Selon Texpression de Pline, ep. VUl
2. Voy. Orelli n. 773 et les observations de Henzen, t. III, p. 75. La lecture est certaine, car Marini a vu lui-raème le marbre dans la maison Vitelleschi.— Z. Dasumius P. f. Stel. Tvllius ru^cujf, questeur sous Ântonin le Pieux (Henzen n. 6051), passe aussi pour le propre fils de P. TuUius Varronis f. Stel. Varro (Henzen, 6497, G62Î; testament de Dasumius 1. 21; Gruter, p. 476, 5), et pour le père de M. Dasumius Stel. TuUhis Varro (Kellermann, Vigil. 259, note). La combinaison est séduisante, mais elle n'est pas tout à l'ait certaine; et, surtout d'après les rapports de temps, il est impossible de taire rapporter à ce Tuscus lui-même la quasi-adoption qui forme le début du testament de Dasumius (Ambrosch, Annali delV Jnst. 1831, p. 392; RudorflT, Zeitschr. plr gesch. Bechtsuiss. XII, p. 316).
3. Dans le droit le plus récent, afin sans doute d'empêcher les curialss d'échapper par l'adoption aux charges municipales, on établit la rè^le que l'adopte continuerait à appartenir à sa commune d'origine el garderait
Il faut donc admettre que le changement dans la position juridique de l'adopté se restreignit au seul cas de Tadoption testamentaire. Les exemples cités plus liaut, dans lesquels l'adopté continuait h se désigner comme fils de son père naturel, se rapportent tous, en effet, à des adoptions testamentaires. C'est indubitable en ce qui concerne Livie et les Domitii, pour ne pas parler d'Auguste lui-même ; et c'est au moins très-probable dans le cas de Pline le Jeune * . Les textes de droit ne s'opposent nullement à ce qu'on admette que l'adoption testamentaire de cette époque ait été un simple changement de nom et n'ait modifié en rien l'état personnel de l'adopté. Ces textes sont même très-favorables à cette hypothèse, car, s'ils ne considèrent plus l'adoption testamentaire comme une véritable adoption (ce qu'elle était sous la république), en revanche ils connaissent très-bien la clause testamentaire imposant à l'héritier la condition de changer de nom pour pouvoir recueillir l'héritage^.
Cela une fois admis, nous pouvons nous rendre un compte exact des modifications successives intervenues dans le domaine des faits et dans celui du droit. D'après le droit ancien l'adoption entre vife et l'adoption par testament étaient identiques quant à leurs conséquences juiidiques, absolument comme la manumission entre vifs et la manumission par testament. Seulement il va de soi que l'adoption par testament ne plaçait pas l'adopté sousls.potestas
ses obligations envers elle, en même temps qu'envers sa nouvelle commune {Cod. X, 39, 7 ; Dig. L, 1, 15, 3; 17, 9); et môme que, lorsqu'il serait émancipé, il perdrait son nouveau domicile, pour ne conserver que celui de sa naissance (Di^. L, 1, 10); on admit donc aussi, comme conséquence, que le rang sénatorial ne se perdait pas par l'adoption {Dig. I, 7, 35. Conf. Savigny, System des Rœm. Rechts, VIII, 47). Mais évidemment cela n'est pas l'ancien droit.
1. On le voit par le fait que Pline le Jeune (p. 31) nomme Pline l'Ancien ordinairement avunculus, et une fois seulement per adoptionem paier; mais cela résulte surtout du fait que son père naturel lui a nommé un tuteur par testament et que ce tuteur a exercé ses fonctions {Ep, II, 1, 8). Il n'y a donc pas eu réellement adoption; et l'arrogation était impossible avant que Pline eut revêtu la toge virile, ce qu'il ne fit que peu de temps avant la mort de son oncle.
2. Gaius, Dig. XXXVI, 1, 63, 10: Si nominis ferendi condicio est... rectequidem facere videtur, .%i eam expleierit (ntiùl enim maie est honesti hominis nomcn adsumere) : sed tamen, si recuset nomen ferre^ remiitenda est ei con^ dicio. — Testament de Dasumius 1. 4 : \si se nom\en vieum kUurum piromiseriti Conf. Suétone, Tib. 6. L'adoption du nom avait môme lieu entre vifs et par conséquent sans qu'il y eût institution d'héritier. {Dig. XXXIX, 5, 19, G).
§ III. Le changeiyie'nt de nom de Pline et le système des
noms y'07nains sous Vempire,
Ainsi que nous l'avons vu, Pline s'appelait avant l'adoption, c'est-à-dire avant 79, P. Caecilius L. f. Ouf. Secundus\ après l'adoption il s'appela C Plinius L, f. Ouf. Caecilius Secundus, Ainsi donc, lors de l'adoption, il abandonna son prénom et plaça son ancien gentilicium parmi ses eognomina. Si connue que soit cette manière de procéder, il n'est pas sans intérêt de l'examiner de près au point de vue de la clironologie et du droit.
