Polyptyque de V abbé Irminon, t. I, p
2. Dans le cartulaire de l'abbaye de Sainte-Vanne do Vordun, lo diplôme de Henri II mentionnant la donation do Ballodium, domaine sis au comitatu de Casterei^ est précédé de cette rubriqne : Donaiio HaUodii a prope Lomincum in cpiscopatu Trevereim » {Carlulnire de S. Vanne de Verdun; Bibl. nationale, ms. 5*211 du fonds latin, p. 71).
3. Ce diplôme donné on 1015 s'exprime ainsi : « Cornes etiam Loitar- » dus, in eodem monastorio monacbus factus, dodit in pago Vaprensi in ■ comitatu de Casterei predium Baliodum. » {Cartulaire de S. Vanne de Verdun, n* 5214 du fonds latiïi, p. 80).
4. Cette bulle, datée de Tan 7 du pontificat de Jean XIX (1030-1031). reproduit les indications topographiques du diplôme de Henri II.
5. NotiUa Galliarum, verbo Vabrensis pagus, p. 579. C. Marlot, Metropolis Remensis kistoria, t. I, p. 187.
Cette forme Castrensis, que Ton trouve aussi dans le plus ancien texte mentionnant notre pagus, pourrait donc être préférée à la forme Castricensis, que nous avons cependant adoptée, pour nous conformer à la tradition rémoise qui, du reste, a pour elle deux historiens rémois dux° siècle, Flodoard et Richer.
Nous avons trouvé neuf mentions du pagus Castrice>îsis.
1. Il est certain que le pagus Castricensis existait dès les premières années du neuvième siècle, autrement Flodoard ne l'aurait pas nommé parmi les contrées qui furent comprises dans le missaticmn confié aux soins de Wulfhair, sous le pontificat de Turpin, c'est-à-dire avant 812 ^
2. En 832, Louis le Pieux, dans l'acte de partage de ses Etats, mentionne le pagus Casb^eiisis parmi les pays de la France moyenne {média Francia) qu'il adjoint au royaume d'Alémanie, créé pour son jeime fils Charles. On ne peut supposer qu'il soit question, sous cette forme CastrensiSj d'un pagus différent du Castricensis, car il est nommé entre le Vongeois et le Porcien *.
3. Les Annales de saint Bertin comptent le Castricium parmi les pays compris entre le Rhin et l'Escaut et attribués à l'empereur Lother par le partage de 843 ^.
4. Après la mort de l'empereur Lother, ce pagus fit partie du royaume de son second fils Lother II. Lors du partage du royaume de ce dernier entre ses oncles, Louis le Germanique et Charles le Chauve, en 870, le Castricium fut un des pays attribués à Charles *.
5. Par un diplôme du 23 juin 887, l'empereur Charles le Gros donna aux religieux de l'abbaye de Saint-Médard et Saint-Sébastien de Soissons une villa nommée Doncfierium, située sur la
t. Flodoard, HisUnia Remensis ecclesiae, 1. 11, c. 18.
2. « Âd Âlamanniam totam Burgundiam, excepto quod Pippino datum » est, totam Provinciam et totam Gotiaoi, et de ista média Francia Wa- » [vjrensis, Ungensis, Castrensis, Portiano, Remegensis, Laudunensis, 1» Mosellis, Treveris »(0om Bouquet Historiens de France^ t. VI, p. 414).
3. « Lotharius inter Rbenum et Scaldem in mare decurrentem et rur- 9 sus per Cameracensem, flainnoum, Lomensem, Casiriiiumei eoscomi- 9 tatus qui Mosae citra contigui habentur usque ad Ararem Rodano in- M fluentem. » Annales BerUnianit anno 843, chez dom Bouquet, t. VII, p. 62).
4. « Et haec divisio quam Garolus de eodem regno sibi accepit :
» Scarponinse, Viridunense, Dulmense, Arlon, 'Wavrense comitatus II, » Mosminse, Castricium, Gondrust» {Annales Berlin., chez dom Bouquet, t. VII, p. 110).
