‹ Études sur les pagi de la Gaule (volume 4)Chapitre 15 sur 38 · Bulle du pape Pie V, dans Miraeus, t. II, p · texte numérisé non relu

Bulle du pape Pie V, dans Miraeus, t. II, p

L'attribution de la qualification de cité au territoire de Boulogne n'est pas seulement prouvée par la Notice des provinces; on a des monnaies mérovingiennes portant la légende Bononia civi 1 , ce qui semble indiquer qu'à l'époque à laquelle ces monnaies ont été frappées Boulogne n'était pas encore soumis à Thérouenne 2 .

Quelle est la marche à suivre pour retrouver la hmite commune des cités de Boulogne et de Thérouenne? Dans un grand nombre de diocèses les divisions de l'ancienne Gaule ayant laissé leurs traces dans la répartition en archidiaconés, on serait tenté de croire que le territoire de Boulogne était représenté par un des archidiaconés de l'église de Thérouenne, et que cet archidiaconé en avait pris son nom. On se tromperait : le vaste diocèse de Thérouenne n'était divisé qu'en deux archidiaconés : Yarchidiaconatus Morinensis, autrement dit d'Artois ou de France, et l'archidiaconé de Flandre 3 ; et le premier comprenait les chefs-lieux des deux cités, c'est-à-dire Boulogne et Thérouenne. Il faut donc chercher un autre moyen de distinguer la cité de Boulogne.

Ces raisons nous ont amené à faire une étude sur lespagi dont se composait le diocèse de Thérouenne sous les deux dynasties des rois Francs. Ainsi seulement, malgré le peu de ressources que nous offrent les documents malheureusement trop rares de cette époque, nous pouvons espérer d'obtenir quelques résultats. Le territoire de l'évêché de Thérouenne n'était alors divisé qu'en trois pagi : le pagus Bononensis, le pagus Taruanensis et le pagus Mempiscus. Ce dernier, qui comprenait la partie orientale du diocèse dont nous nous occupons, s'étendait également sur le diocèse de Tournay; son étude exi-

1. Anatole de Barthélémy, Liste des noms de lieux inscrits sur les monnaies mérovingiennes, n° 128.

2. Cette conclusion est peut-être hasardée; car Folquin, qui rédigeait son cartulaire de saint Bertin vers l'an 961, mentionne aussi la ctvitas Bononiensis en rapportant des événements contemporains (Cartulaire de l'abbaye de Saint-Bertin, éd. Guérard, p. 140). Pourtant, si l'on s'en rapporte à l'auteur de la vie de saint Bertou qui écrivait vers 1073, Boulogne aurait encore été le siège d'un èvêché sous le roi Chartes le Simple et le comte Erkengcr, c'est-à-dire au commencement du x* siècle. Voici ses paroles : « Erat quippe Bononia sui juris, munita « tune temporis civitas, mari Morinorum propinqua, mercibusque a màrinis praecipua.scde insuper episcopaliet benedictioncconsccrata. • (Acta Sanctorum Februarii. t I, p. 682).

3. Jules Desnoyers, Topographie ecclésiastique de la France, 584-587.

gérait un long travail, et comme il n'est pas indispensable pour atteindre le but que nous nous proposons, nous le réservons pour plus tard, en nous bornant à étudier ici les deux pagi qui, par leurs noms, rappellent les deux cités. Nous commencerons par le pagus Bononensis.

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