‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 2)Chapitre 83 sur 354 · RIS · texte numérisé non relu

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I RAf&IE A. FRANCK (F. V1EWEG.)

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INTRODUCTION

Il n y a pas longtemps encore , mainte personne , j'entends des pins instruites , aurait été fort étonnée de trouver réunis en tctc.d'nn ouvrage ces deux mots Egypte et Littérature. Le public et la meilleure partie des savants étaient disposés à croire que la découverte de Champollion avait des fondements certains et présentait à la critique des garanties sérieuses ; mais on n'admettait pas volontiers qu'il y eût une littérature égyptienne autre que celle des Alexandrins. Les écrivains grecs, si prodigues d'éloges , si pleins d'admiration pour la terre antique des Pharaons , ne parlent jamais de poèmes , de romans , de traités philosophiques rédigés en caractères hiéroglyphiques : c'était là pour bien des gens une sérieuse raison de douter. S'il y avait eu dans les temples de Memphis, d'Héliopolis ou de Thèbcs qnelqnes œuvres littéraires , les anciens n'auraient pas mîinqué de les connaître et de les citer.

Et pourtant , malgré le silence des anciens , cette littérature existe : grâce aux travaux de MM. de Rougé , Brugsch . Goodwin, Birch, Chabas et des savants qui ont suivi leurs traces, elle revit parmi nous. Malgré les ravages du temps et la barbarie des Arabes , nous possédons aujourd'hui une- véritable Bibliothèque : c haque jour amène la découverte de nouvelles richesses et la publication de morceaux inconnus , qu'a sauvés de la destruction le zèle des Egyptologues. J'avais essayé de rénnir en un seul volume et d'analyser tous ces fragments et mon travail était déjà presque terminé, quand les derniers événements sont venus le suspendre. Détourné de mes études par les nécessités du service militaire , j'ai dû me borner à choisir

entre les diverses parties de mon ouvrage , celle qui ni a paru la plus neuve et la plus intéressante : c'est celle-là que je présente à la Faculté des Lettres comme thèse pour le Doctorat.

L'Egypte grecque nous avait d'ailleurs préparé aux surprises que nous réservait l'Egypte Pharaonique. Depuis le jour où Show publia pour la première fois un papyrus grec et révéla à l'Europe étonnée quelle mine précieuse de documents gisait ignorée dans les sables du désert , 1 l'Egypte n'a pas cessé de nous rendre chaque année de nouvelles richesses. . Ce sont d'abord les papiers d'état, rescrits royaux, pétitions,2 réclamations, :1 toutes les paperasses des administrateurs ptolémaïques et impériaux , puis les pièces d'intérêt privé , comptes de ménage et de cuisine nous donnant la dépense d une famille en vêtements, combustibles, denrées alimentaires , 1 contrats de rente et d'achat,5 reçus, actes d'enregistrement et d'ordonnancement,6 récits de songes,7 recueils de recettes magiques,** cahiers de notes;1' enfin, les papyrus littéraires trop peu nombreux, mais importants encore , puisqu'ils nous ont rendu plusieurs discours d'Hypéride , un long fragment du lyrique Alcman 10 et les morceaux d'une récen8ion de l'Iliade antérieure à la récension que nous possédons aujourd'hui. 11

Les débris de la correspondance privée ne tiennent point dans ces fragments d'époque ptolémaïque une place aussi considérable que dans les fragments de l'ancienne littérature égyptienne ; et le peu qui nous en est resté n'est pas souvent pour charmer les personnes habituées aux élégances du grec clas-

1. Charta Papyracea grâce scripta musei Borgutni Velitria, 1788.

2. Papyrus du Louvre N° 15, 22, 23, 24, 26, 29, 33, 35, 38, 39. :i. Id., Papyrus Nu 25.

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