Meuse in coynitatu Castreyise, et les dépendances de cette villa, afin qu'ils y élevassent en Thonneur de leur patron un prieuré (cella) pour leur servir de refuge en cas de besoin*. II s'agit ici de Donchery (Ardennes, arr. et cant. de Sedan), petite ville dont le prieuré et la cure dépendaient encore au siècle dernier de Tabbaye de Saint-Médard de Soissons *. Le plus ancien pouillé du diocèse de Reims (1303-1312) nous apprend que l'église de Donchery était placée sous l'invocation de saint Médard, ce qui montre qu'on avait exécuté le vœu de Charles le Gros^.
6. Flodoard et Richer, les deux grands historiens rémois du x* siècle, donnent des renseignements concordants sur la situation du pagus Castriccnisis au commencement de ce siècle. En 920, Erlebald en était comte'*. Ce seigneur, d'un caractère rapace, s'était emparé de biens appartenant à l'archevêché de Reims et avait construit sur une terre de cette église, située au bord de la Meuse, une forteresse du nom de Maceriae qui depuis est devenue la ville de Mézières. 11 attira ainsi sur lui les foudres de l'excommunication, et, ayant refusé de se soumettre, il fut assiégé dans Mézières par l'archevêque Hervé. Au bout de quatre semaines il s'enfuit furtivement de la place, qui dut se rendre, et il alla rejoindre, dans le pays de Worms, le roi Charles le Simple qui parlementait alors avec Henri P*", roi de Germanie; là, ayant tenté de s'interposer dans une querelle entre les vassaux des deux souverains, il fut tué par ces furieux. Le comte do pagus Castyncensis était mort sous le coup de l'excommunication; mais l'année suivante, au concile de Trosly, l'archevêque de Reims, à la prière du roi Charles et du consentement des évêques présents, le releva de cette sentence^.
1. « Goncedimus dilectissimis monachis conobii sancti Medardi atquo
> Sébastian!, ad eorum scilicet usus, stipendia atque refugium ingruen- >» tis persecutionis ex eadem abbatia, villam nostram dominicalem » superMosamfluviumsitam in comit^itu Castrensi, Doncherium nomine
> ut praefatis sanctis inibi cella construi possit ad divertendam vio-
» lentae persecutionis rabiem. » (Marlot, Metropolis Remensis historia^ 1. 1, p. 508).
2. Varin, Arch. admin. de la ville de Reims, t. Il, p. 1075 et 1079.
3. Ibid,, t. II, ]). 1075 : « Parrochia de Donchereyo fundata in honore » beati Medardi. »
4. Flodoard l'appelle cornes Castricensis pagi (Historia Remensis ecclesia, 1. IV, c. 16; Chronicon, ad anno 921. — Ricber le qualifie cornes Castricetisium (Historiae, 1. I, c. 19).
5. Flodoard, Historia Remensis ecclesiae, 1. IV, c. \G. — Chronicon Flodoar' di, années 920 et 921. — Richer, Uistoriae, 1. I, c. 19, 20 et 26. — La chro-
7. Le nom du pagus Castricensis apparaît encore trois fois dans Flodoard. La première mention concerne une femme du pagus Castrioius, du nom de Rotgarde, laquelle, au dire de rhistorien, * aurait recouvré l'usage de ses jambes, lors du retour des reliques de saint Remy à Reims, en 883 ^ — Ailleurs, Flodoard rapporte que Rodemar, sous Tépiscopat de Rigobert (696-733), donna à Téglise de Reims ses biens situés in Vico in pago Castricensi^, et qu Austrebert fit don de ceux qu'il possédait dans la même villa. — Enfin, il nomme ce pagus parmi ceux qui formèrent le miasaticwn confié à Wulfhair par Charlemagne^. — Viens ne peut désigner ici que Vieil-Saint-Remy {Viens sancti Remigii^)^ village qui figure, au neuvième siècle, dans le polyptyque sous la simple dénomination de Vicu^^;
nique apocryphe de Mézières rapporte les mêmes faits en y ajoutant quelques détails supposés sur les ascendants et les descendants d*Erlebald (voir notre appendice n*ll).