‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 4)Chapitre 13 sur 38 · LE BOULONNAIS ET LE TERNOIS · texte numérisé non relu

LE BOULONNAIS ET LE TERNOIS

(Pagus Bononensis et Pagus Taruanensis).

La Notice des provinces et cités de la Gaule, dont un critique moderne place la rédaction primitive entre les années 386 et 450 de notre ère 1 , comprend douze cités dans la deuxième Belgique, qui avait Reims pour métropole; ce sont les cités de Reims, de Soissons, de Chàlons, de Vermand (ou de Saint- Quentin), d'Arras, de Cambray, de Tournay, de Senlis, de Beauvais, d'Amiens, des Morini (ou de Thérouenne), et de Boulogne.

Les plus méridionales de ces cités (Amiens, Beauvais, Senlis, Soissons, Reims et Chàlons) formaient alors chacune un évêché, grâce à ce que l'Eglise avait adopté les divisions civiles existantes. Vers la fin du v e siècle (497), sans doute par suite des progrès du christianisme, saint Remy, évêque de Reims, se vit amené à détacher, de l'immense cité dont il était le prélat, la portion occidentale pour en former le diocèse de Laon 8 . Mais le christianisme ne florissait pas également dans les cités du nordouest, car, dès les premières années de la deuxième moitié du vi°

1 . Brambach, Notilia provinrtarum et dvitatum Galliae, p. 29.

2. Flodoard, Historia Remensis ecclesiae, lib. I.cap. 11 : « Rex igitur Fran- » corumque potentes plurimas beato Remigio possessiones per divcrsas

» contulere provincias, Non modicam necnon earumquc partem

» rerum ecclesiae sanctae Mariae Lauduni clavati, Hemensis parochiae castri,

» ubi nutritus fuerat, tradidit; ibique Cenebaudum orduiavit episcopum,

v comitatusque Lauduncnsis eidem Castro subjecit paroebiam.

siècle, six de ces cités ne formaient plus que trois diocèses. Les invasions des Barbares semblent avoir arrêté dans ces contrées la marche progressive de la foi chrétienne. La réunion des deux cités de Cambray et d'Arras sous l'autorité d'un même prélat remonte environ à l'an 500, époque à laquelle saint Waast (Vedastus) fut envoyé par saint Remy pour évangéliser ces contrées 1 . En 532, saint Médard, évêque des Veromanduiou deNoyon, ayant été élu évêque de Tournay, réunit ainsi les deux sièges épiscopaux de Noyon et de Tournay, qui restèrent liés pendant plus de six siècles, malgré les réclamations constantes du clergé de la cité annexée. La réunion de ces deux évêchès est un fait d'autant plus curieux, que leurs territoires n'étaient point limitrophes et se trouvaient au contraire séparés par ceux d'Arras et de Cambray, qui occupent entre eux un espace de plus de huit lieues 2 . Enfin Boulogne, qui formait dans l'origine un évêché distinct, — c'était du moins l'opinion d'Hincmar qui écrivait au ix e siècle 3 , — était, dès le milieu du vu 0 siècle, réuni à l'éveché de Thérouenne, dont le prélat Orner (Audomarus) est qualifié, par deux écrivains contemporains, d' « évêque de Boulogne et de la ville de Thérouenne » 4 .

Page 1