XXIV, 10, XXVlll
d* Arani-Naharaïm (la Syrie des deux fleuves) et de Padan-Aram (la plaine de Syrie). Les inscriptions de Téglatphalasar et de Sennachérib placent dans le bassin du Tigre un peuple d'Aroum ou d'Aram*; et Strabon, à son tour*, dit que Ton appelait parfois syrien Tempire assjTO-babylonien. Enfin peut-être est-il permis de chercher dans cette concision, établie par Tusage entre les termes de Syrie et d'Assyrie, la solution d'une question ethnographique, celle des positions diverses qui, à difiërentes époques de l'histoire, semblent convenir aux Rotennu des inscriptions égyptiennes.
Quant à TAraxe dont parle ici Xénophon, la carte n° 4 de Tatlas de Chesney en indique l'embouchure dans l'Euphrate par les mots : Mouth of Khabûr (Araxes of Xénophon)^ tracés près du cours de ce grand fleuve à 35^ et quelques minutes de latitude ; c'est le seul affluent considérable de la rive gauche, du moins dans cette région ; Ptolémée lui donne déjà son nom moderne (Xa^wpa;), ou plutôt ce nom doit être celui que les Orientaux lui ont donné à toutes les époques; le géographe grec en place le confluent à 35°. Du détour de l'Euphrate à l'embouchure du Khabûr, la carte de Kiepert en quatre feuilles dont je parlerai plus loin donnerait 54 parasanges, en suivant le fleuve avec une ouverture de compas correspondant à 3 milles anglais, ce qui correspond fort bien aux 50 de Xénophon, puisque nous tenons compte ici de tous les détours importants. Mais il faudrait déduire 300 stades ou 10 parasanges de plus, si l'on ne distinguait pas, comme nous l'avons fait, l'ancien et le nouveau Thapsac.
A partir du Khabour, Xénophon compte sa marche en Arabie^; non qu'il ait repassé l'Euphrate, car il dit expressément qu'il l'avait toujours à sa droite, mais parce que l'aspect du pays, cette « plaine 'partout unie comme la mer », sans arbres, n'offrant que des plantes aromatiques, et parcourue par des onagres, de8 autruches, des outardes et des chevreuils, lui représentait l'idée qu'il se faisait de l'Arabie ; Strabon, d'ailleurs, dit que les Arabes scénites (Bédouins) parcouraient la partie méridionale de la Mésopotamie *.
Xénophon note d'abord, au-delà du Khabour, cinq marches.
1. Voy. CCS textes traduits par M. Oppert, Expéd. enMésop., I. p. 336 et Annales de philosophie chrétienne, septembre 1862. L L. XVl, chap. I.