmi les abus figurent surtout les menées des clubs et des sociétés secrètes (34 , 93,96, 116, 117), jointes au régime relâché et dépourvu de suite des gouverneurs sénatoriaux qui changeaient tous les ans (31, 32, 56, 57); cet état de choses entraînait surtout un grand désordre dans les administrations municipales (17, 18, 38, 54).
2. Lorsque Pline parle de ses prédécesseurs en général, il les appelle toujours proconsules (47, 48, 68, 72, 108^ et on peut en dire autant de ceux qu'il cite isolément, lorsqu'ils sont désignés ou lorsqu'ils peuvent être déterminés. Parmi eux P. Servithu Calvtu (Ad Traian. ep. 56. 57), qui, comme l'observe Masson, s'il ne fut pas le prédécesseur immédiat de Pline, le précéda de moins de trois ans. Les legati nommés ep. 31, 5 à côté des proconsuls sont des légats proconsulaires non impériaux.
3. Gornutus Tertullus qui, vers 105-107 était curator viae Aemiliae (p. 18) et qui avait été ensuite légat impérial pour les impôts en Aquitaine, passa ensuite comme légat de Trajan dans le Pont et la Bithynie (Orelli 3659, cf. Append. A). Gomme le dit Borghesi, cette légation ne peut être que postérieure à celle de Pline qui ne nomme que des proconsuls comme prédécesseurs et n'eût pas manqué de parler de Gornutus s'il avait été légat avant lui. 11 est même probable que ce dernier a été le successeur immédiat de Pline; Caelius Glemens, qu'une fausse leçon de Ad Traian. 52 avait fait considérer comme tel, et qui même a été introduit dans les Fastes, n'a certainement rien à y faire. En aucun cas, du reste, on no peut considérer la légation de Cornutus comme extraordinaire. — Ceci n'exclut pas la possibilité de changements ultérieurs. Hadrien semble avoir d'abord rendu la province au Sénat, puis y avoir envoyé plus tard comme Trajan un légat extraordinaire pour la
d'autre part Trajan, s'il n'eût voulu prendre qu'une mesure temporaire, se fût contenté d'envoyer Pline dans la province comme proconsul titra sortent et peut-être avec des pleins pouvoirs extraordinaires 1 .
Il reste encore à examiner en quel sens on attribue à Pline comme gouverneur de Bithynie le « pouvoir consulaire. » On ne saurait y voir un titre appartenant de droit aux gouverneurs sénatoriaux, c'est plutôt une distinction personnelle accordée à Pline; et l'on peut prouver que les légats impériaux, même ceux de rang consulaire, n'avaient point, en général, le « pouvoir consulaire. »
Pour expliquer le sens qu'ont, dans le cas qui nous occupe, les mots consul ari potestate, il suffit de rappeler que les gouverneurs impériaux ont tous le titre pro praetore et seulement cinq faisceaux, tandis que ceux du sénat s'intitulent tous pro consule et ont six et même douze faisceaux, ainsi que je l'ai démontré ailleurs ».
Lorsque la Bithynie passa du sénat à l'empereur, celui-ci put trouver utile de laisser au moins au premier gouverneur nommé par lui, des insignes qui lui permissent de se présenter avec le même appareil et la même dignité que l'avaient fait jusqu'alors les proconsuls 3, surtout eu égard à la tâche spéciale dont Pline était chargé et qui consistait h réorganiser la province et à établir l'administration sur un nouveau pied. Si donc Pline, quoique
réorganiser; ensuite il en fit une province impériale et donna en échange au Sénat la Lycie et la Pamphylie (Dion LX1X, 14. C. 1. Gr. 4033. 4034- Depuis, on y trouve surtout des légats, mais aussi, sous Caracalla, paraitil, des proconsuls (Orelli 77; C. 1. L. 111, 254 ; rite Max. et Balb. 5).
1. C'est ainsi du moins que fit Auguste pour la Chypre (Henzen 6450). On pourrait opposer la mention du légat Servilius Pudens dont Pline annonce à Trajan l'arrivée, attendue depuis longtemps, à Nicomédie (25). Comme les proconsuls seuls avaient des légats, il faut admettre que Pudens n'était pas légat en Bithynie, mais dans une province voisine, ou qu'il l'était d'une légion et ne faisait que passer à Nicomédie.