LETTRES
r LETTRES DU PATRON AU PROTÉGÉ.
Je laisse de côté les pièces nombreuses qui traitent exclusivement de matières administratives ; les listes de denrées, ^ les registres de comptabilité, ^ les rapports de police,' les papyrus judiciaires,^ si intéressants qu'ils soient pour Thistorien , n'auraient aux yeux du lecteur ordinaire qu'une importance médiocre. La littérature égyptienne renferme à côté des lettres missives écrites et envoyées par les gens d'affaires des morceaux en forme de lettres non moins curieux que les lettres elles-mêmes. Les scribes gens bavards de nature et pédants par métier aimaient avec joie à parler longuement des choses qui touchaient à leur profession. Ils saisissaient avec la moindre occasion d'adresser à leurs confrères des compositions apprêtées où l'éloge des lettres se trouve mêlé à des conseils ou à des reproches. Ces correspondances artificielles, où l'auteur, empruntant des noms connus, faisait souvent lui-même la demande et la réponse, sont un des genres les plus féconds de la littérature pharaonique et renferment mille détails dont on ne peut comprendre le sens à moins de connaître le système de l'éducation égyptienne et la condition des écrivains.