‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 241 sur 321 · Der Zug, etc., p. 10t · texte numérisé non relu

Der Zug, etc., p. 10t

5. Ainsworth, p. 179 et 181. Le Taschir, portion de Somchetbi, se trouve^

cheti, Eroscheti, Tahoskari, etc. » L'auteur pense que ce dernier nom est tiré de celui des Dabi, qui avaient, selon Anunien Marcellin, un établissement près de la mer Noire ; et il considère ce peuple comme identique aux Taoques de Xénophon (la gutturale aspirée pouvant être identifiée à l'aspirée simple). La province montueuse mais fertile de Koukarki borne le DaiTdi à l'Est, et le Gouriel le borne au Nord.

n résulte de ces témoignages que l'ancien Taïkh était bien plus étendu que le canton actuel de ce nom. Comme lui, il était baigné par rOlti, affluent oriental du Djorok ou Tchoruk (l'ancien Âcampsis), mais il s*étendait à l'Est du Jalandjam-Dagh, dans le bassin supérieur du Kour. Les Boqhes de Ptoléraée, qui en occupaient une portion, étaient séparés par la province de Kotarzène des monts Moschiques, formant la limite occidentale de l'Arménie •elle-même ^ De plus, parmi les villes qu'il cite comme appartenant à la région décrite dans le passage transcrit plus haut en note^, Ptolémée nomme Bipolja, Tôy» (ou Ûta), "AÇaxa, noms qui pourraient bien nous conserver, quoique défigurés par une transcription étrangère , ceux des districts de Pertats ou plutôt de Pardizats, de Djagard (Tschugurethi ?) et d'Azort. Ces trois villes sont placées par l'auteur (cf. §. 12) plus au Nord qu'Artaxate, ville située sur l'Araxe moyen, à des difierences d'élévation au pôle qui varient de 35' à 1® 1/2; pour la longitude elles varient du méridien d'Artaxate à 5^ plus à l'Ouest. On sait que les longitudes de Ptolémée sont peu exactes. Mais, si on lit, pour la longitude d'^AÇaTa, oé, $', au lieu de oy, S*, l'ensemble correspondra parfaitement à la détermination du Ta'îkh donnée par M. Saint-Martin. Il y a plus : les noms arméniens que M. Saint-Martin croyait perdus par suite de l'invasion géorgienne ne le sont pas tous. — La carte de Kiepert place le Partizats-p'hor, avec la ville de Bardez, dans le massif de montagnes qui enveloppe le Taïkh moderne du côté de l'Est. Quant aux districts géorgiens que l'orientaliste français dit occuper maintenant une partie de ce territoire, le Schauscheti se trouve à l'Ouest du Jalandjam, prolongation septentrionale de Soghanly et du Kanly ; TEruschethi ou Eroschethi existe vers la longitude d'Akaltziche, au Nord de FArdahan-tchaï, une des rivières qui forment le Kour; le Taoskhari ou Taïkh moderne ^ est à l'Est du Tchoruk moyen :

l. V. Ptol., V, 6, 1 1 ; 13, 8 2, 5. - 2. Ibid,y 13, g 10-11. 3. Kiepert (ubi supra, p. 23) fait observer que les Taoques de Xéno phon sont appelés T<£o; par Diodore.

rexpliqiie pas du tout, le fait d'un détour considérable vers le Nord-Est est un fait ; tâchons de savoir par où il s'est opéré ^

