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qui lui emprunta son nom, vraisemblablement parce que son érection eut lieu dans le but de transporter à cette nouvelle localité les prérogatives dont jouissait l'ancienne. Un fait nous démontre que Dampierre-le-Château n'a pu être de beaucoup antérieur au xii* siècle, car nous le trouvons qualifié de Novus Dampierre 1 dans une charte de 1204.
Ainsi, on peut admettre que le Vieil-Dampierre jouissait avant Dampierre-le-Château de la pf ééminence féodale dans une partie del'Astenois. Nous devons en conséquence chercher en ce lieu l'emplacement de Stadunum.
H. est très probable que des fouilles intelligentes faites sur ce point aboutiraient à la constatation de quelque établissement de l'époque gallo-romaine, si l'on songe aux trouvailles faites au siècle dernier au Vieux-Dampierre même. La quantité d'armes anciennes mises à découvert par le soc de la charrue et recueillies par Burnet, curé de la paroisse, ont fait émettre à Dom Le Long l'opinion que ce lieu fut le théâtre de quelqu'un des épisodes de la bataille livrée dans les plaines cathalauniques par Aetius et ses alliés contre Attila 8 . Nous ne croyons pas cette opinion soutenable, et ces armes devraient sans doute être plutôt attribuées à l'époque de la destruction de l'établissement antique qui devait s'élever sur ce territoire et dont l'existence paraît démontrée par les découvertes faites il y a trente ans environ auprès de la Neuville-aux-Bois, village fondé au xn e siècle à un kilomètre environ du Vieil-Dampierre.
Là se trouve un champ de sépulture où les fouilles faites pour l'extraction du sable nécessaire à l'établissement d'une voie départementale amenèrent la découverte d'un grand nombre de tombes, dans chacune desquelles un petit vase accompagnait les ossements. Dans plusieurs de ces tombes on a trouvé des agrafes, des fibules, des ornements d'armures en fer damasquiné en argent, des épées romaines et des fers que l'on a supposé être des fers de javeline, et en outre deux petites médailles de bronze, dont une de Trajan et l'autre de Marc-Aurèle. Des tombes, contenant des objets semblables existaient aussi, paraît-il, sur les territoires du Vieil-Dampierre et de Sivry-sur-Ante 3 .
1. Cartulaire de Monthlers-en-Argowiie; Biblioth. Imp., fonds latin, n» 9905, f» 132 r». « ... et viam que a Veteri Dampierre tendit ad Novum Dam- » pierre... »
2. Dom Le Long, Histoire du diocèse de Laon, 1783, in-4», p. 39.
3. Chronique de Champagne, tome IV, p. 46.— M. Hiver, alors procureur
Ces, vestiges dénotent évidemment la présence d'un établissement important qui, ainsi que l'on voit, s'étendait par ses cimetières sur les trois finages de la Neuville-aux-Bois, du Vieil- Dampierre et de Sivry, espace qu'il ne faut pas s'exagérer, car en certains endroits les territoires de la Neuville et de Sivry, entre lesquels se trouve le Vieil-Dampierre, ne sont distants que de 800 et de 900 mètres 1 . Il est donc évident que son centre était à cette dernière localité, car si les découvertes les plus importantes ont été faites à la Neuville-aux-Bois, il faut se rappeler qu'elles ne sont dues qu'au hasard. Du reste, ce village est situé à la limite méridionale des trouvailles et son nom et les documents empêchent de le considérer comme antérieur au xir siècle. Voilà pour l'époque romaine.
Quant aux vestiges de l'époque féodale, leur constatation, au point de vue de l'identification du Vieil-Dampierre et de Stadunum, est moins importante; mais comme le Vieil-Dampierre ne paraît pas avoir été remplacé par Dampierre-le-Château antérieurement au xu° siècle, il n'est pas hors de propos de faire remarquer que deux mottes féodales, au moins, se trouvent en ce lieu 2 . Nous avons trouvé l'indication d'une de ces mottes dans un aveu du 15 mai 1733, rendu par Emilie de Cherisey de Boncourt, veuve de messire Robert-Jean de Chamissot, chevalier, seigneur de Boncourt, Ante, Andevanne et le Vieil-Dampierre, pour une partie de la terre et seigneurie du Vieil- Dampierre : « Il appartient à ladite dame seule à l'exclusion des « autres coseigneurs, une maison dite la Motte, où il y avoit autres « fois un château qui est dèmoly. Il ne reste de ce château que « les basses-cours, écuries, granges, galleries, chambres, gre- « niers et autres logemens propres pour un fermier ; de laquelle « maison dépend une pièce de terre en élévation ditte la petite « butte de la Motte 3 , dont tous les arbres et buissons qui sont « dessus et autour, comme les arbres et buissons qui sont autour
du roi à Sainte-Menehould, a recueilli la plupart de ces débris, entre autres quatre épées, dont la longueur varie de 34 à 50 centimètres non compris la soie.