Papyrus Anastasi III, p. VI, I
brunis, leurs grands corps blancs, ornés de peintures et de tatouages. Puis, c'était un succès remporté sur les XHias ou la prise d'une place forte Mageddo^ Kadesh^ Halep, Carc/témisy entrepôts du commerce syrien. Le défilé recommençait aux fanfares du clairon, et aux roulements du tambour; les acclamations de la multitude et les chants des prêtres accompagnaient sur tout son parcours le cortège triomphal du Pharaon. Mais, la première ivresse passée, les classes populaires, épuisées par trois siècles de guerres incessantes, écrasées sous le poids des corvées et des impôts, retombaient dans leur découragement habituel ; les classes élevées raillaient le soldat et tournaient ses souffirances en ridicule. Cet ennui du succès, ce dégoât pour les victoires sanglantes et chèrement payées nous expliquent bien des points obscurs de l'histoire d'Egypte et ftarent pour beaucoup dans la chute rapide de l'édifice si laborieusement élevé par les princes de la XVIIP et de la XIX • dynasties.
Si nous avions encore toutes les pièces de ce genre qu'ont écrites les scribes de Tépoque des Ramessides, nous posséderions une véritable galerie de tableaux où les métiers du monde antique seraient peints au vif avec leurs ridicules et leurs misères de chaque jour. Par mallieur. les textes relatifs au fermier et au soldat sont à ma connaissance les seuls portraits détaillés qu'on ait trouvé jusqu'à présent. Peut-être pourrait-on y ajouter le fragment d'une lettre û!Enn(i^ si mutilée qu'on n'a pas songé à l'étudier jusqu'à présent et qui paraît décrire la vie du pêcheur et du chasseur. « [L'oie s'abat sur T] étang, — le flammant dans les joncs (?) — Les pêcheurs descendent au bourg de Zaleh^û — [où] le courant produit des tourbillons. — Les jeunes gens [y] font leurs comptes, — et ouvrent l'huile qu'ils ont gagnée. — La barque aborde, écartant — les tiges de roseaux sur le quai — des roseaux. — L'hippopotame fuit dans [les joncs ; — le crocodile] se couche dans les flaques; — l'eau miroite.»^ Après avoir dépeint en une série
1. Anastasi IV, pi. I, I. 1 Bsq. Les deux premières pages û!Ana9ta8% /F sont presque entièrement détruites. De la première, il ne reste plus que la fin des huit premières lignes. Voici ce ^ue j'y lis et les restitutions qu'on peut y faire. Le ligne I renfermait le titre que je rétablis d'après
la formule connue.
:5kPJ*¥^i™"4i
[Commencement des instructions de lettres qu a faites
de vers, trop incomplets pour qu'on puisse les restituer et les traduire, les mœurs des pêcheurs et Taspect du Nil, Ennà s^attache aux habitudes des chasseitrs : « Le [chasseur] de TOcci-
sexà ] n seyà Anna em renpe^t ûd-4
le Bcribe } au scnbe Erma en l'an I,
INI îx;^ mil r* ^J iii x<=>H il 11"^
iobd-tmdd] s*efnû Rà [mût dûàit] h'etera -un
4«moiB de S'etnilf jour lô^me « les revenue de
pà Apû -u a- n - euj h*dpX 'i
la fë^.n Ainsi dU-a le Nil ?
[-]IIJ^{lii:if;[-]lii^T'4':,k
. . . . btl éi - n - na pà dû qewd't em-
.... nous ne sommes pas allés la direction du midi à-
<^ </^ <Qi> K/.
éÛÈÈ
sa la suite de
La page II dont j'ai traduit les premières lignes commence an milieu d'un mot, heureusement facile à restituer: j( ^^ wfeL^^P^I
iiii,T;-ztpjii*^=-jf='
/WW/VA
dent -— fait griller Foie : — le vautour coupe les joncs, tranche Iles roseaux. — Surpris dans le filet] l'oiseau crie vers
|Çi II H "^"^^^^ ""^^^ lBir]kafa , dont j'ai rétabli les deux preluiërcd lettres , est le sémitique nslia , et imt. c. r3"?a t ar. ^^^ étang, piseme t qu'on trouve en égyptien sous deux autres formes U <^^
^^ Jj ^ A (] ^^^'^^^ l^L bat'kabuUi ( Cfr. Brugsch , Dict. , p.