Le nom des Taoques nous laisse dans une assez grande incertitude, précisément à cause de Textension antique de leur territoire ; mais d'autre part cette extension nous permet de choisir^ entre différentes directions, celle qui s'accordera le mieux avec les indications ultérieures : nous ne sommes pas tenus d'arriver dans le Taïkh actuel. Le nom, plus ethnographique que géographique, des Chalybes n'est pas non plus de nature à éclaircir beaucoup la question ; mais Xénophon nous dit que, malgré leur résistance, il a fiait sur leur territoire cinquante parasanges en sept jours. Cela ne prouve pas du tout que leur pays eût cinquante parasanges de largeur ou de longueur ; les Grecs ont pu y faire bien des contremarches, tant pour se procurer des vivres que pour tout autre motif; mais la longueur du chemin parcouru en moyenne dans ces journées d'hiver montre qu'il ne s'agissait point de gravir des sentiers difficiles sur les flancs des montagnes. Ce sont donc encore des pays de plaine que nous devons chercher pour les identifier avec ceux dont il s'agit, ou du moins des pays où il soit facile de marcher dans des vallées. C'est d'ailleurs ce que fait observer Kiepert dans son Appendice au travail de M. Strecker ^. Il cherche le pays des Chalybes dans le bassin de rOlti, dont la partie supérieure se trouve dans le Taïkh, et il croit reconnaître, dans le Tchoruk lui-même, le fleuve Harpasos, large de quatre plèthres, où les Grecs arrivèrent ensuite. Ainsworth, au contraire, a identifié ce fleuve avec l'Arpa-tchaï, auquel la rivière de Kars se réunit pour rejoindre l'Araxe. L'Arpa-tchaï forme en partie la limite entre les Arménies turque et russe.

Ces deux solutions offrent de graves difficultés, quelque spécieuse apparence que chacune puisse offrir. L'identification entre l'Arpa et le Harpasos est séduisante à cause de la ressemblance des noms, et on doit l'examiner, même sans tenir compte de la direction impossible attribuée par l'auteur aux marches qui précédèrent l'arrivée des Grecs sur les bords de cette rivière. D est vrai, Arpa-tchaï est un nom turc qui signifie rivière de

1. Pour toute cette partie de l'itinéraire, il n'y a plus à faire usage d'Ainsworth, qui, égaré complètement par son erreur sur la marche au bord de PAraxe, termine ces longues courses aux lieux où elles ont commencé. (V. p. 181-185.)

par divers détours, pour éviter les escarpements, Achalkhalakhi d'abord, puis Dsalka. Et, si Ton s'arrête un peu avant d'arriver à cette dernière localité, pour ne pas s*engager trop à l'Est, ce que devaient éviter les Grecs ; si l'on passe le Ghtzia et que Ton marche droit au Nord, au point de jonction entre le Thoris- Mta et son prolongement le Didgori, par 4P 46 ' de latitude, on gagnera le Kur, près de Gori, après avoir parcouru, détours compris, les 50 parasanges indiqués par Xénophon.

Ce n'est pas tout. L'Anabase parle ensuite de 20 parasanges parcourus en plaine chez les Sythènes. C'est exactement la longueur de la route conduisant de Gori à travers la plaine que baigne le Kour jusqu'au point où, se dirigeant vers Akhaltziche, elle s'engage dans le défilé où le fleuve est resserré par les montagnes. Les Grecs firent alors une halte de trois jours ; puis arrivèrent, en quatre marches, formant 20 parasanges, à la viUe de Gymnias, où un guide, envoyé parle prince du pays, leur promit de les conduire en vue de la mer^ Ces quatre étapes nous conduiraient à Âkhaltziche même, nom qui ne ressemble point du tout à celui de Gymnias. M. Koch ^ reconnaît qu'il est impossible de déterminer avec certitude l'emplacement de cette ville. Il indique timidement Ardahan sur le Kur, c'est-à-dire sur le principal cours d'eau qui le forme, au Sud de l'Eruschethi, et Ardanutsch sur un affluent oriental du Tchoruck, au Sud du Schauschethi ; mais l'une et l'autre solution nous conduiraient probablement en plein pays des Taoques (v. supra), et nous sommes maintenant chez les Scythènes.

Du reste, sans faire ce grand détour de Grori, on peut plus facilement d' Achalkhalakhi gagner le Kour près d' Akhaltziche, et là aussi on retrouverait cette plaine de 20 parasanges que, selon l'aveu de M. Strecker, on chercherait vainement dans la haute Arménie ; nous sonmies ici en pays géorgien. Il est vrai, les 50 parasanges ne se compteraient plus en entier sur la route tracée, mais les Grecs, ayant eu à combattre les Chalybes, n'ont pas dû la suivre toujours, et cette solution n'a rien qui répugne ; bien au contraire, elle diminue le paradoxe apparent d'un si large détour au N.-E. tout en conservant le point essentiel, l'identification entre le fleuve Harpasos et le Kour. Koch, malgré sa répugnance à conduire les Grecs si loin vers l'Orient, convient que l'identification des Scythènes (les Ta-Skutines de Diodore)

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