làid. n
Attesta, Annelles, Ardennes, arr. de Rethel, cant. de JuniviUe.
Sedoilum, Seuil, Ardennes, arr. et cant. de Rethel.
Todiniacum, Thugny, Ardennes, arr. et cant. de Rethel.
Atseium, Acy S Ardennes, arr. et cant. de Rethel; ce lieu possédait un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Remy.
22. Une charte de 1160 nous apprend qu'ErleboId, abbé de Stavelot, donna à l'abbaye de Saint-Remy, du consentement de son chapitre, tout ce que son monastère possédait à la villa Genni-niacu7n située dans le pagus Remensis, moyennant un cens annuel de huit marcs d'argent^ ; mais cette indication topographique, répétée dans une autre charte de juin 1238 constatant un accord entre les deux mêmes abbayes au sujet du cens dû par celle de St- Remy, ne doit être considérée que comme l'écho lointain des diplômes de Childéric II et de Dagobert II. Depuis longtemps déjà le iermepagus Remensis était hors d'usage.
23. Par une charte sans date, mais rédigée certainement de 1162 à 1180^ Amould, abbé d'Orbais, fait savoir qu'il a cédé à l'abbaye de Saint-Remy de Reims, régie alors par l'abbé Pierre, cinq sous rémois de cens que son monastère percevait annuellement, à la Saint-Remy, au Mez d'Orbais **, ainsi que ce qu'il possédait en vinage apud villam Colu77ipnas nuncupatam in Remensi territotno sitam; en échange de ces biens l'abbaye de
1. M. Quërard a proposé comme traduction d'i4/56^m,Azy-B0Dneil, prés de Gbftteau-Thierry, et Âtbis (Marne), arr. de Ghûlons, cant. d'Ecury).
2. Cette charte est conservée, ainsi que celle de 1238, aux Archives de la Marne (fonds de Saint-Hemy de Reims, liasse de Germigny).
3. L*abbé de Saint-Remy qui figure dans cette pièce gouverna ce monastère de 1162 à 1181 (Gallia Christiana, t. lX,col.234; quantàÂrnoul, il était abbé d'Orbais en 1165, mais on trouve son successeur OuUlaume en \miibid. t. IX, col. 424).
4. « Quinque solides census Remensis monetae in ipsius beati Remigii « festivitate... annuatim in Manso Orbacensi in perpetuum reddendos » (Gartulairc B de Saint-Remy). Le cartulaire G de la même abbaye, postérieur au cartulaire B, donne in Maso pour in Manso. Mansus Ckrbacensis était le nom d'une rue de Reims, ainsi que le prouvent les textes suivants : « Quandam domum quam habebant, ut dicebant « Remis, sitam in vicoqui dicitur£iit9iieis(i'0r&ais juxta domum Johannis « in pinaculo dicti vici •, 1262 (Acte de vente d'une maison appartenant aux frères du Val des Ecoliers : Archives de la Marne, fonds de Saint- Etienne de Reims, cart. I). En 1272, la même maison est dite « in vico « que dicitur Meii d' Er bais juxia. domum Johannis in pignaculo dicti vici • {ibid.t même carton). — • En la rue de la Serrurerie faisant le coing de « la rue du Mez de Rebeys», 1485 {Wid,)
Saint-Remy donnait à celle d'Orbais, une femme de corps et ses trois fils demeurant à Orbais ^ — Columpnae est aujourd'hui Coulommes, Marne, arr. de Reims, cant. de Ville-en-Tardenois ; nous avons déjà vu ce village nommé dans le polyptyque parmi ceux du Rémois.
Les documents dont nous venons de donner Ténumération nous font ainsi connaître la situation dans le pagus Remensis des soixante-sept localités suivantes * :
Acy.
Annelle.
AulDoys (les), commune de Pierry.
Aumenancourt (Flod., Pol.)
ATenày.
Berméricourt (854).
Bézannes
Boiiclenay, village détruit, commune
de Souain.
Boujacourt, commune de Champlat.
Breuil-sur-Vesle (877, Pol.) Brienne (869).
Gauroy-lës-HennonTille(T. 1033).
Gerseuil, commune de Mareuil-le-Port.
Ghambrecy (Flod., Pol.) Cbaumuzy.
Coulommes (977, Pol., 1065).
Coulumeulx,Yi]lagedétruit,près Caurel.
Gourville.
Crugny.
Dizy, (vers 662).
E<>uei1.
