Papyrus grecs du Louvre N° 1S; Pl. XXII, p
toi, viens à ma maison et demeure jusqu'à ce que nous voyons ce qu'il convient de faire. Ne néglige rien ; écris-moi au sujet de ta santé et de celle de mon fils ; occupe-toi du champ. Cette lettre a été écrite à Thmouïs le b' de Phamenoth. Nous avons encore deux jours, puis nous irons à Péluse. Mêlas vous embrasse tous nominativement. J'embrasse Pscn^noumi fils de Psentennouth.»
« Je prie que tu sois en bonne santé.»
Pour peu qu'on veuille bien comparer cette lettre aux lettres de l'époque pharaonique citées tout au long dans ce mémoire, on ne pourra s'empêcher de remarquer combien égyptienne elle est de composition et de forme. C'est la même manière de commencer par une prière , la même façon de diviser la pensée en une foule de petites phrases placées l une à côté de l'autre sans liaison grammaticale et presque sans suite : on pourrait traduire en égyptien cette lettre, sans avoir à changer une seule tournure ou la forme d'une seule idée. Evidemment, l'homme qui écrivait cette lettre n'avait du Grec que la langue , et encore son esprit avait-il tourné à l'Egyptien de telle sorte que la langue elle-même s'était altérée et avait pris un aspect étrange.
Il est à peine besoin de relever ici {l'importance historique de ces lettres privées. Peu de pays ont une histoire plus curieuse et plus intéressante que l'est celle de l'Egypte à cette époque. Plus que toutes les autres contrées soumises à la domination grecque par Alexandre, 1 Egypte offre alors le spectacle de deux grands peuples et de deux grandes civilisations en présence lune de l'autre: l'une, illustrée par d'antiques souvenirs, mais comme vieillie eu elle-même depuis des siècles , l'autre jeune eucore et douée d'une force d'expansion telle qu'aucun autre peuple n'en a possédé de pareille. Avant les découvertes modernes , on savait bien que ces deux races s'usèrent mutuellement sans pouvoir triompher l'une de l'autre : mais on ne conuaissait aucune des péripéties de leur lutte. Les papyrus grecs uous montrent les deux peuples en contact journalier , et nous font connaître la condition des personnes et l'état des esprits en Egypte , pendant les sept siècles qui s'étendent de l'avéne ment des Lagides à l'édit de Théodose.
Souvent aussi les circonstances qui ont accompagné la découverte de ces documents leur prêtent un iutérêt romanesque. En examinant le contenu d*in cercueil de momie, M. Passalacqua y trouva une lettre encore cachetée, liée sur une palette de scribe.
«Timoxène à Moschiou, Salut.»
. «M ... os 1 qui te remet cette lettre est frère de Philou qui est avec l'épistolographe Lysis. Veille à ce qu'il ne soit fait aucun tort à cet homme : aussi bieu son père est ici , près de Petonouris le second. Ces présentes lui ont été données aiusi que le signe des miens.»
« Bonne sauté.»
C'est une lettre de recommandation, mais l'individu, quel qu'il soit, à qui elle fut donnée, ne la remit jamais à son adresse. 11 mourut en route, comme il se rendait près de Moschiou; là lettre fut ensevelie avec lui, et n'a été ouverte que 2000 ans plus tard, longtemps après la chute des Lagidcs et la disparition complète des races qui occupaient alors le sol de
L'Egypte-'
La valeur littéraire de ces documents est-elle aussi grande que celle des documents hiéroglyphiques correspondants? Nou sans doute : la plupart d'entre eux ne sont que des lettres d'affaires écrites au courant de la plume par des gens d'éducation médiocre. En voici un exemple de plus -à ajouter à l'exemple cité plus haut :
MvoovXXâç xcu Xa?^iâç aoaftaç sic) <Jaxovzet ttp
aÔeX(f([) yjilof-ir.
Jfy.tn-oavteç f.v noXet là rrsçi anv tfiyi/ite/fyxora , neçi toô srçnç oe zijv àrjÔEiap 7inrjoaitoç sic t mutfttP eiç tù Saçctirtêïop iiokdftêkot [ne] OvvfiiSm ooi. s/xovoap%éç ôè. èp ttji fieyaX^i ^aqa;iuuo ovta oe eXeyov ~< /ni cov jiffZOnoXitQV. KaXùiç oiv tto/jOEiÇ ;rct(>aylvEoi}«i ijiiv eiç TIoei , on xatariXelv ftiXr- XnftêP 7TQOÇ tnv (iaoïXla [iVa' hnôov'ftP.p [sic. tvtevStv irsçi ont ziô (iaoïXil.
"Efâwoo. L. KO ^lEOogrj Kg.3
!. Lncuni' du nom propre.
2. Letronne iliins le VatahyttP de h Collection Pasvi/ucifua. Paris IV2<;