Ibid., t. IX, col
3. Cet évôoue de Reims, si soucieux de tout ce qui touchait aux traditions de l'Eglise, mentionne les douze cités qui avaient autrefois (anttquis temporilnu) composé la métropole de Reims; leur ordre est exactement le même que dans la Notice des provinces. La liste donnée dans ce dernier document y est seulement augmentée de la mention de Laon dont l'évôcbé fut érigé par saint Remy et qui figure au reste dans quelques manuscrits de la Notice (Hincmari opéra, édit. Sirmond, t. II, p. 731). Dans une lettre adressée & son neveu et suffragant, Uincmar de Laon, qui cherchait à se soustraire à son autorité métropolitaine, il rappelle que le diocèse de Laon, qui avait ce neveu pour évêque, était de création plus moderne que trois autres ève'chis, Arras, Noyon et Boulogne, qui, pourtant avaient été réunis à d'autres sièges : « Atrebaiis, » Viromandis et Bononia, ex cujus territorio es nativus, antiquiorcs sedes, » cum episcopis propriis, in Remorum provinciaextiterunt» quam castrum > MontisLauduniintersedescomputaretur, in quo esordinatus episcopus. » Sed a longo tempore, ccrtis cventuum ac nccessitatum accidentibus, • sicut de pluribus civitatibus in quibusdam provinciis legimus, aliis « subjectae civitatibus, suum privilogium perdiderunt * (Hincmari opéra, t. II, p. 391). — La mention de l'évéchô de Noyon (Viromandis) au lieu de celui de Tournay, semble démontrer qu'à l'époque d'Hincmar, cette dernière ville était regardée comme le véritable siège épiscopal des deux cités réunies.
4. Jonas, dans sa vie de saint Eustace, abbè de Luxeuil, le nomme
Les réclamations du clergé d'Arras contre la réunion de cette cité au diocèse de Cambray portèrent leurs fruits à la fin du xii* siècle. Les dissensions survenues en 1092 entre les clergés des deux cités pour l'élection du successeur de Gérard II, évêque de Cambray, furent l'occasion du rétablissement de l'évêché d'Arras par le pape Urbain II 1 . Le même pontife se montra également favorable aux prétentions de Tournay; toutefois et malgré les bonnes dispositions de ses successeurs, le rétablissement de ce siège épiscopal n'eut lieu qu'en 1 146 2 . Boulogne fut moins heureux : son clergé, se fondant sur l'exemple de ces séparations, crut pouvoir s'opposer, en 1159, à ce que Milon II, qui venait d'être élu évêque par le chapitre de Thèrouenne, fut sacré par le métropolitain, sous un autre titre que celui d 'évêque de cette cité 3 , et cette réclamation fut portée devantle pape Alexandre III ; mais par une bulle de la même année, celui-ci rejeta les prétentions du clergé de Boulogne à former un évêché particulier 4 .
Boulogne devint, il est vrai, chef-lieu de diocèse en 1567; mais ce fut à la suite de la ruine de Thèrouenne, détruite de fond en comble par Charles-Quint en 1553. L'ancien diocèse, formé jadis par la réunion des deux cités, fut alors divisé en trois évêchés, dont les sièges furent fixés à Boulogne, à Ypres et à SainWDmer; mais quoi qu'on dise, le territoire assigné à celui de Boulogne ne peut représenter que très-imparfaitement celui de la cité gallo-romaine, par cette raison que l'emplacement même de Thèrouenne, sa rivale longtemps préférée, y fut compris.
Cette étude ayant pour but de rechercher quelles furent les limites de la cité de Boulogne, il nous semble parfaitement inutile d'insister sur les preuves de l'existence d'un évêché particulier dans cette ville antérieurement à l'èpiscopat de Saint-Omer. Au reste , ce travail a été fait de nos jours par M. l'abbé Haigneré.
Audomarus [episcopus] Boloniae et Tervaneruis opidi (Dom Bouquet, t. III, p. 500). Dans la vie de saint Aile, abbé de Rebais, il est dit : Bononiae et Tervaneruis oppidi pastor (Acta Sanciorum Martu, t. III, p. 78).
1. Gallia Chrisiiana, t. III, col. 24 et 320. — Ibidem, t. III, col. 21 1-212.
2. Aux yeux du clergé boulonnais, la qualification d'episcopus Mortnensis que prenait l'évèque de Thèrouenne, était sans doute un titre qui ne pouvait convenir qu'à un évêque des deux sièges. En effet, antérieument à la Notice des provinces, Boulogne (Gessoriacum) était un port des Morins (Pline, lib. IV, cap. 17).