Epernay (Flod., Pol.) Fismes (Flod., Usuard).
Flcury-la-RiTière (867, Pol.) Fresnes (854).
Gennigny-lès-Machaut, vill. détr.,com.
de La Neuville-en-Tournafuy (t. 650,
664, 667, etc.) HautTillers (t. 662).
Heutrégi ville.
Isles-sur-Suippe.
Jouv (Flod.) Ludes (818).
Lothernay, comm. de Bouvancourt.
Mardenil.
Marzelle, comm. de Trigny (922).
Mutigny (viii* siècle).
Nanteuil-la- Fosse.
Onrezy, comm. de Bouilly.
Perlhes.
Pontfaverger.
Pourcy.
Presles. comm. de Nanteuil.
Prouilly (818).
Puisieulx.
Quilly, comm. de Tourcelles.
Reims, chef-lieu du ptigus,
Romain.
Rosnay.
Selles.
Seuil.
Sommepy.
Thugny.
Tincourt c^mm. de Vinay.
Tinqueux (977, Pol.)
Tours-sur-Marne (886).
Trois-Puits.
Unchair.
Vauciennes.
Vendeuil.
Ventelay (877, Pol.)
Venteuii.
Ville-en-Selve.
Ville-sur-Retoume.
Villedommange (783, etc.; Pol.)
Villemerle, comm. de Bouilly.
ViUers-aux- Nœuds (953, Pol.)
Vrigny (977).
Warmériville.
1. Bibliothèque de Reims : Gartulaire B de Saint-Remy, p. 93-94 ; Gartulaire G de la môme abbaye, f« 38 verso.
2. Cette liste ne contient que les noms dont nous avons pu donner une traduction raisonnable. S^ous indiquons» entre parenthèses, à la suite de chaque nom, la date des documents où les villages sont désignés comme dépendant du Rémois; lorsque ces documents senties écrits de Flodoard ou le polyptyque, nous substituons les abréviations Flod. ou Pol. à ces dates. Les noms qui ne sont suivis d*aucune date sont indiqués par le polyptyque seulement. Nous emploierons le même mode d'indication pour les autres pagi.
En rapprochant cette liste de nos études sur les autres pagi du diocèse de Reims, nous pouvons affirmer que les cinq doyennés de Reims, d'Epernay, de Vesle, de Bétheniville et de Lavanne doivent être considérés comme dépendant entièrement du pagus Remensis. Suivant le polyptyque, cepagus aurait franchi, vers le sud-ouest, les limites du diocèse de Reims et englobé une certaine étendue de pays ; c'est du moins ce qui ressort des noms de Cerseuil, Venteuil, Vauciennes, Tincourt et des Aulnoys, localités du diocèse de Soissons qui figurent dans ce document parmi les villages du pagus Remaisis, Mais le chapitre du polyptyque dont nous parlons ne remonte, ainsi que nous le démontrons dans notre appendice, qu'au milieu du xi*^ siècle, et cette date tardive explique l'attribution faite au Rémois d'une contrée que des documents de l'époque carolingienne nous permettent d'assigner, avec toute certitude, à deux petits pagi alors supprimés : \q pagus Otmensis et le pagus Bagensonensis^. Le catalogue des villages de l'abbaye de Lobbes attribue aussi au Rémois, Brienne, paroisse du diocèse de Laon, limitrophe de celui de Reims ; mais c'est là un écart sans importance. Le pays de Reims comprenait aussi la plus notable portion des doyennés d'HermonvÛle et de la Montagne, et, si l'on s'en rapporte au polyptyque, il s'étendait sur le doyenné du Châtelet; mais il n'est pas aisé de dire où s'arrêtait le Rémois dans ces doyennés hybrides, car les documents ne s'accordent pas toujours entre eux pour la topographie de ces régions.
