‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 228 sur 321 · Mac-Michaël, ubi supra, p · texte numérisé non relu

Mac-Michaël, ubi supra, p

2. Layard, Nin. and Bab, (1853), p. 60. —Les Grecs avaient craint d'être attaqués durant le passage, mais ils avaient une avance de 8 stades (un peu moins d'un kilomètre) quand l'ennemi le franchit {Anab.^

nu 4).

cation de M. Layard que le gué se trouvait à 5 milles au-dessus de l'embouchure du Ghazir. Il nous est> en conséquence, fecile de nous orienter.

Le Tigre fut atteint dans la soirée ; les Grecs étaient partis de grand matin (xpwkspov àvaaiivTe;), après avoir passé la nuit entre leZab et son affluent ^ ; ils n'eurent d'ailleurs qu'à faire un mouvement pour mettre en fuite les troupes légères des barbares. Il n'y a donc rien d'invraisemblable à penser qu'ils aient fait dans la journée une quarantaine de kilomètres, soit 25 milles, pour aller s'appuyer au fleuve. Ils avaient tout au plus cette distance à franchir pour arriver au Tigre, en partant d'un point situé quelque peu à l'Est du bas Ghazir, tandis que, s'ils avaient franchi le Zab au-dessous de cet affluent, ils auraient dû arriver au fleuve de bonne lieure dans la journée, à moins qu'ils ne l'eussent rejoint par une voie très-oblique, ce qui n'eût pas été prudent, car ils s'exposaient, en ce cas, à être rejoints, tournés et enveloppés dans la plaine par la cavalerie des ennemis. C'est donc une confirmation de l'opinion préférée par Layard pour la situation du gué franchi par les Grecs.

L'auteur anglais * n'hésite point à assimiler à Nimroud et à Kouyoundjik les deux localités indiquées ensuite par Xénophon. Nous arrivons ici sur le terrain le plus riche en monuments et en résultats certains de l'archéologie assyrienne ; c'est à elle de nous renseigner principalement en cet endroit.

Xénophon dit avoir rejoint le Tigre au point où était bâtie une grande ville alors déserte appelée Larissa, et jadis habitée par les Mèdes : il ne faut pas oublier qu'il appelle Médie le pays entre l'Adhem et le Zab^. « Les murs de cette ville, dit-il, ont vingt-cinq pieds d'épaisseur et cent de haut ; l'enceinte un développement de deux parasanges. Elle est bâtie en briques, avec un soubassement de vingt pieds en pierres... Près de Larissa était une pyramide d'un plèthre de côté et de deux plèthres de haut... A six parasanges de là, les Grecs trouvèrent une grande forteresse abandonnée du nom de Mespila, jadis habitée par les Mèdes. Le soubassement des murailles était en pierre coquilière polie ; il avait cinquante pieds d'épaisseur et cinquante de liauteur ; il supportait un mur en briques de cinquante pieds d'épaisseur et de cent pieds de haut. Le développement de l'enceinte était de six parasanges ^ »

1. Anab,, III, 3-4. — 2. Ubi supra, p. 61. 3. Amb., II, 4; III, 5. — 4. Anab,, III, 4.

Le Kaiach assyrien, aujourd'hui Nimroud, dont le monticule fat la résidence d'une partie des monarques assyriens les plus iameux de différentes époques, se trouve à l'Est du Tigre, tout près du fleuve * et à peu près à la même latitude que l'embouchure du Ghazir dans le Zab, un peu plus au Sud cependant. La distance voulue, d'après le récit de Xénophon, concorde assez bien avec celle du point de départ des Grecs jusqu'à Nimroud, tandis qu'elle serait insuffisante pour les ruines de Ninive. Il est vrai, le nom tout pélasgique de Larissa est totalement étranger à l'archéologie ninivite ; mais il est possible que Nimroud ait été colonisé par des Aryas de Médie, après la chute définitive de l'empire assyrien : Ptolémée (vi, 2) cite une ville de Larassa dans ce dernier pays ; on ne peut d'ailleurs songer à Elassar qui était beaucoup plus au Sud et que nous avons identifié à Kaenae : les monuments de Nimroud sont aussi nombreux que magnifiques, et les textes cunéiformes qu'ils renferment sont unanimes à donner à ce lieu le nom de Kalach *. Quanta Selamiyeh, qui en est très-voisin et situé aussi sur le Tigre, il s'en faut de moitié que son enceinte atteigne au pourtour indiqué par VAnOrbase comme étant celui de Larissa. A Nimroud, au contraire, outre qu'on remarque une pyramide à étages de 49 mètres de côté (environ 160 pieds grecs), ayant encore 40 mètres de haut', des pierres de taille sont employées dans sa construction ; l'enceinte de la ville eUe-même, enceinte qui subsiste en entier, est un hexagone irrégulier contenant une surface de 300 hectares ; les côtés Ouest et Sud-Ouest ont quatorze à quinze cents mètres de longueur *. Si les autres avaient à peu près la même étendue, le total irait à neuf kilomètres ; et les chiffres de Xénophon n'en donnent pas plus de onze. Ainsi ce qui manque effectivement aux autres côtés pour atteindre la même longueur est peu considérable ^ ; il peut être suppléé par l'addition du monticule des palais, car il était relié à la ville par des fortifications ^. Mais ce qui n'est pas moins décisif, c'est la distance énoncée ensuite par Xénophon. Un'ydipas un kilomètre à corriger pour identifier

1. Â deux kilomètres, mais M. Oppert {Expéd. en Mésqpot,^ 1, 308) fait observer qu'il touchait autrefois Kalach, et qu'on voit encore son ancien lit.

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