Anab.y
^. L. XVI, chap. I.
formant 35 parasanges, après lesquelles les Grecs arrivèrent à une rivière du nom de Masca, large d'un plèthre; ils prirent un repos de trois jours, dans la grande ville de Korsote, qu'ils trouvèrent déserte et que le Masca entourait. Puis ils fournirent, treize étapes dans un pays désert, non-seulement sans arbres, mais sans fourrage, durant un espace de 90 parasanges.
La carte n® 5 de Chesney place en effet l'embouchure d'un affluent de l'Euplirate à 34 ^ 29 ' de latitude, un peu en avant du point où^ pour la seconde fois, l'Euphrate quitte la direction du S.-E^ pour prendre, en serpentant, celle de l'Est. La même carte indique, comme pouvant être la position de Korsote, deux localités voisines : Al-Erzi, avec des ruines, et Jabarivah, village et moulin ; mais, comme Xénophon dit que la ville était sur l'affluent même, nous n'avons ici à nous préoccuper que du dernier. Or, en partant de l'embouchure du Khabour, on portera vingt-trois fois le long du cours de l'Euphrate une ouverture de compas corrcvspondant au parasange avant d'atteindre El-Erzi tout près d'une embouchure de rivière; mais cette ouverture de compas est ici insuffisante pour suivre les zigzags du fleuve, et une différence d'un tiers nous rendra les 35 de Xénophon. La position d'Al-Erzi peut donc être acceptée pour celle de Korsote. Ainsworth * ne tient pas compte de l'affluent noté par Chesney et parait même en avoir oubhé l'existence , car il recourt encore une fois à l'identification de la rivière avec un canal ; mais du moins ici il signale l'existence d'un canal réel, enveloppant, entre l'Euphrate et lui, la position qu'il assigne à Korsote (Irzah ou Werdi) et où quelques ruines se voient encore sur des rochers. Mais que Xénophon, en côtoyant le fleuve, ait pris un canal latéral pour un affluent, c'est ce qui n'est guère admissible ; disons d'ailleurs que les indications de Chesney et d'Ainsworth, pour la position de Korsote, s'éloignent peu l'une de l'autre.
Quant aux 90 parasanges, ou 2,700 stades, comptés à partir de Korsote, suivons encore les détours de la route, parasanges par parasanges, et réduisons d'un tiers le nombre des centaines do stades : Xénophon ayant dû tenir compte des moindres sinuosités, cette réduction n'est pas exagérée, tant elles sont multipliées et
1. N'oublions pas que le stade babylonien de 30 au parasange, dépasse de quelques mètres le stade olympique. Sur la grande carte dont je viens de parler, la même ouverture de compas donne, du Cbabur à El- Erzi, une distance de 30 parasanges environ.