PREMIÈRE PARTIE
L'ASTENOIS
Pagus Stadunensis.
La mention vague du nom d'un pagus ne suffit pas généralement pour en fixer d'une manière certaine la position. Il faut que l'on puisse en outre produire des chartes mentionnant les noms de quelques unes des localités qui en dépendaient. Aussi, les érudits qui, au xvn e et au xvni* siècles, ont discuté la situation du pagus Stadinisus ou Stadunensis, mentionné dans le capitulaire de Servais 1 et dans Flodoard *, ont-ils proposé chacun une assimilation différente; les passages où ce pagus est cité et dont ils avaient connaissance, indiquant seulement qu'on le comprenait le plus souvent dans le même missaticum que les pagi dépendant des cités de Reims et de Châlons. C'est là sans doute un indice d'une grande valeur, parce qu'il limite la région dans laquelle l'emplacement de ce pagus peut être cherché. On crut d'abord qu'il importait de déterminer la position d'une ville ou d'un bourg du nom de Stadinum ou Stadiinum dont, selon toute vraisemblance, le pagus Stadwwnsis aurait tiré son nom; mais, loin d'éclairer la question, ces recherches n'amenèrent que des querelles interminables.
La première opinion qui, à notre connaissance, ait été proposée sur ce pagus, est celle que donna Du Cange en 1657, dans une note de son édition de Villehardouin, parlant d'un certain croisé champenois, Renard de Dampierre, que nomme ce chroniqueur. Du Cange observe que la seigneurie dont Renard avait pris le nom (aujourd'hui Dampierre-le-Château, dép. de la Marne, arr. de Sainte-Menehould, canton de Dommartin-sur-Yèvre) se
1. Dom Bouquet, Recueil des historiens de Fronce, tom. VII, p. 616.