Papyrus Anastasi VI H, pl
finale: «Porte-toi bien!»1 Je dois avouer cependant que les exemples de stérilité absolue sont rares dans les Papyrus aujourd'hui connus : la prolixité est plus que la brièveté le défaut des scribes égyptiens. Leurs devoirs de politesse accomplis, ils entraient en scène au moyen de la locution préparatoire : « il est que...., il y a que... ,»2 et ne s'arrêtaient plus de sitôt. La disposition des matières dans le corps de la lettre n'était pas toujours aussi arbitraire qu'on serait tenté de le croire: au moins pour les messages administratifs, il y avait certaines règles d'arrangement intérieur dont on ne s'écartait pas volontiers. S'agissait-il de répondre à une lettre d'affaires? Le scribe pouvait combiner sa réponse de deux manières différentes. La plus simple consistait à transcrire dès le début la teneur du message auquel il répliquait: «Le capitaine des mercenaires
n-Amen,* au capitaine des mercenaires Pà-h'ers'emer-
t-u ; Sois en bonne santé, en faveur auprès d'Ammon-Râ et des dieux [vénérables]4 de {jRâ-tUor-%eper-u step-en~Râ)\ v. s. f.5 Je dis à Rà-Armachis de garder en santé le Pharaon [notre] excellent seigneur , afin qu'il puisse faire des millions de panégyries, toi étant en faveur auprès de lui, perpétuellement-Communication. — Il y a que j'ai entendu le message que tu as fait, disant: «J'ai exécuté tous les desseins excellents que le Pharaon mon seigneur avait conçu pour les Mercenaires de la citerne.»6 On mettait ensuite la réponse: «Ainsi as-tu dit. Je te transmets le souhait excellent de Phrâ, que tu puisses être dans la demeure de ton père, donnant des ordres comme
les 7 Lorsque ta lettre m'est arrivée , je me suis réjouis
beaucoup, beaucoup. Puisse Phrâ- Armachis t'accorder de parcourir une longue vie. installé dans la demeure de ton père
1. Papyrus de Leyde I, 349, b, dernière ligne; Papyrus Anaslusi V. pl. XIII, l. I ; etc.
2. Sur cette locution, voir Goodwin, Papyrus hiératiques, 2* art. pl. 2-3.