404, 8. r. l.) et J <^ ^ a^^vvna ^^^^ y^^y^ ^^^ ^^ ^ ^^^^
D'après sa forme ^ vj ^ LTJ ^^ "^ |ï tmmiè'ànà'U doit être
d'origine sémitique; malheureusement je ne puis, ni l'identifier, ni déterminer le nom de la plante qu1l désigne. Le nom du bourg
^7^ Zaleh^û a déjà été rattiiché par M. Brugsch {Dict. 8. V. l.) à l'hébreu nbsç, trafmit, mva8U, in-uit: M. Brugsch ny a pas reconnu un nom de localité. ^^l^^ ^'^^'^^ l — » mesmû semble
désigner /« cotir<i#}<, fD ^^ -^ ^^^'^'^ J^EL hànnûy non signalé par
*yt^ A/N/VW\ A/N/VW\ 'W^'V^
M. Brugsch et dont on a la variante fD ^fe^ « o ^fei. /vwwvj^si /i*,>w-
A/S/VW\
n^iM, paraît signifier ri^^MM», tourbiUan. ^^ À(làâ|Bg^a^/,i, qoui
d'une espèce de barque, est sémitique et s'apparente à l'hébreu b^
dènner8U8 est, îlbsiX pn^unânm, vnrugo. ^^ ^k, J| wswî ^'^^'^ tw<)r« < représente Um bas'ffwdst ^9 Jiaqtws d'eau peu profondes où se vautrent les crocodiles et les hippopotames. Quant ^ V ^ ^^?^ ^
^^-^^ Mxrqà , c'est encore un mot sémitique ^11, fulsit , mieuit
res ; BplenduU oculus, fulgurarit ; p'na , fulyuravit , p'ja J^g^tr , /« /- </o9*. Dans les lignes suivantes , je ne distingue plus que des lambeaux
sans lien entre eux : (L. 0) ^É« Q ^^ «il \ (J ^ )^
%39?» JS» I N III
/vv/v^
Les roseaux à on de l'oiseau
le ciel ; — Toiseau , effrayé , s'élève. — Si [le chasseur]
rapporte |du gibier, — on lui donne] des pains.» ^
al^ta - àar heii nà ;ift/-
Arta - El ; point les les
ï-tf ta zera - t m dx'i a-
ajoncs (?) ; le vautour s'élève , la
0 ^éfcSlII I -»^ HUI û<:=>A — A c=^:^|||||
pà . . . d-û - u dttifl set h'er mû n tneh* pà(U
le pêcheur ^ ; elle vit sur nne eau de neuf coudées
dùtrta - u Zà - u - u pà
[de profondeur] le courant les
1k "^ (L. loj iliiii %:;i i
Ktqj^sà-^-u -M pà
les rassemble les bœufs ; I oie
hil rey-tâ
wî-tt» hil reX'
ne Taperçoit pas ; point n'est su
Û-H antu ro as*u m s'emû r nieh* bukû - u n
sont apportées des oies nombreuses (en la saison shetnttj pour ac-
[complir les travaux de
-fi pà k'wd m uà imba
le serpent dans le trou;
(Pageiii.1. 1) wm^"^. « ^^^« w « ^. .';^
pa ahu h*ennû fit
le la
qem-t h*er sed-t oit nCi h'er . . . -t -u
grue (?) tremble qui est au
Le nom (J QA <p> A (I (J ^|^<t^ ^^ Arta-aàr d'une espèce d'oiseau»
est formé des deux racines sémitiques bK*ni*niM m. à m. les flammes de Dieu, de ^k ilieu et de hni«, n'jÎK, jplur. , ri*i*'!« /ter; splendor felici» tatis. Je ne saurais dire quelle espèce ooiseau portait ce nom. De même
1k ? y ^ me paraît pouvoir se rapporter k rhébren y^jy , D3p , 1 . Voici comment je restitue le texte de ces dernières lignes (Anastasi
A défaut de documents aussi développés, l'antiquité égyptienne nous a légué un petit traité, j'allais dire une brochure, dédiée par un scribe à son fils. Cet pamphlet, fort ancien, puisque le style et la forme des noms propres qu'il renferme nous reportetit au temps de la XII* dynastie, était goûté des lettrés et passait pour un morceau classique : aussi en possédons-nous deux manuscrits sur papyrus, > plus la copie sur pierre calcaire d'un assez long passage.^ M. Goodwin, qui l'a étudié avant moi , a renoncé à le traduire et s'est borné à l'analyser d'une manière sommaire.^ Peut-être aurait-il été plus prudent pour moi de suivre son exemple : le texte est tellement corrompu , le nombre des mots techniques et des tournures archaïques qu'il renferme tellement considérable, qu'en certains endroits, il est difficile de suivre le fil de Tidée. J'ai cru néanmoins devoir donner ma traduction telle qu'elle est aujourd'hui, sauf à la corriger plus tard ou & la voir corrigée par d'autres.
«Commencement des instructions — qu'a faites l'employé à l'aire (?) , — Dûàû-tv - Se-xrûd, est son nom, — à son fils, Papiy est son nom. — Il se rendait à Xenmt, — pour le mettre & Vécole des lettres, — [où] ne le dépassèrent (?) point les enfants des magistrats, — qui habitent Xennû, — Voici qu'il lui dit :
kPJ*'kil^*r~~3^^rft
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[tndxàauj'U n amêni'4 dû-^ s'emii pà àpdû ta zerà-t s^âd-se-t pà tM*û-u
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tetX ar antû [târpdru dd-td-n-ew] dqû-u,
1. Papyrus SaUier II, pi, III, l. 9 --pi XI, /. 4; Pmwruê Anastnêi
ru, pi. J, /. / -pL ru i. 4,