Ainsi, en commençant par la limite septentrionale du Rémois, on voit que le polyptyque tend a faire arriver ce pays jusqu'à la rivière d'Aisne en plaçant dans le pagus Remensis les cinq villages d'Acy, de Thugny, de Seuil, de Perthes et d'AnneUe, bien que d'après le testament de saint Remy , la seconde de ces localités,
1. Nous avons publia, dans la Revue archéologique (t. 1 de 1809, p. 361 -37 i), un mémoirp sur ces deux pagi. Dans un récent travail {Les invasions normandes dans la Loire et les pérégrinations du corps de saint Martin), M. Mabille qui. jadis, confondait le pagus Otmensis avec la fort^t d'Othe, située dans les diocèses de Sens et de Troyes, a adopté nos conclusions quant à la situation de ces territoires, en y ajoutant cette note : « On a cherché à distinguer le pagus Otmensis du pagus Bagetiso- » nisus, à tort, croyons-nous. Ces deux dénominations désignaient la » môme étendue de territoire; la meilleure preuve qu'on en puisse » donner, c'est qu'on ne les trouve jamais citées à la fois dans le même *» document» (Bihlioth. de l'Ecole des chartes. G* série, t. V, p. 42G, note l). — Nous avions pensé noue-même à cet argument, mais il nous a semblé fort peu décisif et cette considération nous a empoché d'en parler.
Thugny (Todiniacum) ait dépendu de Porcien et que, suivant Flodoard, Perthes fît partie du pagus Vongensis, Cette tendance du rédacteur du polyptyque à considérer l'Aisne comme limite septentrionale du Rémois est certaine, car, pour lui, tous les villages dont il parle et qui sont arrosés par l'Aisne, mais situés sur la rive gauche , Acy, Thugny et Seuil, appartiennent au Rémois, tandis que Resson, Barby, Château-Porcien, Gaumontet Avaux, placés sur la rive droite de cette rivière, sont attribués par lui, d'accord en cela avec les autres documents, au pagus Porcensis.
Pour ce qui concerne la limite du Rémois dans les doyennés d'Hermonville et de la Montagne, c'est-à-dire vers le Tardenois, le rédacteur du chapitre X du polyptyque n'a vraisemblablement pas eu l'idée de suivre une limite naturelle, mais, là aussi, il empiète certainement sur le pays voisin. 11 est vrai qu'en un endroit, au moins, le scribe est tombé dans le défaut contraire en nommant, parmi les localités du Tardenois, Proviliacum qu'une autorité moins discutable, un diplôme de 818 (environ), place justement dans le Rémois. S'il nous était permis d'émettre une opinion sur la limite probable du Rémois et du Tardenois, nous pencherions à choisir l'Ardre, rivière qui, prenant sa source près de Nanteuil-la-Fosse, traverse les deux doyennés de la Montagne et d'Hermonville et se jette dans la Vesle près de Fismes : la rive droite aurait dépendu du Rémois et la rive gauche du Tardenois. Voici sur quelles raisons reposent nos présomptions. Nous ne trouvons que quatre localités de la rive gauche de l'Ardre qui soient indiquées comme dépendant du Rémois, à savoir Courville, Chambrecy, Boujacourt et Nanteuilla-Fosse ^ et elles le sont dans un des documents les plus tardifs, c'est-à-dire les moins concluants, le polyptyque. Or, la première de ces localités, Courville, doit être placée dans le Tardenois sur le témoignage de Flodoard ; la dernière, Nanteuil-la-Fosse, était dite « en Tardenois » au quatorzième siècle, et, les deux autres villages, Chambrecy et Boujacourt, sont assez proches de Villeen-Tardenois pour ne pas avoir été toujours considérés comme faisant partie du Rémois.
La contre-partie de cet examen, c'est-à-dire l'examen de l'ex-
1. A ces noms, on aurait pu ajouter Fleury-la-Rivière, compris dans le Rémois, au dire d*un diplôme de 867 et du polyptyque, mais cette paroisse du doyenné do la Montagne, peu distante d*Epernay et limitrophe du diocèse de Soissons, ne fait pas partie du bassin de TArdre.
