‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 4)Chapitre 10 sur 38 · Ibid., p. 531 ; voir le commentaire, page · texte numérisé non relu

Ibid., p. 531 ; voir le commentaire, page

3. Nous avons cité plus haut, page 7, note 1, un passage d'Aubry de Trois-Fontaines qui dénote la possession de Sainte-Menehould par le comte de Réthel. — Vers 1172, nous lisons dans le Livre des vassaux du comté de Champagne et de Brie, l'article suivant (n« 1510): a Li cuens de » Retel. dou fié de Sainte-Menehout ».

4. D'Arbois de Jubain ville, Catalogue des actes des comtes de Champagne, n* 519. — L'original existe au Trésor des chartes, J 193, n* 2. — Aubry de Trois-Fontaines fait allusion à cet échange sous l'année 1204.

5. Livre des vassaux du comté de Champagne et de Brie, ch. XIV.

6. On prononçait sans doute Atenois, car des aveux du xv« et du xvi« s. nous fournissent la forme en-AUenois pour ce surnom.

prendre un qui rappelait son rang à l'époque féodale (Dampierrele-Châteaui , appartenait au xn* siècle à de puissants seigneurs, qui en avaient pris le nom. Ceux-ci, bien que qualifiés ordinairement de seigneurs (domini), n'en prenaient pas moins le titre de comtes, et quand ils se qualifiaient simplement seigneurs, ils attribuaient ce titre à leurs ancêtres 1 . Nous avons rencontré dans un cartulaire de l'abbaye de Monthiers-en-Argonne, écrit au xn 6 siècle, des chartes où le possesseur de Dampierre est intitulé dorninus, tandis que dans la rubrique le scribe le qualifie de comte*. Enfin nous n'avons pas remarqué de chartes postérieures au xii° siècle (c'est-à-dire à l'abolition complète, dans les actes ecclésiastiques, de l'expression de comitatus Stadunensis), où le seigneur de Dampierre soit qualifié de comte. Déplus, une charte de 1218 relate un différend entre Renard de Dampierre et Raoul, qualifié tfarchidiaconus ejusdem

t. Une charte de Guy, évèque de Châlons (1164-1190), confirme une donation faite par • Raynardus cornes de Damperre » a l'abbaye de Monthiers-en-Argonne (Carlul. de Monfhiers-en-Argonne écrit au xn« s., Bibl. Imp. fonds latin, n» 10916, ch. n* 10 ) — Une charte du même prélat constate que « Raynardus dorninus de Oamperr fllius Henrici > a concédé en aumône perpétuelle à l'abbaye de Monthiers « quicquid predecessores ■ ejus Frcdericus cornes et flenricus fllius ejus predicte Monasteriensi » ecclesie donaverant. • Bien que Renard soit qualifié de seigneur, la rubrique (datant du xtr* siècle) porte Raynardi comitis, et dans les témoins de cette donation nous trouvons trois de ses familiers ainsi désignés : • Nicbolaus capellanus comitis, Guntiers clericus comitis. Literit cam- » bellanus comitis » {Ibid., charte n e 13). Dans une troisième charte de Guy on retrouve encore • Renardus cornes de Dampierre » (Ibid. n* 49). Renard H, fils de celui qui figure dans les documents que nous venons d'énoncer, prend la qualification de cornes Domus Pétri dans une charte de 1190, en faveur des Templiers de la Neuville (Ed. de Barthélémy, Diocèse ancien de Châlons-sur- Marne, t. 1, 407). Il se nomme de même Renardus de Dampna Petra cornes dans une charte de la même époque {Ibid., I, 409). Enfin Aubry de Trois-Fontaines, qui écrivait vers 1243, lui donne aussi le titre de comte : « Mortuus est in Campania circa Pente- » costem Theobaldus cornes, anno aetatis su;e vigesimo quinto cruce » signatus, qui comitem Raynaldutn de Dampetra misit pro se in partes » transmarinas cum sufficientibus oxpensis » (ad anno 1201).

2. Nous avons cité dans la note précédente une charte de Guy, évèque de Châlons, où Renard est qualifié de seigneur et la rubrique porte Raynardi comitis. Une charte contemporaine émanant de Henri le Libéral, comte de Champagne, et reproduisant les mêmes faits, a pour rubrique Raynardi comitis et domini Johannis de Possessa (Cart. de Monthiers-en-Argonnc, fonds latin, 10946, charte 27). Une autre charte de l'évêque Guy constatant une donation de dorninus Raynardus de Dampierre est intitulée Sigillum de comité Raynardo (Ibid., charte 47).

loci 1 ; or, cet idem locus ne pouvant être que Dampierre, ceci nous conduit à admettre cette conclusion. Le seigneur qui dans l'Astenois portait au xii° siècle le titre de comte à l'exclusion de tous les autres possesseurs de fiefs devait être le descendant ou l'héritier des comtes de l'Astenois, dont le domaine se sera trouvé réduit à la châtellenie de Dampierre. C'est du moins ce que nous proposons sous toutes réserves, et alors, ne serait-il pas permis de voir, dans la*capitale de ces comtes du xn° siècle, celle du comté d' Astenois que nous ne pouvons placer à Sainte- Menehould?

Mais le nom de Dampierre, par sa forme relativement moderne, semble contraire à notre supposition. Or, ce mot dénote d'ordinaire une localité dont l'église est consacrée à saint Pierre (Domnus Petrus), et cependant ce n'est point à ce saint que l'église de notre Dampierre est dédiée ; elle est placée sous l'invocation de saint Maurice 2 . On doit donc se demander comment ce village a reçu un nom qui ne correspond pas au patron de sa paroisse. Voici ce qu'on peut imaginer. A l'est de Dampierre, à une distance de 7 kilomètres, se trouve un village nommé Vieil- Dampierre et désigné déjà sous le nom de Vêtus Damperre dès le milieu du xn° siècle, il dépendait du comté de Dampierre, et le nom qu'il portait {Domnus Petiots) est pleinement justifié par le vocable de son église 3 . Sans doute que ce nom tiré du patron en avait remplacé un plus ancien, car l'origine de cette localité paraît remonter fort haut. L'épithète 'qu'elle reçoit depuis plus de sept siècles s'explique par la fondation d'un castrum voisin

1. Voici le début de cette charte: «Magister (le nom a été omis) canonial eus et offîcialis Catbalaunensis et Ludovicus presbiter de Dampetra, d omnibus présentes litteras inspecturis, in domino salutem. Noverint » universitas vestra quod cum controversia verteretur auctorilate apost tolica inter dominum Renardum de Dampetra ex una parte et Radulfum » archidiaconum ejusdem loci ex altéra super decimis novalium quas tenebat ■ dictus Rcnardus de Dampetra in archidiaconatu dicti arenidiaconi...» (Cari, de Monthiers-en-Argonne, n" 10946, f* 39 r). Une charte de janviçr 1222 relative au même fait, qualifie •Radulphus, archidiaconus Cathalaunensis (f* 39 r° du môme cartulaire), ce qui ne désigne ici qu'un des archidiacres de l'église de Châlons.

2. Ed. de Barthélémy, Diocèse ancien de Châlons-sur-Marne, t. II, p. 186. — Ad. Guérard, Statistique historique du dép. de la Marne, p. 498.

3. Ed. de Barthélémy, Diocèse ancien de Ckdlons-sur-Marne, tome II, p. 205. A. Guérard, Statistique historique du dép. de la Marne, p. 502. L'église est placée sous l'invocation de Saint-Pierre et de Saint-Paul; mais la réunion de ces deux saints provient de ce qu'on les fête le même jour.

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