Nous avons déjà dit que la conservation de l'ancien prénom et de l'ancien gentilicium, après l'adoption, était contraire à la nature même de cette institution et en général à tout le système de la gens et des noms chez les Romains. On ne pourrait citer aucun cas de ce genre dans d(»s documents officiels remontant à la période républicaine; et pourtant les exemples mentionnés plus haut de Brutus, Metellus, Scipion, Atticus, prouvent amplement que, déjà vers la fin de cette période, les anciens noms éliminés par l'adoption persistaient dans le langage ordinaire.
Veut-on savoir quand cet usage pénétra dans le style officiel ? On peut s'en rapporter sur ce point aux fastes consulaires. Ici, pendant toute la période du règne d'Auguste, on ne rencontre qu'un seul exemple de double gentilicium ^ , c'est celui du consul de l'an 742 u. c. = 12 av. J.-C, P. Sulpicius Quirinius, dont les noms ne peuvent s'expliquer que par l'hypothèse qu'un Quirinius avait été adopté par un Sulpicius *.
1. On aurait tort, probablement, de citer les noms du consul de Tan 744 u. c— 10 av. J.-G., JulitLs Anianitis; ici lulhu est plutôt un prénom {Rœm. Forsch, 1,35), qui avait remplacé le prénom du père de ce consul, quo le Sénat ne lui avait pas reconnu le droit de porter (Dion, LI, 19). S'il était certain que le duovir d'une monnaie espagnole (C. lulhu Antonius) fût identique avec lui (Borgbesi, Œuv, 1, p. 468), il ne nous resterait qu'à admettre une quasi-adoption du fils du triumvir par Auguste, qui aurait eu pour résultat de transformer en cognomen Tancien gentilicium. Mais cette explication reste très -doute use, car, même dans les fastes de Dion, ce consul s'appelle Af./. et son fils L. Antonius. Enfin, dans l'index de Dion, le prénom Gaïus ne manquerait pas si ce Iulius l'avait porté.
2. Il est vrai que les QuiriiUi sont une famille peu nombreuse, et que l'on pourrait voir dans ce nom un agnomen ne provenant pas d'un gentilicium ; mais on n'a aucun exemple de Quirinius comme cognomen, et l'on ne saurait tirer aucune conclusion de noms comme Dionusius et Innocendus, qui n'ont aucune analogie avec Quirinus,
"Nou^ avons d'antres exemples du même fait, dans les noms du beau-père d'Agricola : [T. Do]mitius T. f. Vel, Deciditcs^, ainsi que daus ceux du consul de Tan 36 : Seœ. Papiniiis C. f. Aile-nius, et ce dernier étant probablement de Padoue, où les Allenii étaient une famille ancienne et considérable*, l'origine de ce nom paraît évidente. Dans un autre cas nous pouvons établir qu'une combinaison analogue de noms, adoptée d'abord par un personnage, fiit désapprouvée et dut même disparaître des actes publics; il s'agit du consul de l'an 13 ap. Jésus-Clirist, C, Silius P. f. P. n. A. Caecina Largus, Tels sont les noms qu'il porte dans les fastes d'Antium. Dans la liste consulaire de Dion Cassius et dans les fastes du Capitole il manque seulement le prénom A(ulus)\ mais dans ceux-ci les noms Caecina Largus ont été efiacés plus tard. Partout ailleurs, ce personnage, qui est souvent mentionné, est appelé simplement C. Silius, Ainsi que je l'ai démontré ailleurs^, le martelage des noms Caecina Largus prouve que Silius n'avait pas le droit de les porter, ou qu'il avait perdu ce droit plus tard ; la cause pourrait avoir été une damnatio meynoriae de celui dont il avait reçu ces noms. Mais il est beaucoup plus probable que Silius s'était permis, pour une raison ou pour une autre ^, d'ajouter à ses noms ceux de A. Caecina Largus, et que cette combinaison avait paru inadmissible dans la forme, et avait été annulée; c'est ce qui eut lieu pour Auguste lorsque, après l'adoption, il voulut maintenir l'indication de son père naturel (p. 39). Si une combinaison semblable put être tolérée pour Quirinius on peut l'expliquer soit par l'effet du hasard, soit à cause de l'obscurité de ce nom, tandis qu'il était plus choquant d'entendre employer comme cognomen un gentilicium aussi illustre que celui de Caecina,
Viennent ensuite, dans l'ordre chronologique, les noms des consuls T. Rustius Nwnmius Gallus^, 18 ap. J.-(^.; L. Livius Sulpicius Galba, 33 ap. J.-C. (voy. p. 37, note 3); Sex. PapinitdrS Allenius, 36 ap. J.-C; C Petroniu^ Pon-