tension du Tardenois sur la rive droite de l'Ardre, nous mène à des résultats aussi peu certains. Six villages seulement de cette rive sont placés in pago Tardinense, mais par des documents dont les assertions ne sont pas irréfutables ; ce sont Méry, Savigny, Crugny, Fismes, Villette et Prouilly, et, encore Méry n'est-il dit en Tardenois que dans des textes du treizième et du quinzième siècles, ce qui ôte quelque valeur à cette attribution. La situation de Savigny dans le même pays n'est indiquée que par le polyptyque. Crugny est placé dans le Tardenois par un passage de Flodoard, taudis que d'après le polyptyque ce village aurait été in pago Remensi; mais peut-être l'attribution de Crugny au Tardenois par l'historien de l'Église de Reims ne résulte-t-elle que de la présence de ce village dans une énumération de localités voisines situées dans le Rémois, Mont, CouiTille et Aciniacum (peut^tre Saint-Gilles), et séparées de Crugny par l'Ardre. Fismes (Cella sanctae Macrae) aurait fait partie du Tardenois, si l'ons'en rapporte à un diplôme de 877, alors que d'après Usuard et Flodoard le lieu du martyre de sainte Macre, c'est-à-dire ce bourg même, était compris dans le Rémois; la situation de Fismes près du confluent de la Vesle et de l'Ardre qui traversent son flnage peut servir d'excuse à ces prétentions contraires. Villette, hameau situé à l'est de Fismes et sur le territoire de cette commune, nous est fourni par le polyptyque, mais il est évident que si l'on attribue Fismes au Rémois, Villette doit aussi y être compris. Quant à Prouilly, nous avons fait remarquer plus haut que son attribution au Tardenois par le polyptyque n'est que le résultat d'un lapsus, ce village étant situé au nord de la Vesle dans une région peu éloignée, il est vrai, du pagtLS Tardinensis, mais jusqu'où il ne semble pas s'être étendu ; d'aill/3urs le polyptyque est ici en désaccord avec lui-même, car Prouilly n'est entouré que de localités qu'il nomme parmi celles du Rémois.
n est un troisième point sur lequel, d'après nos documents, le pagus Reinensis se serait étendu au-delà des doyennés que nous reconnaissons s'être formés de son territoire. D'après le pouillé du xrv® siècle, Germigny-lès-Machaut, ancien village du Rémois, est compté au nombre des paroisses du doyenné d'Attigny *, et ce même pouillé ainsi que les comptes de décimes de 1346 et de 1531 placent dans la même division ecclésiastique les églises de Cauroy, Contreuve, Leffincourt, Macliaut, Mont-
1. Varin, Archives adminidraiives de la vUle dé Reims, t. II, p. 1108.
Saint-Martin, Mont-Saint-Remy, Pauvre, Semide^ qui, au siècle dernier, figurent avec leurs annexes de Dricourt, Sugny et Ville-snr-Retourne parmi les établissements religieux du doyenné de Bètheniville. Il y a eu certainement dans cette région une variation de limites de doyennés, circonstance qui se présente rarement, croyons-nous; aussi recommandons-nous aux érudits de la contrée d'étudier les causes de cette variation. Nous n'osons affirmer, d'après ces données, que la limite commune des doyennés d'Attigny et de Bètheniville ait été parfaitement déterminée au moyen-âge, et nous nous sommes décidés a faire figurer les deux difierentes délimitations sur nos cartes, de sorte que le territoire en litige, renfermant deux villages du pagus Remensis, Germigny et Ville-sur-Retourne, ainsi qu'une localité du pays de Voncq (Porcien, suivant le polyptyque), wSugny, s'y trouve clairement indiquée. Dans ce territoire, la limite des pays de Reims et de Voncq était évidemment, à en juger par ces indices, formée par les coteaux qui séparent les cours d'eaux coulant vers l'ouesl, de ceux qui se dirigent vers Test, coteaux qui, plus au sud, servaient également de limites aux doyennés de Bètheniville et de Cernay, c'est-à-dire au Rémois et au Dormois.
En résumé, voici quelle serait suivant nous la limite du joapM^ Remensis : au nord, vers le Porcien, c^tte limite aurait à peu près suivi le cours de la Retourne, et la ligne de démarcation se retrouverait dans la limite septentrionale du doyenné de Lavanne ; au xf siècle, cependant, on semble avoir tendu à reculer la frontière jusqu'à l'Aisne, en attribuant à ce pays une portion du doyenné du Châtelet. A l'est, les coteaux qui séparent les bassins de la Retourne et de la Suippe d'une part, celui de l'Aisne de l'autre. Au midi, la limite même du diocèse de Reims jusque vers Fleury-la-Rivière, village situé sur les confins du diocèse de Soissons. Au sud-ouest, le cours de l'Ardre, qui, enlevant au Rémois une portion des doyennés d'Hermonville et de la Montagne, séparait le Rémois du Tardenois. L'Ardre se jetait dans la Vesle près de Fismes, et le Rémois n'avait ensuite, jusqu'à l'extrémité nord-ouest du doyenné de Lavanne, d'autre ligne de démai^ cation que celle du diocèse.
1. Varin, Arch, adm. de la ville de Reims, t. Il, p. 1108-1113, pour le pouiUé et le compte du xiv* siècle. Le compte de 1531 se trouve aux Archives nationales, G» 2. t^ 723 à 735.