‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 3)Chapitre 279 sur 321 · RECHERCHES SUR LA VIE DE PLINE LE JEUNE · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR LA VIE DE PLINE LE JEUNE

§ I. Noms et patrie de Pline le Jeune.

Les noms de Pline, tels qu'ils nous sont connus par quelques inscriptions (voy. app. A.) postérieures à son adoption, sont les suivants : C. Plinius L. f. Ouf. Secundus.

Lui-même nous apprend qu'il avait été adopté par Pline l'Ancien, frère de sa mère, mort à l'âge de 56 ans, le 24 août 79, lors de l'éruption du Vésuve. Dans ses lettres il appelle ordinairement le càèbre naturaliste son oncle (avunculus) ; une fois cependant il ajoute à cette désignation les mots : et idemper adoptionem pater ^

Toute adoption avait pour efifet un changement de nom de la part de l'adopté. Il s'agit de savoir quels étaient les noms de Pline le Jeune avant son adoption, laquelle, nous le montrerons plus loin, avait eu lieu par testament et datait précisément de l'an 79.

La solution de cette question ne nous est pas fournie par les inscriptions auxquelles nous venons de faire allusion. Elles ne nous révèlent que l'ancien gentilicium de Pline, CaedliuSs et le prénom de son père naturel, Lucius ; car son père adoptif portait le prénom de Gaius (C. Plinius Secundus) *.

Nous croyons que ses autres noms nous sont révélés par l'inscription suivante^ : L. Caecilius L. f. CUo IlIIvir afedilicia) p(otestate)y qui testamento suo {sestertium) n{ummum) œxœx (milia) inunicipihus Comensibus legavity ex quorum

2. Ce prénom est attesté par les meilleurs manuscrits de VHisi. nat., par exemple par celui de Saint-Paul et par le Leidensig A ; puis par Tacite, Ann. l, 69 et XV, 53; Hist. III, 28.

3. 6ruter,p. 376,5; Monti, <S(oria di Camo, p. 185, lequel ijoute: • Gilone si credo da taluno (Jovius, Hist. pair, p. 222) il padre o Tavo di Plinio. » Je donne Tincription diaprés la copie que j*ai prise sur roriginal, lequel est conservé dans la maison Giovio. '

reditu quotannis per NeptuncUia oleum in çampo et in thermis et halineis omnibus quaesunt Comi praeberetur, t{estamento) f\ieri) i{ussit) ^ et L. Caecilio L. f. Valenti et P. Caecilio L. f. Secundo et Lutullae Picti f. contubernali. Aetas properavit; faciendum fuit: noli plangere mater. Mater rogat quam pyHmum ducatis se ad vos *.

Selon toute apparence, les deux personnages nommés après Caecilius Cilo sont ses fils. La femme dont il est ensuite question, et qui n'a pas le droit de cité, puisque son père n'est désigné que par un surnom, est sa contubemalis. S'il en est ainsi, rien n'empêche de reconnaître dans Cilo le père naturel de Pline le Jeune et dans le second de ses fils Pline le Jeune luimême. Le style et récriture indiquent bien le premier siècle de notre ère. La provenance de l'inscription (Côme) et les noms {Caecilius L. f. Secundus) s'adaptent aussi parfaitement à Pline. Et même, si, dès avant son adoption, et peut-être précisément en l'honneur de son oncle, il s'appelait Secundus^ on s'explique pourquoi plus tard il n'a pas d'autre cogno^nen que celui de son père adoptif.

On pourrait objecter, il est vrai, que la mère de Pline le Jeune survécut à son mari et même à son frère ^, et que cependant cette inscription ne la nomme pas, mais même mentionne à sa place une contubemalis; mais cela a peu d'importance, car, vu les mœurs de l'époque, on peut admettre sans invraisemblance qu'il y avait eu divorce.

Outre les rapprochements que nous avons déjà signalés, il en est d'autres assez frappants. L'inscription nous dit que Cilo mourut jeune (properavit aetas) y peu de temps après avoir revêtu l'édilité et avant d'avoir rempli les fonctions supérieures de son municipe ; or nous savons d'autre part que le père de Pline mourut avant la majorité de son fils *, c'est-à-dire avant Tan 76. Enfin nous voyons que Cilo fit des legs importants à sa ville natale, et Pline mentionne dans une de ses lettres ^9 outre ses propres libéralités envers la ville de Côme, la libères litas parentum.

On peut donc admettre avec quelque vraisemblance (en pareil

1. Ici il faut suppléer <^l, comme dans beaucoup d'autres cas.

2. Les mots aeUu ... mater sont adressés par les Mânes de Cilo à sa mère (qui n*est pas nommée) ; la suite est la réponse de la môre.

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