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détours du fleuve, soit 35 en tout, on arrive au lieu où la route actuelle des caravanes, celle qui vient d'Erzeroum par la vallée du Hassan-Kalé, s'éloigne de l'Araxe pour prendre la direction du Nord-Est, c'est-à-dire celle de Kars, où elle conduit : c'est apparemment par là que se dirigea Xénophon. A peu de distance du fleuve, elle franchit la montagne à travers la partie Sud des Soghanly-Dagh *. Or l'écrivain grec nous apprend qu'après avoir quitté le fleuve, il a fait 10 parasanges avant de descendre dans la plaine. C'est à la sortie de ces montagnes que les Dix-Mille trouvèrent et battirent une armée composée de Phasiens, de Chalybes et de Taoques * ; à 30 parasanges plus loin, ils se trouvèrent dans le pays de ces derniers ^. Qu'ils aient pris la route de droite ou celle de gauche, pour tourner ou franchir le Soghanly, ils ont dû efiectivement faire, en pays de montagnes, huit à dix parasanges avant de se trouver dans la partie plate ou relativement basse de la province de Tochtin.
Mais nous sommes encore à près de 1,000 stades des Taoques, qu'il ne faut pas confondre avec les habitants de cette dernière province^ malgré le rapprochement des noms. Ce n'est pas toutefois que celui des Taoques ait disparu en Arménie et que la nomenclature géographique de ce pays ne puisse ici, comme pour le pays du haut Araxe, éclairer l'interprétation du texte grec. Mais il iEaut convenir, avec M. Koch '*, que la géographie moderne a égaré en ce point le voyageur anglais son devancier. Celui-ci, toujours fidèle à son système des marches allongées, qui lui avait Êdt rencontrer l'Araxe par les Grecs beaucoup trop au Nord-Est, au Nord de l'Ararat, dit-il, et par conséquent vers Armavir, identifie maintenant le pays des Taoques avec ce qu'il nomme le Taochir en Géorgie, et place la rencontre de l'armée taoque et phasienne au passage du Kapan-Dagh ^. En tenant compte des sept
1. Une autre route, qui s'éloigne de l'Araxe au moment où il fait une petite courbe vers le Sud, tourne cette chaîne au Sud-Est par le défilé qui la sépare du Karakûsch-Dagh, puis, inclinant au Nord, va rejoindre la première avant son arrivée à Ears. Elle paraît ainsi plus facile, mais moins usitée^ car elle est tracée sur la carte de Kiepert comme simple voie de communication; d'ailleurs, il semble que, pour en atteindre Torigine^ les Grecs auraient dû faire plus de 35 parasanges en suivant les bords du fleuve ; peu importe, du reste, puisque les deux voies conduisent également au revers oriental du Soghanly.